mercredi, 02 décembre 2009

Le groupe Vivendi solde son aventure à Hollywood

Le français céderait sa participation de 20% dans NBC Universal à GE pour 5,8 milliards de dollars.

Clin d'œil de l'histoire. C'est au moment même où se déroule le procès de Jean-Marie Messier, ancien patron de Vivendi Universal, que l'un de ses successeurs, Jean-Bernard Lévy, parvient à solder l'aventure hollywoodienne du groupe français entamée en 2000 par le rachat spectaculaire d'Universal à la famille Bronfman.

 

Jean-Bernard Lévy
Jean-Bernard Lévy Crédits photo : Le Figaro

 

Depuis quelques mois, Jean-Bernard Lévy ne faisait plus mystère de vouloir tourner définitivement la page en cédant au conglomérat GE sa participation de 20% dans NBC Universal, le quatrième groupe américain de médias. Mais les négociations avec GE, actionnaire à 80% de NBC Universal, se sont vite compliquées. Car ce dernier a lui-même l'intention de se débarrasser de NBC Universal, qui commence à être affecté par la crise économique, en cédant le contrôle au géant du câble américain Comcast. Avant d'y parvenir, GE se devait de régler le sort de Vivendi. Petit minoritaire, petit prix, pensait GE. Vivendi a dit non.

Il a fallu que Jeffrey Immelt, le puissant patron du conglomérat américain GE, rencontre Jean-Bernard Lévy à Paris la semaine dernière pour débloquer la situation. GE est pressé. Il lui faut racheter cette participation avant de pouvoir céder 51% du capital de NBC Universal à Comcast. Vivendi est moins pressé. Il veut tirer un bon prix de sa participation de 20% dans NBC Universal. Surtout, Vivendi veut être sûr de pouvoir vendre sa participation quel que soit le résultat des négociations entre GE et Comcast sur l'avenir de NBC Universal. Car comme le rappelle le Wall Street Journal, cette opération d'envergure - NBC Universal est estimé à 30 milliards de dollars - pourrait prendre plus de six mois pour passer devant les autorités de la concurrence américaines. Et si, au final, l'opération capote, Vivendi se retrouverait coincé pour longtemps.

 

Des enchères en 2003

 

Selon le Wall Street Journal, Vivendi et GE se seraient mis d'accord sur ces deux points. Un accord qui pourrait être officialisé d'ici à la fin de la semaine. Côté valorisation, Vivendi obtiendrait 5,8 milliards de dollars pour ses 20% dans NBC Universal. C'est moins que les 6 milliards espérés par Vivendi mais plus que les 5 milliards proposés initialement par GE. Côté timing, Vivendi aurait obtenu de céder ses titres rapidement à GE.

Cela fait cinq ans que le groupe français a tiré un trait sur son ambition un peu folle de faire partie du cercle très restreint de majors américaines.

À l'été 2002, quand il est appelé à la rescousse pour sauver Vivendi Universal de la faillite, Jean-René Fourtou comprend vite qu'il ne pourrait pas redresser en même temps la situation en France et aux États-Unis. Il a donc confié les rênes d'Universal Entertainment à l'homme d'affaires Barry Diller, tout en sachant pertinemment que ce dernier rêvait d'en prendre le contrôle en profitant de la faiblesse de Vivendi.

Le groupe français s'est donné le temps et, à l'été 2003, il a organisé des enchères pour céder Universal Entertainment regroupant les fameux studios de cinéma, des programmes télé, des chaînes du câble et des parcs à thème. Tous les groupes américains de médias se sont mis sur les rangs, de la famille Bronfman à NBC en passant par Comcast. Au terme de cette compétition, c'est le plus vieux réseau de télévision américain, NBC, qui a emporté l'affaire. Vivendi conservait un strapontin en pariant sur le fait que seul un américain pouvait réussir à Hollywood. Le Figaro

Bettencourt: une battaille de près de deux ans

CHRONOLOGIE - La fille de Liliane Bettencourt accuse le photographe François-Marie Banier d'avoir spolié l'héritière de L'Oréal.

