dimanche, 22 novembre 2009

Facebook au coeur d'une bataille pour des allocations maladie

Une Québécoise en congé maladie pour dépression affirme que son assurance lui a suspendu ses droits, arguant que des photos d'elle sur Facebook la montraient heureuse.

Les inspecteurs des assurances ont un nouveau terrain d'enquête. Au Québec, une jeune femme de 29 ans en congé maladie de longue durée pour profonde dépression affirme que son assurance lui a supprimé ses allocations après avoir consulté plusieurs de ses photos mises en ligne sur Facebook. Nathalie Blanchard, qui avait dû quitter il y a un an et demi son emploi chez IBM, y apparaissait sur une plage ensoleillée, assistant à un spectacle de Chippendales ou fêtant son anniversaire. «On m'a dit que je suis en mesure de travailler, à cause de Facebook», a-t-elle déclaré sur le site de la télévision publique CBC.

Nathalie Blanchard précise qu'elle avait tenue son assurance informée de ce voyage, recommandé par son médecin, et se dit choquée de ces pratiques. «A ce moment-là, j'étais heureuse, mais avant ou après, le problème était le même», a-t-elle confié. Dans un communiqué adressé à la chaîne CBC, la compagnie d'assurance Manulife a reconnu qu'elle pouvait tenir compte des éléments mis en ligne sur Facebook pour s'informer sur ses clients. Mais qu'elle «ne prenait pas la décision de refuser ou d'interrompre le versement d'allocation en se fondant uniquement sur les informations publiées» sur de tels sites.

 

Profil verrouillé

 

Pour tirer l'affaire au clair et obtenir une restitution des allocations, l'avocat de la jeune femme a demandé un nouvel examen médical de la jeune femme. Plusieurs milliers de dollars sont en jeu, indique le site la CBC. Une question reste toutefois sans réponse. Nathalie Blanchard se demande ainsi comment les photos de ses vacances ou de son anniversaire sont parvenues jusqu'à son assureur, alors que son profil sur Facebook est selon elle verrouillé et que seules les personnes de son choix peuvent dès lors voir ses messages. Le Figaro

350 000 dollars por un gant de Jackson

Un gant de cuir beige orné de strass, porté par Michael Jackson en 1983 lorsqu'il réalisa pour la première fois son célèbre pas de danse du "Moonwalk", a été adjugé 350.000 dollars (235.000 euros), hier à New York, lors d'une vente aux enchères frénétique d'objets de la défunte pop star.

Parmi les 350 lots du catalogue de cette vente d'objets ayant appartenus à des vedettes, samedi au "Hard Rock Café" de Times Square, les 70 provenant du "roi de la pop", décédé en juin dernier d'une surdose de médicaments à l'âge de 50 ans, se sont adjugés jusqu'à dix fois leur prix estimé. Les acheteurs enchérissaient par téléphone ou internet depuis l'Australie, Dubaï, la France, Hong Kong et le Japon.

Mis à prix 10.000 dollars ce gant de golf pour main gauche "made in Korea" et acheté 30 dollars par Michael Jackson, est de suite monté à 120.000 puis à 220.000 pour atteindre 350.000 dollars (420.000 dollars avec la commission, sans compter les taxes).

Le chanteur l'avait utilisé pour sa première démonstration du "Moonwalk", sa célèbre chorégraphie exécutée à reculons, en interprétant la chanson "Billie Jean". "Personne ne l'avait vu exécuter ce pas, il l'avait imaginé deux jours plus tôt dans sa cuisine", a indiqué Darren Julien, le commissaire-priseur de la vente.

1.600 dollars pour une photo

Un blouson noir avec de multiples fermetures Eclair et boucles signé dans le dos, qu'il portait pour son "Bad World Tour" en 1987-1989, a été vendu 225.000 dollarset un simple (chapeau) feutre a atteint 22.000 dollars. Parmi les objets hétéroclites vendus figuraient également une paire de chaussettes ornées de strass, des portraits de Charlie Chaplin exécutés par Jackson à l'âge de 9 ans, une Mercedes de 1985, des lettres manuscrites et une taie d'oreiller dédicacée provenant d'un hôtel où Michael Jackson avait séjourné à Disneyland-Paris.

Tous ces objets ont été vendus trois à dix fois leur prix estimé y compris une simple photo avec un autographe adjugée 1.600 dollars alors qu'elle était estimée entre 200 et 400 dollars. Les recettes de cette vente consacrée aux "icônes de la musique" seront reversées en partie à MusiCares, une association d'aide aux musiciens en difficulté. Le Figaro

Camus au Panthéon: ses enfants réticents

Catherine Camus ne sait pas si elle s'opposera au transfert de la dépouille de son père au Panthéon, souhaité par Nicolas Sarkozy. Selon lemonde.fr, Jean Camus craindrait lui une «récupération» politique.

