lundi, 13 juillet 2009

Etape décisive pour le gazoduc Nabucco

Le gazoduc doit réduire la dépendance européenne au gaz russe. Un accord intergouvernemental a été signé ce lundi.

La participation de la Turquie au futur gazoduc européen Nabucco a été entérinée lundi à Ankara, dans le cadre d'un accord intergouvernemental destiné à affranchir l'Union européenne de sa dépendance énergétique à l'égard de la Russie.

Des représentants des cinq pays - Autriche, Hongrie, Roumanie, Bulgarie et Turquie - à l'origine de Nabucco, qui doit relier l'Asie centrale à l'Europe de l'Ouest via la Turquie sur 3 300 km de long,ont signé l'accord en présence du premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, du secrétaire d'État américain à l'énergie Richard Morningstar, du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso et du nouveau conseiller politique de Nabucco, Joschka Fischer, ancien ministre allemand des Affaires étrangères et ardent partisan de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Face à Nabucco se dresse le gazoduc concurrent South Stream, porté sur les fonds baptismaux par le géant gazier russe Gazprom et développé en collaboration avec l'italien ENI.

Depuis plusieurs mois, Ankara négociait âprement avec la Commission européenne, afin de bénéficier de 15 % du débit du gazoduc. Le gouvernement turc a finalement renoncé à ces exigences, mais obtenu la promesse d'importantes rentrées fiscales. La répartition des taxes de transit bénéficiera principalement à Ankara, le gazoduc devant parcourir 2 000 km en territoire turc. La Turquie pourrait recueillir 50 à 60 % des revenus de ces taxes, soit 400 à 450 millions d'euros par an.

 

Un projet de près de 8 milliards d'euros

 

Reste à boucler le financement de 7,9 milliards d'euros du gazoduc, qui devrait entrer en service en 2014 et acheminer jusqu'à 31 milliards de mètres cubes par an en Europe. «Si l'argent est trouvé, même avec un peu de retard, il restera encore à résoudre le plus grand problème : l'approvisionnement en gaz», relève Necdet Pamir, spécialiste turc des affaires énergétiques.

Or l'Azerbaïdjan a infligé une sévère déconvenue aux promoteurs de Nabucco en décidant début juillet d'accorder à Gazprom un accès prioritaire au plus grand gisement du pays, Shah Deniz (500 millions de mètres cubes par an à partir de 2010).

Le président de la compagnie pétrolière d'État azerbaïdjanaise Socar, s'est employé à rassurer ses interlocuteurs européens en affirmant le 10 juillet que son pays continuerait d'approvisionner Nabucco à hauteur des volumes promis, soit 4 milliards de mètres cubes par an. Le même jour, un autre pays producteur de la mer Caspienne, le Turkménistan, a confirmé sa participation au gazoduc.

Bruxelles espère décrocher la même promesse du Kazakhstan et de l'Ouzbékistan, lorgnant à plus long terme sur les réserves en gaz d'Égypte, d'Irak et d'Iran. Le Figaro

mardi, 05 mai 2009

Sarkozy se lance dans la campagne pour les européennes

À Nîmes pour un meeting mardi, le chef de l'État compte défendre son volontarisme européen.

Comment redonner des couleurs au débat anémié sur l'Europe ? À près d'un mois des élections européennes, le 7 juin, Nicolas Sarkozy doit relever ce défi, quand son propre camp peine à donner le ton. Il sera donc mardi soir à Nîmes pour livrer sa vision de «l'Europe d'après». Le chef de l'État sait aussi qu'il n'a pas intérêt à ne pas engager sa majorité dans la campagne politique qui s'annonce. «Les européennes de 2004 ont cumulé le record d'abstention et le vote sanction pour la majorité», explique-t-on dans l'entourage présidentiel en réponse à ceux qui laissent entendre que l'Élysée pourrait se contenter d'une non-campagne.

Les sondages qui donnent l'UMP en tête seraient une bonne raison, selon certains, pour se retrancher derrière cette «ligne Maginot», pendant que chacun mène sa «drôle de campagne». Le dernier sondage Ipsos pour Le Point, qui donne 27 % à l'UMP, indique d'ailleurs que «le taux de mobilisation de l'électorat de droite a rejoint celui de la gauche», selon un sondeur. «Sans doute la grève des enseignants-chercheurs aide-t-elle à remobiliser son électorat contre la chienlit», note au passage un conseiller élyséen.