1987 : Liliane Bettencourt, héritière de L'Oréal, rencontre le photographe François-Marie Banier.

19 décembre 2007 : Françoise Bettencourt, fille de l'héritière de L'Oréal, porte plainte contre X pour un «abus de faiblesse» commis au préjudice de sa mère Liliane.

24 septembre 2008 : à l'issue de plusieurs mois d'enquête, François-Marie Banier et deux de ses amis sont placés en garde à vue par la brigade financière de la PJ parisienne.

19 février 2009 : un médecin spécialisé en matière de tutelle et de curatelle conclut, dans un rapport d'expertise privée commandé par Liliane Bettencourt, que celle-ci ne se trouve pas en état de faiblesse.

15 juillet 2009 : alors que l'enquête préliminaire se poursuit, l'avocat de Françoise Bettencourt, Me Olivier Metzner, délivre une citation directe pour «abus de faiblesse» visant François-Marie Banier.

3 septembre 2009 : le photographe doit comparaître devant la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre.

Le Figaro

Bettencourt: un juge des tutelles saisi

La fille de Lilianne Bettencourt (la femme la plus riche de France, héritière du groupe l'Oréal) a saisi hier un juge des tutelles d'une demande de "protection judiciaire" de samère, révèle aujourd'hui lepoint.fr. Cette décision pourrait aboutir à son placement sous tutelle.

L'avocat de Liliane Bettencourt, Me Georges Kiejman, a vivement réagi à cette annonce: "Je suis profondément choqué de voir que cette procédure, qui aurait dû rester dans l'intimité familiale, a été communiquée à la presse". Pour lui, sa cliente, actionnaire principale de L'Oreal, "n'a aucun besoin d'un curateur ou d'un tuteur". "Certes, cette demande a été accompagnée d'une lettre manuscrite très affectueuse à Liliane Bettencourt, mais cette action est scandaleuse", a-t-il poursuivi.

Cette décision résulte des soupçons d'"abus de faiblesse" qui on conduit Françoise Bettencourt, la fille de Liliane, à poursuivre devant la justice pénale le photographe François-Marie Bannier. Elle l'accuse d'avoir abusé de la faiblesse et de l'ignorance de sa mère, âgée de 88 ans, afin que celle-ci "dispose à son profit" la somme de 993 millions d'euros.

Le 11 novembre, le tribunal de Nanterre examinera la recevabilité de cette plainte, après une première audience qui s'est tenue le 4 septembre. Le Figaro

Les talibans von renforcer la résistance en Afghanistan

"Le président américain a annoncé sa nouvelle et honteuse stratégie pour l'Afghanistan. Mais les 30.000 soldats américains supplémentaires ne pourront que renforcer la résistance", avertissent-ils.

Taliban (AP)

Taliban (AP)

L'envoi de soldats américains supplémentaires en Afghanistan va "renforcer la résistance" des insurgés en Afghanistan, ont averti, mercredi 2 décembre, les talibans. Une réaction qui intervient au lendemain de l'annonce, par Barack Obama, du déploiement accéléré de 30.000 soldats de plus dans ce pays qui connaît un regain de violences ces dernières années. "Le président américain a annoncé sa nouvelle et honteuse stratégie pour l'Afghanistan. Mais son espoir de contrôler militairement notre pays ne se réalisera pas. Les 30.000 soldats supplémentaires ne pourront que renforcer la résistance", a déclaré un porte-parole des talibans, Qari Yousuf Ahmadi, à l'AFP.
"Les Américains seront contraints à un retrait honteux une fois qu'ils auront compris qu'ils ne peuvent atteindre leur but, comme les Russes avant eux. Obama va voir défiler de nombreux cercueils de soldats américains tués en Afghanistan", a-t-il ajouté.
Aujourd'hui, environ 113.000 soldats étrangers, dont 71.000 Américains, sont présents en Afghanistan.

(Nouvelobs.com avec AFP)

Le parc nucléaire français devient-il dangereux?