Nicolas Sarkozy avait expliqué jeudi avoir besoin de l'accord de la famille d'Albert Camus pour transférer les cendres de l'écrivain au Panthéon. La chose n'est pas encore acquise semble-t-il. La fille d'Albert Camus, interrogé sur le sujet samedi, a ainsi déclaré ne pas savoir si elle s'opposera au transfert de la dépouille son père au Panthéon.

«La question n'est pas simple», a-t-elle expliqué sur France Inter. Reconnaissant que l'auteur de «L'Etranger» n'aimait pas les honneurs, elle a dans le même temps observé qu'il pourrait s'agir d'un «beau symbole» dans la mesure où l'écrivain avait «essayé de parler pour tous ceux qui n'avaient pas la parole». «C'est une question qui me dépasse, je me sens très petite. J'admire ceux qui ont une idée très arrêtée, moi j'ai que des doutes», «je suis vraiment dépassée par ça», a confié Catherine Camus, qui gère l'héritage de son père. «Je pense à tous ceux qui sont de la même origine que mon père, c'est-à-dire très pauvre, et à ma grand-mère qui était femme de ménage et peut-être que c'est aussi un hommage qui lui est rendu à elle, et que de ce point de vue là, c'est peut-être aussi un symbole pour tous ceux pour qui la vie est très dure», a-t-elle dit.

Quant à savoir si son père aurait aimé cette idée-là, Catherine Camus a observé qu'«il était claustrophobe». «Il n'aimait pas» les grands honneurs, «c'est vrai, c'est pour ça que la question n'est pas simple», a-t-elle dit.

 

«Un contresens»

 

Interrogée sur des accusations de récupération visant le président de la République, Catherine Camus a précisé qu'elle ne «se situe pas sur un plan politique». «De toute façon, moi, je ne me souviens pas qui a fait rentrer Zola, Malraux, je ne pense pas que le problème se situe là mais si certains le pensent, ils ont peut-être raison, j'en sais rien».

Selon le monde.fr, qui cite samedi l'entourage du fils d'Albert Camus, Jean Camus, frère jumeau de Catherine, ce dernier estimerait pour sa part qu'un transfert de son père au Panthéon serait «un contresens» et s'opposerait à une telle décision. Il craindrait, écrit le journal sur son site Internet, une «récupération» de son père par le chef de l'Etat. «Pour le convaincre d'accepter la 'panthéonisation' de son père», Catherine Pégard, conseillère de Nicolas Sarkozy, aurait rencontré Jean Camus le 12 novembre puis vendredi 20 novembre à Paris. Elle aurait transmis une invitation du président de la République. Toujours selon Le Monde, l'accord de Catherine Camus pour une panthéonisation ne poserait pas de problème. À la question de savoir si le seul Jean Camus peut s'y opposer, Catherine Camus dit ne pas savoir.

Nicolas Sarkozy a estimé jeudi que «ce serait un symbole extraordinaire» de faire entrer Albert Camus, auteur entre autres de «La Peste», des «Justes» ou de «L'homme révolté», au Panthéon, un demi-siècle après la mort accidentelle du prix Nobel de littérature, le 4 janvier 1960. Le Figaro

Emploi de sans-papier: Darcos menace les entreprises

Les préfets pourront décréter la «fermeture administrative» des entreprises ayant recours au travail illégal.

Les préfets seront bientôt dotés d'un nouveau pouvoir. Le ministre du Travail souhaite qu'ils puissent dorénavant prononcer la «fermeture administrative» des entreprises employant des travailleurs sans papiers. «Les employeurs d'étrangers en situation irrégulière seront dans le collimateur des inspecteurs du travail» et «nous allons renforcer les contrôles et recourir à des sanctions qui touchent au porte-monnaie et à l'image de l'entreprise afin d'avoir un effet dissuasif», annonce Xavier Darcos dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France ce dimanche.

Le ministre affirme qu'il va fixer jeudi prochain «des objectifs précis de progression, notamment en matière de contrôles». L'Etat y trouve là un intérêt financier. D'après Xavier Darcos, le coût du travail illégal «est estimé à 4 % du PIB, soit 60 milliards d'euros, l'équivalent du budget de l'Education nationale». L'an dernier, ses services ont effectué 28.000 contrôles. «Sur les 9.000 procès-verbaux dressés, 12,9% concernent l'emploi d'étrangers sans titre de travail». Si l'on effectue une règle de trois, cela donne 1.161 PV dressés l'année dernière pour l'emploi de sans-papiers.