Nicolas Sarkozy doit emmèner mardi Michel Barnier dans l'avion. Il veut régler avec l'animateur national de la campagne les derniers ajustements attendus avant l'annonce des listes complètes de l'UMP. Car si les têtes de liste de la majorité sont connues depuis le 24 janvier, l'UMP a en revanche perdu depuis tout le bénéfice de l'impulsion qui avait été donnée à l'époque, quand le souvenir de la présidence européenne était encore dans les têtes.

Michel Barnier se trouve lui-même dans une situation difficile. Il avait demandé à quitter le ministère de l'Agriculture début mai pour se consacrer pleinement à la campagne, mais, crise des pêcheurs oblige, il devra mener de conserve les deux tâches. Même s'il affirme qu'il peut «faire campagne le week-end et le soir». Reste au chef de l'État à donner le ton et porter la campagne sur ses épaules… Ce qu'il va s'efforcer de faire mardi soir, à Nîmes. Quatre mille personnes sont attendues pour l'écouter revenir sur les succès de la présidence française et tracer les perspectives de l'Europe de demain.

 

Défendre l'Europe agissante

 

Le 9 mai 2006, Nicolas Sarkozy avait prononcé le deuxième discours de sa campagne présidentielle sur le thème de «La France éternelle». Cette fois, il ajoutera, au côté du drapeau tricolore, le drapeau étoilé de l'Europe des Vingt-Sept. Il devrait appeler au «retour de la politique en Europe», sur le modèle de ce qu'elle a su faire en 2008. Et défendre l'Europe agissante, en reprenant ses positions classiques, notamment contre l'entrée de la Turquie. La question turque a semblé un instant revenir dans le débat politique après la déclaration de Barack Obama en faveur de son intégration dans l'Union européenne, le 4 avril dernier, à Prague. Mais elle n'a pas depuis rallumé les passions.

C'est toute la difficulté d'un discours mobilisateur sur l'Europe. L'Élysée ne s'en étonne pas. «L'Europe a disparu du paysage avec la présidence tchèque», glisse un collaborateur du chef de l'État. Car, pour que l'Europe avance, il lui faut un leadership fort, or l'actuel traité de Nice ne le lui permet pas. La non-ratification du traité de Lisbonne ôte également au Parlement européen l'occasion de proclamer ses nouveaux pouvoirs, et elle reporte à plus tard la nomination d'un président du conseil pour deux ans et demi.

L'Élysée souligne que l'autre raison du désintérêt des Français pour la campagne européenne tient aux huit circonscriptions décentralisées : «Le nouveau système détruit les campagnes nationales sans favoriser les vraies campagnes locales», résume Henri Guaino, la plume du président pour le discours de ce soir. Mardi soir, le chef de l'État devra remonter le courant pour convaincre qu'on ne peut pas «changer la France sans changer l'Europe». Le Figaro

dimanche, 15 mars 2009

Nous serons ambitieux

Crise financière : pourquoi nous serons ambitieux
au sommet de Londres

Alors que les ministres des Finances du G20 se réunissent ce week-end pour préparer le sommet de Londres, qui aura lieu dans trois semaines, la ministre de l'Économie et des Finances lance un appel en faveur de réformes d'envergure pour restructurer le système financier mondial.

La Conférence économique mondiale s'est ouverte à Londres… il y a 76 ans. Le 12 juin 1933, pour mettre un terme aux désordres monétaires et aux guerres commerciales, 66 pays se retrouvaient dans la capitale britannique et tentaient de tirer les leçons de la grande dépression. Après plusieurs mois de négociations, les conférenciers se séparaient sur un constat d'échec.

Le 2 avril 2009, les chefs d'État et de gouvernement reprendront le chemin de Londres pour apporter une réponse à une crise économique et financière d'une ampleur sans précédent. Nous ne pouvons pas laisser l'histoire se répéter et l'inaction collective prévaloir, au risque de nous ramener aux impasses politiques et économiques des années 1930.

Pour préparer cette échéance, les ministres des Finances se réuniront ce week-end. Je proposerai à mes partenaires de poser les bases d'un système financier rénové fondé sur de nouvelles règles, les principes de responsabilité et de transparence.

Nous devons réagir ensemble en urgence à la dégradation de la conjoncture économique et à l'instabilité financière. C'est le rôle des plans de relance et des plans de sauvetage financiers mis en place, pour la première fois dans l'histoire, simultanément en Europe, aux États-Unis et dans certains grands pays d'Asie. Les plans européens sont plus importants que ne le disent certains : ils représentent 400 milliards d'euros, soit 3,3 points de PIB, en incluant les stabilisateurs automatiques. C'est aussi le rôle des institutions financières internationales d'apporter un soutien massif aux pays les plus fragilisés.