Le problème de prise d'eau de la centrale de Cruas en Ardèche est le troisième incident nucléaire en trois mois en France. Le réseau Sortir du nucléaire s'inquiète de l'état du parc nucléaire français.

En novembre dernier, un barre d'uranium était restée coincée à l'intérieur d'un réacteur de la centrale nucléaire du Tricastin (AFP)

En novembre dernier, un barre d'uranium était restée coincée à l'intérieur d'un réacteur de la centrale nucléaire du Tricastin (AFP)

Quelques heures après l'obturation d'une prise d'eau alimentant le système de refroidissement d'un des quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas en Ardèche, EDF a levé son "plan d'urgence interne" mercredi 2 décembre. Gravelines en août, Cadarache en octobre, Tricastin en novembre, Cruas en décembre : les incidents se succèdent et se répètent dans le parc nucléaire français, un parc fort de 58 réacteurs – le plus grand du monde après les Etats-Unis - mais vieillissant – le programme nucléaire français a été lancé dans les années soixante-dix. L'âge moyen des réacteurs est de 23 ans. La centrale de Cruas a ainsi été construite au début des années 1980. L'obturation de la prise d'eau n'a pourtant rien à voir avec son âge. "Cela aurait pu arriver même sur une centrale toute neuve" précise Stéphane Lhomme du réseau Sortir du nucléaire. "Mais cela aurait pu être très grave." Il se dit pourtant plus inquiet des barres d'uranium restées coincées à l'intérieur de réacteurs : ce type accident s'était produit une fois en 1999. Cette année, cela a eu lieu trois fois." Pour lui, cette "épidémie" est révélatrice de l'état des centrales françaises.

Une mauvaise utilisation


Stéphane Lhomme décrit l'état du parc français comme "très dégradé, bien plus que ne le laisse supposer son âge." Selon lui, alors que le parc nucléaire américain est plus ancien, il subit moins d'incidents. Stéphane Lhomme explique cette dégradation par le mode d'utilisation de nos centrales. Contrairement aux Etats-Unis, comme 80% de l'électricité consommée en France est produite par des centrales nucléaires, le parc est obligé de suivre la courbe des variations de puissance, ce qui l'use énormément. Une centrale nucléaire nécessite un usage le plus linéaire possible, ce qui peut se faire aux Etats-Unis avec seulement 20% de l'électricité produite par le nucléaire.

Une maintenance inquiétante


En octobre dernier, pour la première fois depuis l'hiver 1982, la France a été obligée d'importer de l'électricité. Traditionnellement exportateur, l'Hexagone a importé un solde net de 458 gigawattheures d'électricité auprès de ses voisins européens. En novembre, EDF annonçait que la production nucléaire française allait chuter en 2009 à son plus bas niveau depuis dix ans.
L'augmentation de la consommation, les grèves du printemps et le niveau très bas des cours d'eau n'expliquent pas tout. Au mois de novembre, 15 réacteurs étaient à l'arrêt.
Pour le porte-parole de Sortir du nucléaire, cette situation est due à une accumulation de facteurs. Il dénonce notamment une maintenance délaissée, avec une précarisation des équipes, recrutées dans des entreprises extérieures et travaillant dans des conditions dangereuses. Stéphane Lhomme ironise : "Même les syndicats s'alarment et on ne peut pas les soupçonner de vouloir nuire à leur outil de travail. Et bien leurs communiqués ressemblent à de véritables tracts anti-nucléaires !"

Des durées de vies allongées


Au lancement du programme français, la durée de production des centrales étaient prévues pour trente ans. Aujourd'hui, EDF parle d'une durée de vie d'au moins 40 ans pour ses centrales, évoquant parfois même 60 ans. L'allongement permet d'envisager une augmentation conséquente de la rentabilité des centrales. Le 9 juillet dernier, l'Autorité de sûreté nucléaire a publié un communiqué affirmant : "L'ASN n'a pas identifié de problème générique mettant en cause la capacité d'EDF à maîtriser la sûreté de ses réacteurs de 900 MW jusqu'à 40 ans." Cet allongement rend la question de la maintenance encore plus cruciale. EDF annonce un budget de 400 millions d'euros par réacteur pour rénover le parc. Pour Stéphane Lhomme, ces sommes colossales sont engagées sans concertation : "Cet argent ne serait-il pas mieux utilisé pour un grand plan d'isolation des bâtiments en France ?"