Le «nouveau plan d'action» pour 2010 et 2011 ciblera les entreprises dont «l'activité est construite autour du travail illégal ou de l'emploi de travailleurs étrangers sans titre de travail», a dit le ministre, sans plus de précision. Xavier Darcos promet aussi de sévir contre les entreprises passant des contrats avec des sous-traitants ayant eux-mêmes recours au travail illégal. «Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010 prévoit une extension de la suppression des exonérations de charges sociales aux donneurs d'ordre complices de sous-traitants qui n'ont pas déclaré leur activité ou qui ont eu recours à du travail dissimulé», a-t-il rappelé.

Concernant les salariés, «en cas de perte de leur emploi du fait de son caractère irrégulier, les indemnités dues seront néanmoins versées», a ajouté le ministre. Depuis le 12 octobre, plus de 5.000 travailleurs sans-papiers à travers toute la France et principalement en région parisienne se sont mis en grève pour réclamer la régularisation de leur situation, selon la CGT. Les organisations syndicales engagées dans ce mouvement doivent rencontrer Xavier Darcos le 26 novembre. Le Figaro

La mémoire refoulée de la Roumanie

Par Arielle Thedrel - Envoyée spéciale à Bucarest
Les locaux du Conseil national pourles études des archives de la Securitateà Bucarest recèlent une vingtainede kilomètres de dossiers de l'ancienne police politique.
Les locaux du Conseil national pourles études des archives de la Securitate à Bucarest recèlent une vingtainede kilomètres de dossiers de l'ancienne police politique. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

Il y a vingt ans, les époux Ceausescu étaient fusillés au terme d'une parodie de procès qui reste le péché originel d'une Roumanie postcommuniste avare de souvenirs.

Même s'il ne l'avoue pas, Dan Voinea sait qu'il est devenu, le 25 décembre 1989, une marionnette de l'histoire. Il avait alors 39 ans. Il était juge d'instruction. Ce jour-là, le général Stanculescu, ministre de la Défense du Front du salut national, l'instance politique qui venait de se substituer au Parti communiste roumain, lui avait téléphoné pour lui demander de monter précipitamment un dossier contre Nicolae et Elena Ceausescu, détenus dans une caserne de la ville de Tirgoviste. Faute de temps, les charges étaient succinctes. Le procès s'était ouvert en catimini. Il y avait dans la salle deux avocats de la défense requis d'office, deux juges, un greffier, «deux représentants du peuple» et un militaire qui filmait la scène. «Moi, raconte Dan Voinea, je m'attendais à un vrai procès, mais des gens haut placés exigeaient la tête des Ceausescu. Personne ne m'avait dit qu'ils seraient aussitôt fusillés.»

Le procès dura une heure. «Il s'est achevé à 15 heures, précise Dan Voinea. J'avais requis la peine de mort. Les Ceausescu ont refusé de faire appel. On les a conduits dans la cour de la caserne. Trois soldats attendaient. Ils ont immédiatement exécuté la sentence.»

L'ancien procureur militaire confie que «sur le moment», il s'est senti «soulagé». Mais aujourd'hui il est «mécontent» parce que la mort expiatoire des Ceausescu, des tyrans qu'il haïssait, «n'a servi à rien». La nomenklatura «a confisqué la révolution». Sous des habits neufs, les anciens communistes détiennent toujours le pouvoir, politique ou économique. D'ailleurs, ironise Voinea, «s'il n'avait pas été fusillé en 1989, Ceausescu serait sans doute devenu sénateur».

En décembre 1989, Ladislau-Antoniu Csendes avait 25 ans. Ce musicologue préside aujourd'hui le Conseil national pour les études des archives de la Securitate (CNSAS). Il estime que cet organisme détient actuellement 90 % des dossiers compilés par l'ancienne police politique communiste, soit une vingtaine de kilomètres linéaires. Il concède que cette estimation est «un peu optimiste».

 

La culture de l'impunité

 

Le CNSAS a été créé en 1999, mais, faute de volonté politique, il n'a pu véritablement fonctionner qu'à partir de 2005, après l'arrivée au pouvoir du président Traian Basescu. «Jusqu'en 2004, confirme Csendes, le CNSAS ne possédait que un kilomètre d'archives.»

La Securitate était un État dans l'État. Elle employait des centaines de milliers d'informateurs et avait instauré des règles absurdes destinées à convaincre la société roumaine qu'elle vivait sous son contrôle total et permanent. Par exemple, se rappelle Csendes, «dans le bloc où j'habitais, il était interdit de chanter entre 14 et 17 heures sous peine de sanctions».

La Securitate inspirait une peur telle que l'autocensure suffisait à briser toute velléité de contestation. Il n'y a pas eu d'opposition organisée en Roumanie. Seulement des dissidents, peu nombreux et très isolés. Ils étaient généralement condamnés à l'exil ou à la résidence surveillée. Ces opposants-là - car beaucoup d'autres ont surgi alors que le régime communiste agonisait - ne font plus parler d'eux.