Mais il nous faut aller au-delà en redéfinissant les principes fondateurs et les règles de fonctionnement du système financier. Nous ne pouvons nous contenter de traiter les symptômes et réaliser demain que nous avons engagé un effort budgétaire considérable sans prendre les mesures structurelles d'accompagnement. Il faut plus de transparence et de responsabilité, une meilleure régulation et une supervision efficace. Je suis convaincue que nous ne sortirons de la crise qu'en mettant fin aux zones d'ombre du système financier, soit en étendant significativement le champ de la régulation et du contrôle. Comment imaginer faire revenir la confiance entre les acteurs, quand certains échappent aux règles ?

Lors du sommet de Washington, le 15 novembre 2008, l'Union européenne avait proposé un principe fondamental : tous les marchés, tous les territoires et tous les acteurs présentant des risques pour le système financier dans son ensemble doivent être l'objet d'un contrôle ou d'une surveillance. Ce principe, adopté par tous les participants, doit être mis en œuvre, au risque de bousculer des habitudes et des rentes de situations confortables : ce sera un test de notre détermination.

Nous devons ainsi surveiller de près les acteurs des marchés financiers comme les hedge funds. Il n'est pas acceptable que certains, qui représentent jusqu'à plus de 50 % des transactions sur les Bourses, ne soient pas enregistrés et soumis à des règles de transparence. La supervision des banques doit elle aussi être renforcée pour prendre en compte leur exposition à l'égard de ces fonds.

Cette même exigence s'applique aux agences de notation, dont les dysfonctionnements ont contribué à la formation de la crise. Les principes sont simples : des règles plus strictes, notamment en matière de conflits d'intérêts, une échelle de notation spécifique pour les produits complexes et une publication régulière de leur performance. L'Europe s'est engagée en ce sens avec l'adoption prochaine d'un règlement européen préparé sous présidence française. Nous attendons de tous nos partenaires qu'ils en fassent autant.

Lutter contre les zones d'ombre, c'est aussi mettre un terme à l'attitude des États qui refusent la coopération internationale dans les domaines de la fiscalité, de la lutte contre le blanchiment ou de la prévention des risques financiers. Nous ne construirons pas un système plus sûr en maintenant la possibilité d'échappatoires à ceux qui ne veulent pas respecter les règles. L'Allemagne et la France sont prêtes à aller très loin : nous demandons que soient établies des listes de ces pays non coopératifs et que nous ayons une boîte à outils de sanctions. À tout le moins, une banque qui décide de travailler avec un pays ne respectant pas les meilleurs standards dans le domaine prudentiel devra en faire état publiquement chaque année. Son superviseur devra lui imposer des contreparties financières, en réponse à ces risques supplémentaires.

Je proposerai aussi à mes collègues de replacer le principe de responsabilité au cœur d'un système qui avait perdu le sens de la mesure. Les modalités de rémunération des opérateurs de marché sont représentatives des erreurs collectives qui ont été commises. La priorité était donnée au très court terme et tout pouvait inciter à prendre des risques excessifs. Je propose que nous revoyions ces principes en différant le versement des bonus dans le temps, pour prendre en compte la rentabilité finale des opérations. En un mot : pas de bonus en cas de positions perdantes.

Enfin, les normes comptables doivent également refléter cette approche responsable. Leur rôle est d'amortir les chocs et non de les amplifier. Lorsque la conjoncture est favorable, les banques doivent constituer des provisions pour garantir une plus grande solidité du secteur financier lors des ralentissements économiques. Par ailleurs, il ne doit plus être possible d'élaborer ces normes sans donner toute leur place aux acteurs publics et sans un objectif clair de stabilité financière. C'est la raison pour laquelle j'ai appelé à une réforme de la gouvernance de l'IASB.

Toutes ces propositions, la France et ses partenaires européens, au premier rang desquels l'Allemagne, avec laquelle nous avons travaillé étroitement, les soumettront aux pays participant aux G20 pour que nous puissions agir ensemble. De même qu'une relance nationale est moins efficace qu'un effort coordonné, renforcer la régulation du secteur financier dans une région du monde en laissant le laxisme prévaloir ailleurs n'a pas de sens dans un monde globalisé. La concurrence entre les systèmes de normes et le moins-disant réglementaire ayant aussi leur part dans cette crise, nous devons y mettre fin pour nous attaquer à ses causes.