Une "transparence invisible"


Les études de l'Autorité de sûreté nucléaire ne sont pas remises en question. Stéphane Lhomme se félicite d'avoir de très bons rapports avec les inspecteurs régionaux. En revanche, il regrette que l'information ne soit pas plus facilement disponible lorsqu'elle remonte. "Sur leur site internet, tout est accessible. Seulement, les problèmes sont noyés au milieu du reste. En cas de pépin, l'ASN peut toujours se couvrir : "on l'avait publié". Pour nous, ils font de la "transparence invisible.""
Sortir du nucléaire s'inquiète aussi des questions liées au démantèlement des centrales. En France, 12 se trouvent définitivement à l'arrêt et pour le moment, aucun démantèlement n'a été effectué. Seul celui de la centrale nucléaire de Brennilis a débuté. Sortir du nucléaire se félicite d'ailleurs d'être parvenu à l'interrompre, dénonçant les problèmes de contaminations : aucune étude d'impact des travaux de démantèlement n'avait été mise à la disposition du public au moment de la publication du décret autorisant EDF à mener ces travaux, initialement prévus pour durer jusqu'en 2018. Stéphane Lhomme insiste aussi sur les prix démesurés que représente un démantèlement. La Grande-Bretagne a estimé le sien à 103 milliards d'euros! "Et le parc français est trois fois plus grand que celui des anglais !" Sortir du nucléaire réclame un débat public sur le démantèlement. "D'autant que ce problème n'intéresse aucun des dirigeants des entreprises concernées ! Un démantèlement, ça ne rapporte rien et ça coûte très cher ! Ils comptent laisser ça aux autres !"
(Louis Morice – Nouvelobs.com)

Dans Newsweek: le paradoxe de la lutte contre le Sida

Généralement considéré comme le joyau de la politique étrangère des Etats-Unis, le programme de lutte contre le SIDA PEPFAR devrait bientôt afficher des résultats moins impressionnants — et c’est une bonne chose.
> Cet article a été publié sur le site de l'hebdomadaire américain Newsweek le 30 novembre.

Dessin du virus du sida (AFP)

 

Dessin du virus du sida (AFP)

 

Résumé en quelques lignes, le programme PEPFAR ressemble à un conte de fées. Depuis que George W. Bush a présenté pour la première fois en 2003 le PEPFAR (President’s Emergency Plan for AIDS Relief), le programme a obtenu des succès impressionnants : plus de 2 millions de patients dans 15 pays cibles ont été mis sous traitement antiviral, et plus de 10 millions ont bénéficié d’une prise en charge sanitaire globale. Du fait des résultats prometteurs obtenus par le programme, le Congrès a accordé à PEPFAR 4 milliards de dollars de rallonges budgétaires au cours de son existence. Avec une dotation de 6,7 milliards de dollars, PEPFAR est aujourd’hui le plus important programme de santé publique dans le monde.

De l’avis des spécialistes de la santé, toutefois, après des années d’augmentations, le budget de PEPFAR pourrait bien faire du surplace sous l’administration Obama. Parallèlement, ils s’attendent à un creusement de l’écart entre le nombre de malades en attente de traitement et le nombre de patients pris en charge. Du fait des compressions de budget, conséquence de la crise financière, et des appels de plus en plus nombreux dans les cercles de la santé mondiale à abandonner l’idée de "l’exception du SIDA" — défini comme un surcroît de budget affecté à l’action contre le SIDA, au détriment des ressources sanitaires globales — le joyau de la politique étrangère de Bush commence à perdre de son éclat.