Au début des années 1990, les archives de la Securitate ont été réparties entre sa métastase rebaptisée SRI, le Service d'information extérieur (SIE), et le ministère de la Justice. Il a fallu beaucoup de temps pour que ces trois institutions lâchent une partie, une toute petite partie sans doute, de leurs diaboliques secrets.

Marius Oprea, un ancien archéologue qui fouille maintenant les poubelles du communisme, se dit convaincu que beaucoup de dossiers ont disparu. Il se refuse à croire que la Securitate, cette tentaculaire machine bureaucratique encore plus paranoïaque que ne l'était la Stasi, ait fait «moins bien» que son homologue est-allemande. «Les archives de la Stasi représentaient 160 km linéaires et nous savons qu'au moment de la chute du mur de Berlin, ses agents ont eu le temps d'en détruire 20 km en deux mois. Alors, vous imaginez ce que l'on a pu faire ici en dix ans !»

Marius Oprea dirige l'Institut pour l'investigation des crimes du communisme. Créée en 2005, cette fondation, explique-t-il, «est une agence publique traitée comme une ONG». C'est-à-dire qu'elle reçoit très peu de subventions et qu'il est parfois difficile d'assurer les salaires de ses trente employés. Preuves à l'appui, la fondation a intenté des procès contre 400 anciens officiers de la police politique communiste. «Mais ils n'ont même pas été auditionnés par la justice, raconte Oprea. On nous a fait savoir qu'il y avait prescription.» La Roumanie n'a jamais eu de traditions démocratiques, la culture de l'impunité peine donc à y être bousculée, reconnaît Laura Stefan. Laura est juriste. Elle est membre d'une ONG spécialisée dans la lutte anticorruption. En Roumanie, la corruption est un fléau que même les pressions de l'Union européenne ont du mal à endiguer. Parce que, explique la jeune femme, «les élites politiques ont toujours tendance à penser qu'elles peuvent faire n'importe quoi et notamment confondre les deniers publics avec leur argent personnel».

Le sociologue Silviu Matei appartient à la même génération que Laura. Il est âgé de 33 ans et constate que le vingtième anniversaire de la chute du communisme suscite assez peu d'intérêt en Roumanie. «Il nous reste encore à faire un énorme travail de mémoire et je ne crois pas que nous y soyons prêts. Au début du XXe siècle, un Français a déclaré que la Roumanie se situait aux portes de l'Orient où tout est pris à la légère. La remarque me semble toujours d'actualité.»

C'est aussi l'avis de Cristian Mungiu, Palme d'or à Cannes l'an dernier pour son film Quatre mois, trois semaines et deux jours, première partie d'une trilogie intitulée Souvenirs de l'âge d'or. Une chronique de la vie quotidienne sous le communisme dans les années 1980. Les deux autres épisodes de cette saga sortiront dans quelques jours à Paris après avoir connu un relatif succès à Bucarest.

 

Révolution en trompe-l'œil

 

En 1989, Cristian Mungiu était journaliste dans une revue universitaire, à Iasi. «La liberté, se souvient-il en riant, consistait à s'abstenir de publier en une la photo de Ceausescu.» Mungiu a écrit et réalisé ces trois films parce qu'il a constaté que vingt ans après, «le communisme en Roumanie est devenu une abstraction. Personne ne se sent responsable de ce qui s'est passé. Chacun préfère croire que le seul coupable, c'est Ceausescu. Et il est mort».

La révolution de 1989, ajoute le cinéaste, «est un secret de famille». Tout le monde au fond sait ce qui s'est vraiment passé, mais personne n'en parle. Comme si les Roumains avaient honte de leurs médiocres compromissions sous le communisme et de leur «révolution» en trompe-l'œil, la seule en Europe de l'Est entachée de sang (700 morts), de manipulations sordides (le charnier de Timisoara ou les pseudo-terroristes tirant sur des manifestants à Bucarest) et d'une parodie de procès qui restera le péché originel de la Roumanie postcommuniste. À l'hôtel Crown Plaza, devant les dinosaures et quelques jeunes loups du Parti social-démocrate, l'une des formations politiques nées sur les décombres du Parti communiste, l'ancien président Ion Iliescu semble désormais le seul à entretenir sans com­plexe le mythe d'un mouvement populaire spontané. En 1989, cet ancien ministre communiste accusé de «déviance intellectualiste» par Ceausescu succéda au Génie des Carpates. Il dirigea la Roumanie jusqu'en 1996 puis de 2000 à 2004. Non, répète-t-il inlassablement aux journalistes, il n'y a eu ni complot ni coup d'État. Et s'il a donné l'ordre de «liquider Ceausescu», c'est pour «mettre fin aux manœuvres de diversion d'un groupe de professionnels déterminés à mettre en difficulté le nouveau pouvoir».