Dans trois semaines, au sommet de Londres, tout ne sera pas réglé. Mais nous devons donner des signes clairs d'une véritable ambition collective. Non seulement pour lutter contre la crise, sauver les banques et réformer la gouvernance mondiale, mais aussi réformer le système financier vers plus de responsabilité, de transparence et une régulation renforcée. La France et l'Europe y sont prêtes. L'histoire nous a enseigné qu'il était risqué de manquer certaines occasions. La France et l'Europe ne manqueront pas, j'en suis convaincue, celle de Londres. Les ministres des Finances sauront s'y appliquer. (Le Figaro)

Le G20 et la crise

Le G20 fait front commun
face à la crise financière

Les ministres des Finances et les banquiers centraux du G20 étaient réunis samedi à Horsham, dans le sud de Londres, à vingt jours d'un sommet international qui se tiendra dans la capitale britannique. Crédit photo : AFP.
En dépit de rumeurs de divergences en son sein, le G20 a montré un visage uni samedi dans une réunion de ses ministres des Finances à Londres. Et assure qu'il prendra «toutes les mesures nécessaires» pour relancer l'économie mondiale.

Pas de division sur la crise financière. Tel était le mot d'ordre donné aux ministres des Finances du G20 réunis samedi à Londres, à une vingtaine de jours du prochain sommet international, et après des rumeurs de divergences au sein du groupement. Et à l'instar du président américain Barack Obama, affirmant depuis Washington que le G20 était absolument uni sur le sujet, l'ensemble des ministres a assuré vouloir faire front commun pour relancer l'économie mondiale.

«Toutes les mesures qui seront nécessaires jusqu'à ce que la croissance soit restaurée seront prises» par le G20, a ainsi affirmé le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, résumant l'esprit du communiqué final des ministres et banquiers centraux du G20 réunis à Horsham, dans le sud de Londres. Quant à d'éventuels plans de relance supplémentaires, les ministres ont indiqué que leurs pays étaient décidés à faire les efforts budgétaires nécessaires pour restaurer la croissance, et que ces efforts seraient évalués par le Fonds monétaire international (FMI). Mais d'abord, ils vont commencer par «appliquer sans délai les mesures exceptionnelles déjà annoncées».

Par ailleurs, le retour de la circulation du crédit est «la priorité», et les problèmes du système financier seront combattus «là où c'est nécessaire», indique le communiqué. Et le G20 de s'engager à nouveau à «faire le nécessaire pour assurer la santé des institutions financières d'importance systémique».


Les banques centrales prêtes à créer de la monnaie

Les banques centrales se sont elles aussi engagées à maintenir des politiques «expansionnistes» aussi longtemps que nécessaire, «y compris par des instruments non conventionnels», c'est-à-dire en créant de la monnaie. Le G20 a aussi souligné le «besoin urgent» d'augmenter très significativement les ressources du Fonds monétaire international (FMI).

Un chapitre important du communiqué est également consacré à la réglementation. Les ministres recommanderont à leurs chefs d'Etat l'enregistrement des fonds spéculatifs et vont également demander l'enregistrement des agences de notation financière, considérées parfois comme ayant aggravé la crise des «subprimes» par des notes trop généreuses sur des produits dangereux.


Accord sur les paradis fiscaux

Ils ont enfin fait une allusion aux paradis fiscaux contre lesquels luttent particulièrement la France et l'Allemagne, en se disant d'accord pour que ces «juridictions non coopératives» soient identifiés par les organismes internationaux concernés, et qu'une «boîte à outils» de «contre-mesures» contre eux soit développée. (Le Figaro)

samedi, 14 mars 2009

L'Afrique a besoin d'actions urgentes

Face à la crise économique mondiale : l’Afrique a besoin d’actions urgentes

C`est le sens de la Déclaration présentée hier a Dar es Salaam a la clôture de la conférence de haut niveau organisée par le FMI et le gouvernement de Tanzanie.

C’est par une conférence de presse animée par le président de la République Unie de Tanzanie, Jakaya Kikwete et le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, que s’est achevée hier dans la capitale tanzanienne, la conférence sur le thème, «Changer: nouveaux défis et nouveaux partenariats pour la croissance en Afrique».

Répondant aux questions des journalistes travaillant pour les plus grands médias internationaux, du reste partenaires de l’organisation des assises, Dominique Strauss-Kahn a révélé que lors de la réunion du G20 prévue à Londres en avril prochain, les préoccupations de l’Afrique seront exprimées et défendues entre autres par l’Afrique du Sud, le Premier ministre éthiopien invité par son homologue britannique, la Banque mondiale, et surtout le FMI qui, par la bouche de son directeur général, «s’est engagé à porter la voix de ceux qui se sont exprimés pendant deux jours à Dar es Salaam». Le patron du FMI a ajouté que «les pays européens ne doivent pas seulement se consacrer à la résolution de leurs propres problèmes, mais ils doivent également être au chevet des pays en développement affectés par une crise économique provoquée par les autres». Tirant les leçons de deux jours de travaux, Dominique Strauss-Kahn a déclaré que «les débats ont été francs, vifs et parfois critiques», et se sont achevés sur la promesse d’une collaboration dorénavant plus fructueuse et forte entre l’Afrique et cette institution de Bretton Woods.