Et pourtant, bien que ses résultats paraissent moins impressionnants, le programme se montre aussi fort et astucieux que jamais. Jusqu’ici, PEPFAR était défini par le "E" pour "Emergency" de ses initiales ("Urgence"). L’accent était mis sur la mise en œuvre initiale de moyens très importants afin d’obtenir un impact maximum, ce qui signifiait généralement de contourner les autorités locales afin de mettre sous traitement le plus de gens possible, le plus vite possible. Mais en dépit des impressionnants résultats permis par la méthode, c’est une approche difficile à perpétuer ad infinitum. Les effets du programme sur la transmission du HIV sont peu convaincants, et le rythme de l’apparition de nouveaux cas dans le monde dépasse de loin le nombre de gens placés sous traitement, selon les rapports publiés par PEPFAR. Pour deux patients mis sous antiviraux aujourd’hui, on compte cinq contaminations par le HIV — un taux qui reste stable, en dépit des avancées permises par l’argent de PEPFAR dans la réduction de la mortalité de la maladie.

Si les choses restent en l’état — et rien n’indique le contraire — PEPFAR risque de se transformer en gouffre à subvention, une sorte de machine à prestation santé destinée à financer indéfiniment les traitements de malades de plus en plus nombreux et vivant de plus en plus longtemps. "Le problème, c’est qu’il n’y a aucun moyen de se sortir de cette épidémie", indique le Dr Stefano Bertozzi, qui dirige des recherches sur le HIV à la Bill & Melinda Gates Foundation. "Quand vous mettez de nouveaux patients sous antiviraux, il faut continuer le traitement de ceux que vous avez pris en charge auparavant. Le nombre de gens que vous traitez est chaque année plus important". Selon une analyse de coût menée par le Center for Global Developement, un institut indépendant d’études, pour garantir la pérennité des succès actuels chez un nombre toujours plus important de patients, il faudrait que le budget consacré par les Etats-Unis à la lutte contre le SIDA grimpe à 12 milliards de dollars en 2016, donc y consacrer la moitié du budget de l’aide humanitaire hors des frontières, et réduire le budget des autres programmes, parmi lesquels d’autres plans de santé publique.

Comment sortir de ce paradoxe, selon les spécialistes de l’action publique ? Placer plus de ressources sur la prévention. Transférer les programmes à l’échelon local et demander le renfort des gouvernements nationaux. Surveiller et distinguer les programmes qui fonctionnent des autres, puis en rapporter les résultats.

Selon Eric Goosby, coordinateur mondial pour le SIDA des Etats-Unis et responsable de PEPFAR, tout cela est au programme. Sur le plan de la prévention, PEPFAR consacre des ressources à des programmes de formation des personnels sanitaires et d’intercepteurs de la transmission mère-enfant. Le programme double également le financement du contrôle et des études de performances, de 23 millions de dollars cette année à 40 ou 50 millions en 2010. D’autre part, en ligne avec les efforts gouvernementaux d’élargir à plus d’une maladie les programmes mondiaux de santé et de développement — caractérisés par un nouveau plan de 63 milliards sur six ans — Goosby cherche à se dégager aussi bien de la dépendance à l’égard de la sous-traitance auprès des ONG que de la concentration de tous les efforts sur une cible unique. "Les patients vont avoir besoin de traitement pour les 20 ou 30 ans qui viennent, il nous faut donc nous concentrer sur une offre à long terme. Pour ce faire, nous devons développer, à partir de la plateforme que constitue le programme PEPFAR, une vaste constellation de services destinée à chaque patient", dit-il.

Cette position recueille le soutien des militants anti SIDA, qui doivent combattre l’accusation de monopoliser toute l’attention dans le domaine de la santé publique. "Il n’est pas logique qu’un médecin discute contraception avec une femme dans un immeuble, puis doive se rendre dans un autre immeuble parler de la prévention du SIDA. Les malades infectés par le HIV et la tuberculose ne devraient pas avoir à se rendre dans des centres situés à l’opposé l’un de l’autre pour se soigner", remarque Bertozzi de la Gates Foundation. En d’autres mots, la santé publique n’est pas un jeu à somme nulle.