 

Sous les huées et les quolibets

 

Iliescu, qui est âgé de 79 ans, parle toujours comme un idéologue marxiste impénitent. En juin 1990, il fit appel aux mineurs de la vallée du Jiu pour mater les étudiants qui manifestaient sur la place de l'Université. Ces «minériades» firent une soixantaine de morts. Un procès a tenté de déterminer le rôle exact joué par Iliescu dans ces événements. L'ancien président a été blanchi.

Comme le général Nicolae Plesita, mort il y a quelques semaines dans un hôpital bucarestois à l'âge de 80 ans des suites d'une série d'affections chroniques et inhumé avec tous les honneurs. Entre 1980 et 1984, Plesita dirigeait le département des renseignements extérieurs de la Securitate. Il avait fait l'objet de plusieurs enquêtes judiciaires pour l'attentat à la bombe commis par Ilitch Ramirez Sanchez, alias Carlos, à Munich en 1981. L'attentat, qui visait le siège de Radio Free Europe, avait été commandité par la Securitate. En mars dernier, le général Plesita avait été innocenté. Comme tous les anciens «sécuristes», il percevait une pension dix fois plus élevée que celles de ses victimes.

Une commission d'historiens dirigée par Vladimir Tismaneanu a demandé au président Basescu de revoir à la baisse les retraites des anciens officiers de la police politique communiste. Le président roumain est un ancien capitaine de la marine marchande. Au début des années 1980, il dirigeait l'Agence de la navigation roumaine à Anvers, le genre de poste que, à l'époque, seuls des gens considérés comme «sûrs» pouvaient occuper. En 2006, devenu président, Basescu avait condamné publiquement les crimes du communisme. Une première en Roumanie. La cérémonie s'était déroulée au Parlement sous les huées de l'extrême droite et les quolibets de députés de l'opposition.

Traian Basescu n'a pas donné suite à la requête de l'historien Vladimir Tismaneanu. Comme si, pour lui aussi, il était préférable que le communisme reste «une abstraction». Le Figaro

Les Roumains aux urnes pour sortir de la crise

Le vainqueur de la présidentielle devra en finir avec les querelles qui empêchent toute réforme.

Quel que soit le vainqueur, il héritera d'un cadeau empoisonné : une instabilité politique qui menace de devenir chronique, doublée d'une récession qui a contraint Bucarest à appeler au secours le FMI. Les Roumains votent dimanche pour désigner leur nouveau président. Douze candidats sont en lice, mais tout devrait se jouer entre le président sortant, Traian Basescu, un ancien capitaine de la marine marchande âgé de 58 ans, et le chef de file du Parti social-démocrate (PSD) Mircea Geoana, 51 ans, qui fut ambassadeur à Washington avant de diriger la diplomatie roumaine de 2000 à 2004.

Outre la présidentielle, les Roumains sont invités à se prononcer par référendum sur un Parlement unicaméral et une réduction du nombre d'élus, qui passerait de 471 à 300 au maximum. L'initiative de cette consultation revient à Traian Basescu. Elle est très contestée par l'opposition, majoritaire au Parlement. Elle nécessite aussi un taux de participation de plus de 50 %, ce qui est loin d'être gagné au vu des sondages. La campagne s'est caractérisée par une rafale de coups bas, une surenchère populiste et une absence totale de projet politique.

Le futur président devra nommer un premier ministre en mesure de rassembler une majorité. Début octobre, la coalition entre le PSD et le Parti libéral-démocrate (PLD) de Basescu a éclaté. La crise n'a surpris personne, tant cette alliance bricolée il y a un an s'apparentait au mariage de la carpe et du lapin. Basescu a désigné deux premiers ministres. À l'approche du scrutin, aucun n'a évidemment réussi à obtenir l'aval du Parlement.

Il faut dire que, depuis trois ans, le président sortant est en guerre ouverte avec le parlement, qui a même tenté, au printemps 2007, de le destituer. Impulsif, grande gueule et provocateur, Traian Basescu est un homme qui dérange. Il s'est posé en champion de la lutte anticorruption et, s'il n'a pas réussi à démanteler les puissants réseaux d'influence qui continuent de tirer les ficelles de la vie politique roumaine, il a du moins ébranlé un sentiment d'impunité chevillé au corps de la classe politique.

 

Climat de tension

 

Mais cet ancien marin qui se complaît dans les rapports de force en fait trop. La conjoncture économique ne s'y prête pas. Le climat de tension qu'il contribue à entretenir irrite les bailleurs internationaux, qui ont suspendu le versement de leur aide (20 milliards d'euros) à une stabilisation politique et un budget d'austérité. Après plusieurs années de surchauffe, la Roumanie est entrée en récession. Avec une chute du PIB d'environ 8 %, elle est l'un des pays d'Europe de l'Est les plus affectés par la crise. En moins d'un an, le taux de chômage a doublé et, depuis trois mois, grèves et manifestations se multiplient pour dénoncer les restrictions et l'impéritie des élites dirigeantes. Le Figaro

samedi, 21 novembre 2009

Les homosexuels bousculent les règles de l'adoption

Agnès Leclair
Selon un sondage, 57 % des Français seraient favorables à l'adoption par des couples homosexuels (ici, deux Néerlandais se préparent à accueillir leur premier enfant).
Selon un sondage, 57 % des Français seraient favorables à l'adoption par des couples homosexuels (ici, deux Néerlandais se préparent à accueillir leur premier enfant). Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

Depuis que la justice a autorisé une homosexuelle à adopter un enfant, le climat se tend entre les défenseurs de la famille et les associations de gays et de lesbiennes.

La récente décision du tribunal de Besançon d'accorder à une enseignante homosexuelle, vivant en couple, le droit d'accueillir un enfant a mis à jour des zones de flou dans notre système d'adoption. Pourquoi les agréments pour deux sont-ils réservés aux seuls mariés ? Pourquoi les couples liés par un pacs ou vivant en concubinage doivent-ils faire une demande en célibataire ? Les homosexuels ont-ils réellement le droit d'adopter ? De quoi nourrir le débat entre les associations familiales, les politiques de tous bords et les défenseurs des droits des homosexuels.

Plus d'une semaine après ce petit séisme et bien que le gouvernement ait clairement dit qu'il n'y aurait pas de projet pour réformer l'adoption en faveur des couples homosexuels, les idées fusent. Hervé Mariton envisage de déposer en 2010 une proposition de loi pour remettre au clair le système d'attribution des agréments. «Je ne pense pas que l'adoption devrait être ouverte aux célibataires», avance le député UMP. Cette modification de la loi de 1966 fermerait les portes de l'adoption aux homosexuels, aux couples pacsés et aux concubins, qui ne peuvent aujourd'hui recueillir un enfant qu'en tant qu'individus et non à deux. Le débat sur l'homoparentalité souhaité par Nadine Morano en 2012 pourrait donc prendre un peu d'avance. «De toute façon, la question de l'homoparentalité se posera l'année prochaine avec la révision des lois bioéthiques et l'examen de l'ouverture de l'assistance médicale à la procréation (AMP) aux personnes seules, relève le député. Je ne vois pas pourquoi l'adoption par les célibataires serait autorisée puisque aujourd'hui l'aide médicale à la procréation est réservée aux couples.» Hervé Mariton partage par ailleurs une conception classique de la famille - un père, une mère et des enfants - avec nombre d'associations religieuses et familiales. «Pour l'enfant, la différence irréductible des sexes de ses parents est la base et le modèle qui lui permet de construire son identité et de se situer à sa juste place parmi d'autres» , a notamment écrit la Conférence des évêques de France. Gérard Bailly, le sénateur UMP du Jura, vient pour sa part de demander à l'État et au conseil général du Jura de faire appel de la décision du tribunal administratif de Besançon. De leur côté, les associations de défense des droits des homosexuels soulignent que la Cour européenne des droits de l'homme a jugé en 2008 que les autorités françaises ne pouvaient, sous peine de discrimination, refuser l'agrément administratif préalable à la procédure d'adoption à un célibataire vivant en couple avec une personne du même sexe. Selon Caroline Mécary, avocate de l'enseignante homosexuelle, cet arrêt a été décisif.

 

Un appel des maires

 

Les associations homosexuelles jouent d'ailleurs la carte de l'Europe, et espèrent que nos voisins ayant légiféré en faveur de l'adoption par les couples de personnes du même sexe inspirent les autorités françaises. Leur demande est notamment appuyée par le député PS Patrick Bloche et Hélène Mandroux, maire PS de Montpellier, qui a lancé un appel des maires «pour l'ouverture du mariage aux couples du même sexe». Autre argument avancé par l'Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans : 57 % des Français seraient favorables à l'adoption par des couples homosexuels selon un récent sondage BVA. Cette semaine, le médiateur de la République a rejoint le débat, déplorant «l'incohérence de la situation actuelle, qui permet d'accueillir la demande d'une personne célibataire dissimulant son orientation sexuelle et refuse celle du demandeur qui en fait état». Jean-Paul Delevoye préconise aussi de compléter le dispositif de l'agrément afin que tout refus ou retrait soit motivé «par l'intérêt supérieur de l'enfant clairement et objectivement formulé». Le Figaro

Bergé: Le Téléthon parasite la générosité des Français

Réagissant à ces propos tenus par l'homme d'affaires à Parlons Net, une émission diffusée sur France Info en partenariat avec lefigaro.fr, la présidente de l'Association française contre les myopathies se dit «profondément choquée».