Il est certain qu’il sera difficile de concrétiser ces changements. Politiquement, la stratégie est risquée. Les améliorations sur le plan de la prévention, à même d’offrir à long terme les meilleurs résultats, sont difficiles à mesurer (on peut montrer comment quelqu’un est tombé malade, il est plus délicat de prouver le contraire, et comprendre comment un individu a échappé à l’infection). Quant aux partenariats plus étroits avec les gouvernements nationaux, bien que le but soit louable, ils comportent le risque de transitions lentes, de résultats moins impressionnants, et d’un enthousiasme plus limité chez les parlementaires lorsque revient l’heure de voter les budgets. Transférer les programmes à l’échelon local peut être délicat, prévient Peter Navario, spécialiste invité de la santé mondiale au Council on Foreign Relations et spécialisé dans les dispositifs de lutte contre le HIV/le SIDA dans les pays en voie de développement. Il rapporte un cas d’ONG internationale qui, après avoir essayé de transférer un programme à des médecins et des administrateurs en Afrique du Sud, a dû reprendre la direction du programme — par deux fois.

Des espérances plus limitées et des transitions plus chaotiques sont peut-être un prix nécessaire à payer. Les coûteux remèdes express ne pourront pas fonctionner toujours. Il faudra bien un jour que les médecins locaux soient formés pour prendre la suite de leurs confrères expatriés. Si, comme le disent les experts, l’administration Obama s’efforce de rassembler toutes les pièces nécessaires à transformer PEPFAR en programme de post-urgence, le défi qu’elle devra relever à l’intérieur sera de s’assurer du soutien au congrès, qui pourrait décliner si les critiques présentent des chiffres moins bons comme preuve d’une direction inefficace. C’est ici que pourront aider les nouvelles études de suivi et d’évaluation. Elles auraient pu aider plus encore si on les avait mis en œuvre dès l’origine, déclarent les administrateurs des fonds consacrés à la lutte contre le SIDA. Mais comme le dit le proverbe : si le meilleur moment de planter un arbre c’est il y a deux siècles, le faire aujourd’hui, c’est saisir le meilleur moment suivant. Nouvelobs

Par Katie Paul

Traduit
de l'anglais par David Korn

Fumer un joint est devenu aussi banal que fumer une clope

50% de la population a déjà fumé un joint. La ville de Paris vient de lancer une semaine de prévention sur les dangers du cannabis. Une initiative indispensable pour le Dr Guillaume Petit, addictologue dans un centre spécialisé.

44% des Français de moins de 17 ans ont déjà fumé un joint.

Le cannabis est aujourd'hui la drogue la plus consommée en France. Qui en sont les utilisateurs?

Il n'y a pas de profil type des personnes dépendantes au cannabis. Aujourd'hui, sa consommation s'est banalisée et on retrouve cette drogue dans tous les milieux. Pour beaucoup de gens, fumer un joint est devenu aussi banal que fumer une clope. Il y a néanmoins des points communs entre des personnes dépendantes au cannabis: il s'agit en majorité de garçons qui ont commencé à fumer dans un milieu festif et pour qui, petit à petit, le joint a envahi le quotidien.

Le cannabis est pourtant réputé comme étant une drogue non addictive?

En effet, le cannabis ne provoque pas une dépendance physique mais psychologique. Evidemment, il y a plusieurs types de consommation et fumer un joint de manière occasionnelle -dans une fête par exemple- ne fait pas de nous une personne "accro". Mais la dépendance peut s'installer très rapidement. Les personnes ayant un facteur génétique de vulnérabilité vont être plus sensibles et vont devoir augmenter rapidement les doses. Il n'y a pas un seuil au-dessus duquel on est dépendant. En revanche, on considère qu'une personne est addict lorsqu'elle ne peut pas concevoir sa journée sans fumer. Pour certains ce sera 3-4 joints, d'autres plus...