À 79 ans, Pierre Bergé assume le fait de ne pas avoir sa langue dans sa poche. Et quand l'ancien compagnon d'Yves Saint Laurent est invité à une émission qui traite de politique, il n'hésite pas à devancer les questions sur son soutien financier à Ségolène Royal et sur la querelle de Dijon entre l'ex-candidate PS et Vincent Peillon. Même s'il «ne faut pas en faire une histoire», Bergé, qui précise qu'il n'est «pas socialiste, mais un homme de gauche», affiche la couleur : il est «séduit» par Vincent Peillon et continuera de le soutenir. En revanche, il tacle volontiers Benoît Hamon, «porte-parole battu aux élections, ce qui est assez rare». Quant à Royal, il estime qu'elle serait «la meilleure candidate du PS», si la présidentielle avait lieu demain. Mais se montre moins catégorique sur la perspective de 2012.

 

 

Autre sujet, la seconde partie de la vente des objets qu'il avait accumulés avec Yves Saint Laurent dans leurs maisons communes. L'occasion pour lui de revenir sur sa vie au côté du couturier, mais aussi d'évoquer la destination des sommes récoltées, qui iront à la lutte contre le sida. Pierre Bergé en profite pour dire tout le mal qu'il pense du Téléthon, qui «parasite la générosité des Français, la capte d'une manière populiste, en exhibant le malheur des enfants myopathes». Une maladie dont Pierre Bergé souffre, révèle-t-il. «Soyons clair, je n'accuse personne de détourner de l'argent (...), mais j'accuse que 100 millions pour le Téléthon ne sert à rien», a-t-il ajouté. «Les organisateurs du Téléthon ont trop d'argent, ils achètent des immeubles», a-t-il dit.

La présidente de l'Association française contre les myopathies (AFM), organisatrice du Téléthon, Laurence Tiennot-Herment, a démenti samedi tout placement financier dans l'immobilier ajoutant que Pierre Bergé «est coutumier de telles attaques particulièrement virulentes contre notre association». «Par contre, a-t-elle précisé sur France Info, nous engageons des moyens financiers parfois dans de la construction et dans du bâtiment», a-t-elle précisé, ajoutant que c'était «forcément toujours en lien avec nos missions sociales, guérir et aider». Elle a cité comme exemple la construction de trois appartements près d'Angers qui sont des «lieux de répit pour les familles», ou la construction d'un bâtiment dédié à la fabrication de médicaments de thérapie génique pour les maladies rares.

Dans la dernière partie de l'émission, les questions des internautes. Pierre Bergé, militant historique de la cause homosexuelle, en a profité pour livrer un plaidoyer en faveur de l'homoparentalité. Quant à l'affaire Polanski, l'homme d'affaires a estimé que le cinéaste «doit répondre à la justice» car «elle est la même pour tous». Le Figaro

Besson: l'immigration n'est pas un besoin démografique

Selon le ministre de l'Immigration, la France a «intérêt au brassage et à l'ouverture», mais pas pour une raison quantitative. D'après lui, les élites de gauche «nient les réalités».

Eric Besson est «un grand blessé du 21 avril». Dans un entretien au Journal du Dimanche , le ministre de l'Immigration en appelle à «ne pas éluder certains problèmes», comme l'a fait selon lui la gauche lorsqu'elle était au pouvoir. «Si on contourne la réalité, on arrive au 21 avril 2002 : quelqu'un de grande qualité comme Lionel Jospin battu à la présidentielle», analyse-t-il.

Sur cette base, Eric Besson explique qu'il faut s'en tenir à une immigration légale. Selon lui, «la France est ouverte et généreuse» : elle a intérêt «au brassage et à l'ouverture» et fait valoir le «droit au regroupement familial». En revanche, il n'y aurait aucune «raison quantitative d'encourager l'immigration». «Ceux qui font profession de défendre les sans papiers devraient s'intéresser aussi aux étrangers en situation régulière, touchés à hauteur de 26% par le chômage, en butte parfois à des discriminations», conseille-t-il.

 

«Il y a un vrai problème avec certaines élites de gauche»

 

Précisant son propos, le ministre de l'Immigration égratigne dans cet entretien «une partie de l'intelligentsia française, [chez qui] la négation des réalités semble être une constante». «Il y a un vrai problème chez certaines élites de gauche. Quand Bernard-Henri Lévy proclame, pour faire l'Europe, il faut faire taire Eric Besson, je suis navré... Tant de culture pour arriver là ? Et Vincent Peillon, ce philosophe, qui prône pour Ségolène Royal la psychiatrie lourde ? Il y a dans l'intelligentsia éclairée des rémanences bolchéviques», affirme-t-il encore.

Expliquant ne pas avoir de complexe et se demander «sans cesse si ce [qu'il fait] est juste et républicain», Eric Besson revient par ailleurs ses propos concernant les «mariages gris». Il assure «défendre les mariages mixtes [qui] contribuent au métissage de la société française», mais combattre «les escroqueries à la naturalisation». «Les victimes de cette fraude sont d'abord des femmes étrangères, ou françaises d'origine étrangère, maghrébines ou africaines. Cela devrait émouvoir quelques consciences», lance le ministre de l'Immigration, qui se réjouit que le débat sur l'identité nationale «passionne» les Français.

Appelé à commenter les célébrations en France après la qualification de l'Algérie pour le Mondial, Eric Besson estime à ce sujet que «si des jeunes Français se sentent Algériens, cela confirme qu'il faut mettre au clair notre identité nationale. Nous devons amener ces jeunes à se revendiquer Français pleinement, dans un parfait équilibre de droits et de devoirs», conclut-il. Le Figaro

Fillon ne veut pas que la garde a vue se banalise

Alors que le nombre de gardes à vue continue d'augmenter, le premier ministre souhaite en «repenser» les conditions pour qu'elles ne deviennent pas «un élément de routine» aux mains des enquêteurs.

Le placement en garde à vue d'une avocate à Meaux, vivement critiqué cette semaine, a laissé quelques traces. Inaugurant samedi une maison d'arrêt dans la Sarthe, le premier ministre a jugé «nécessaire et évident» de repenser les conditions d'utilisation et l'utilité même des gardes à vue en France, afin qu'elles ne soient jamais envisagées comme «un élément de routine» par les enquêteurs. D'après François Fillon, «ces pouvoirs exceptionnels ne doivent pas tomber dans la banalité», mais demeurer au contraire «des actes graves pour ceux qui les décident parce qu'ils sont graves pour ceux qui les subissent».

Le premier ministre a ainsi très clairement fustigé ces situations qu'il juge «exceptionnelles mais choquantes» de «gardes à vue non indispensables, de détentions provisoires trop longues, de jugements qui interviennent trop tardivement». Alors que le nombre de gardes à vue ne cesse d'augmenter (+50% en sept ans), les critiques s'intensifient à l'encontre de la procédure et des abus qu'elle peut susciter. Cette semaine, le bâtonnier de l'Ordre des avocats de Paris Christian Charrière-Bournazel a dénoncé les conditions de la garde à vue pratiquée en France, les jugeant contraires au droit européen.

«Face à des auteurs de crimes et de délits graves, je n'ai pas d'états d'âme à recourir à l'emprisonnement et la répression mais j'ai des exigences qui au nom du respect des droits de l'Homme et de la défense des libertés publiques doivent s'imposer à tous», a résumé François Fillon. Le rapport Léger, sur lequel s'appuie le gouvernement pour sa réforme en cours de la procédure pénale, a préconisé en septembre d'ouvrir un peu plus cette procédure aux avocats en les autorisant notamment à avoir accès aux procès-verbaux d'audition dès la douzième heure de la mesure, ce qui n'est actuellement pas le cas.

 

Le «dogme» de la cellule individuelle

 

Attendu sur le sujet à l'occasion de l'inauguration de cette prison de la Sarthe, où il était accompagné de sa ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie, François Fillon s'est en revanche montré bien plus réservé sur le principe de l'encellulement individuel, récemment consacré par la loi. «Quand on sait que dans d'autres pays d'Europe on construit des cellules pour six ou sept, les cellules aménagées que j'ai vues à l'instant sont un véritable progrès par rapport à ce que l'on connaît actuellement», a-t-il déclaré, appelant à ne pas «faire de l'encellulement individuel un dogme absolu».

Alors que le gouvernement a cependant promis de «tout mettre en œuvre» pour que soit atteint cet objectif en 2014, grâce à l'achèvement du programme de construction en cours, les associations d'aides aux prisonniers et les syndicats pénitentiaires continuent de pointer le déficit de places dont souffre le système carcéral français. Au 1er novembre on recensait dans les quelque 200 prisons françaises 62.073 détenus pour 54.285 places, soit un taux moyen de surpopulation de 114%. La maison d'arrêt du Mans-Les Croisettes inaugurée par François Fillon, qui compte 400 places, ouvrira ses portes en janvier. Elle remplacera la prison du Mans, construite au XVIIIe siècle. Le Figaro

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