Quelles sont les conséquences d'une consommation répétée de cannabis?

Mais même si le cannabis n'est pas considéré comme une drogue douce, les conséquences d'une consommation répétée peuvent être très graves. Au centre d'addictologie dans lequel je travaille, la plupart des patients qui viennent nous voir fument depuis des années, voire des décennies. Ils ne travaillent plus, ont coupé les liens avec leurs familles ou leurs amis (ou les voient de manière très occasionnelle) et ne sortent souvent de chez eux que pour s'approvisionner. D'autre part, la consommation de cannabis favorise parfois l'apparition d'un comportement schizophrène. Sans parler du tabac qui est mélangé au cannabis...

Se sevrer du cannabis est-ce aussi difficile que pour une drogue dure?

Comme la dépendance au cannabis est essentiellement psychologique, les personnes qui arrêtent n'ont pas tout les symptômes physiques du manque. En revanche, le sevrage s'accompagne souvent d'un sentiment d'angoisse, de crise de panique et parfois même de dépression. Nous les aidons en leur fournissant une aide psychologique et parfois des anxiolytiques légers ou des anti-dépresseurs. Ensuite, les anciens consommateurs doivent réapprendre à vivre sans produit ce qui n'est pas si évident lorsque pendant plusieurs années, leur vie a entièrement tourné autour du joint.

Comment aider une personne dépendante?

Il faut dans un premier temps aborder le problème avec elle, voir comment elle perçoit sa consommation et si elle la juge problématique. Il est malheureusement très difficile d'agir contre le gré d'une personne. Il faut ensuite l'orienter vers une structure qui l'encadrera et l'aidera à arrêter.

Que pensez-vous du cannabis à usage thérapeutique?

D'après les études réalisées, lorsque le cannabis à usage thérapeutique est encadré et qu'il est utilisé de manière ponctuelle, les résultats sont plutôt positifs. Il permet, par exemple, de calmer les douleurs des personnes atteintes de cancer mais il doit absolument être consommé sous l'étroite surveillance d'un médecin. Mais nous avons assez peu de recul en France sur cette pratique car elle est interdite. L'Express

Novelli prend en main la com' des restaurateurs

Le secrétaire d'Etat chargé du commerce Hervé Novelli craint que l'impopularité croissante du secteur ne contribue à remettre en cause l'une des mesures phares du gouvernement.

Le gouvernement reprend les choses en main. A moins de quinze jours de la rencontre entre Hervé Novelli et les restaurateurs dans le cadre du comité de suivi du contrat d'avenir prévoyant la baisse de la TVA, le climat est loin d'être au beau fixe pour le secteur de la restauration. Pour sauver l'une des mesures phares du gouvernement, menacée par une impopularité grandissante dont les sénateurs se sont fait l'écho en proposant le rétablissement d'une TVA à 19,6%, Hervé Novelli tente une opération de communication «coup de poing». Sa singularité ? L'opération ne sera pas financée sur le budget du ministère, mais sur celui du Fonds de modernisation de la restauration géré par Oséo, soit… par les restaurateurs eux-mêmes.

Selon un document daté du 16 novembre que la Tribune s'est procuré, l'annonce adressée à plusieurs agences de communication fait mention «d'une opération destinée à communiquer positivement sur la baisse de la TVA dans la restauration avant la réunion du 15 décembre à Bercy», afin de retourner «l'opinion publique, largement alimentée par les médias, [qui] constitue aujourd'hui une menace forte pour la bonne marche de la réforme». Contacté par lefigaro.fr, Synhorcat, l'un des principaux syndicats de restaurateurs, juge toutefois qu'«il n'y a là aucune surprise : il est normal que toutes les organisations syndicales travaillent ensemble en collaboration avec l'Etat».

 

Mauvais auspices

 

La rencontre du 15 décembre tombe en effet on ne peut plus mal : outre les baisses de prix largement inférieures aux attentes la baisse des prix cumulée depuis juillet se monte à 1,5% - et le faible nombre de postes créés par la mesure à peine 6.000 -, elle intervient après l'échec des négociations sur les rémunérations du secteur. Seuls deux syndicats sur cinq ont en effet signé l'accord proposé par un patronat divisé, l'un des principaux syndicats de restaurateurs, l'Umih, étant actuellement déchiré par une crise interne. L'obtention d'un accord sur une hausse des rémunérations était pourtant également l'une des contreparties impliquées par la baisse de la TVA.

Malgré l'impopularité de cette mesure arrachée de haute lutte à Bruxelles et dont le coût s'élève à 3 milliards, Nicolas Sarkozy a toutefois réaffirmé le 24 novembre qu'il ne reviendrait «jamais» sur une condition de la survie du «bon petit restaurant, du buraliste ou du café du coin». A présent, au tour des agences de communication de tenter de convaincre les Français. Le Figaro

Greenpeace s'introduit à l'Assembée

Plusieurs militants de l'organisation écologique Greenpeace ont brièvement investi le toit de l’Assemblée nationale aujourd'hui, peu avant le débat sur la conférence de Copenhague sur le climat. Ils ont ensuite réussi à entrer dans les tribunes du public. Une manifestante est même parvenue jusque dans l'hémicycle et a interrompu le débat en cours.

Les militants faisaient partie d'un groupe posté à l'une des entrées de l'Assemblée et qui brandissaient des banderoles portant l'inscription : "Copenhague, aux actes monsieur le président", a témoigné la députée Martine Billard (GDR-PR). Elle avait rejoint les manifestants avec Noël Mamère (Verts) et Geneviève Gaillard (PS).

Les militants ont été rapidement délogés par les force de l'ordre, a précisé Billard.

"Copenhague n’a pas droit à l’échec. Aujourd’hui, rien n’est perdu. Toutes les options sont sur la table", a affirmé Greenpeace peu après dans un communiqué. L'association demande à Nicolas Sarkozy "d'afficher", lors de la conférence de Copenhague le 7 décembre, "ces objectifs : réduire les émissions françaises de 40% d’ici à 2020 et chiffrer à 4,2 milliards d’euros par an la contribution de la France au soutien des pays en développement".

"Le Président ferait ainsi à la tribune de l’Onu un véritable coup d’éclat susceptible de le faire entrer dans l’Histoire", conclut Greenpeace. Le Figaro

Livret A: 20% sont illégaux

Beaucoup de Français possédent deux livrets alors que c'est interdit. Selon les chiffres publiés mardi par Bercy, 1,8 million de personnes possédaient un deuxième Livret A à la fin du mois d'avril.

Selon la loi, un particulier ne peut détenir qu'un seul Livret A. A l'ouverture de la distribution du Livret A en janvier dernier, sur les 5,8 millions de livrets ouverts, 1,3 million appartenait à des personnes déjà détentrices d'un livret. Cette proportion de doublons est passé de 22% en janvier à 20% environ en avril, si bien qu'au bout de quatre mois 1,8 des 8 millions de livrets ouverts étaient des doublons. L'identification des personnes détenant plus d'un Livret A a été rendue possible par l'exploitation du fichier des comptes bancaires Ficoba, qui recense tous les comptes ouverts en France.

 

Amende pour les hors-la loi

 

Au terme de sa refonte, début 2010, le fichier Ficoba permettra à toutes les banques de vérifier si un client possède déjà ou non un Livret A avant de lui en ouvrir un. Sur la base des données récupérées via ce fichier, les services fiscaux ont adressé aux banques des listes de multi-détenteurs. Les banques doivent contacter leurs clients pour les inciter à régulariser leur situation. La loi du 4 août 2008 prévoit une amende correspondant à 2% de l'encours du ou des livrets supplémentaires ouverts par une personne qui détient déjà un Livret A. Si le montant est inférieur à 50 euros, l'amende n'est pas recouvrée. Rémunéré à 1,25%, le Livret A perd cependant de sa popularité. En effet, depuis cinq mois, les retraits sont supérieurs aux dépôts. Le Figaro

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