Aprés avoir évalué l’impact de la crise sur l’avenir des économies du continent, une Déclaration conjointe de Jakaya Kikwete, Dominique Strauss-Kahn et Kofi Annan du Panel pour le progrès en Afrique, insiste sur le fait que l’Afrique a besoin d’actions urgentes pour faire face à la crise économique. «Au moment où les dirigeants des pays du G20 se préparent à se rencontrer au mois d’avril, il est vital d’apporter des réponses aux besoins de l’Afrique...Nous sommes inquiets sur l’énorme coût humain de cette crise et de son potentiel à mettre en péril la paix et la stabilité», peut-on lire.

Les trois personnalités indiquent par ailleurs que la solidarité globale est essentielle si nous devons surmonter les défis auxquels l’Afrique et le monde font face. Elles se disent convaincues que «L’Afrique doit faire partie de la solution à la crise économique mondiale et doit être représentée dans l’architecture financière internationale en construction».

Reprenant la Déclaration conjointe publiée à la fin de la conférence par les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales africaines, la Déclaration de Dar es Salaam rappelle que celle-ci appelle à une série d’actions pour protéger et soutenir les récents progrès de l’Afrique en matière de réduction de la pauvreté et de croissance. En effet, les participants aux travaux ont exprimé trois attentes fortes:

1-La communauté internationale doit tenir les promesses déjà faites d’augmenter les flux d’aide de manière significative. Il y a un besoin urgent de ressources pour les plus pauvres, notamment à travers le doublement des ressources concessionnelles du FMI. Les pays doivent aussi poursuivre leurs efforts pour ouvrir davantage le commerce avec les pays africains.

2-Les nations africaines doivent continuer à renforcer leurs politiques économiques et assurer la bonne gouvernance, qui ne peut être sacrifiée en ces temps de crise. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour créer un environnement attractif pour les investissements privés.

3- le FMI doit augmenter son aide à l’Afrique à travers un financement accru, une plus grande flexibilité, un dialogue plus nourri sur les politiques et un renforcement de la voix de l’Afrique au sein du Fonds. (Cameroon Tribune)

Lutte contre le Vih/Sida

Lutte contre Vih/Sida : bientôt une coordination nationale des actions de l’Eglise Catholique

Caritas-Développement Congo, à travers son Service de Promotion de la Santé, vient d’organiser un atelier de deux jours sur le montage institutionnel du programme d’actions des Orientations Pastorales de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) dans la lutte contre le Vih/Sida en République Démocratique du Congo.

Ces travaux se sont déroulés du 06 au 07 mars 2009 au Centre «Grandissons ensemble» dans la commune de la Gombe, rapporte caritasdev.cd. Ils ont regroupé une vingtaine des participants provenant du ministère de la Santé, du PNUD/Fonds Mondial, de l’ONUSIDA, du Programme National Multisectoriel de Lutte contre le Vih/Sida (PNMLS), du Secrétariat général de la CENCO ainsi que de différents Services et Cellules de la Caritas-Congo. Il s’est principalement agi de discuter sur le montage institutionnel du Programme National de Lutte contre le Vih et le Sida au sein du réseau catholique pour permettre une mise en œuvre harmonieuse, plus efficace et synergique des Orientations Pastorales de la CENCO. L’atelier a donc défini les mécanismes de coordination des activités afférentes à la mise en route de ce programme.

Pour rappel, ces assisses rentrent dans le cadre du processus de consolidation de l’action de l’Eglise catholique de la République démocratique du Congo dans la lutte contre la pandémie du Sida tel que décidé par le Comité Permanent des Evêques de la RDC en 2006. Ce processus, qui est implémenté à travers le Service de Promotion de la Santé de la Caritas-Développement Congo, a connu plusieurs étapes ayant abouti à l’élaboration d’un document intitulé : «Orientations Pastorales de la CENCO dans la lutte contre le Vih/Sida en RDC».

En réalité, ce document définit la vision et les stratégies de l’Eglise catholique qui est en République démocratique du Congo en matière de cette lutte. Un programme d’actions avec un budget estimatif pour une période de trois ans a été élaboré de matière participative au niveau des 47 Diocèses, puis consolidé au niveau national, dans le but de matérialiser ces Orientations Pastorales. (Agenzia Fides)

Un G20 divisé

Londres accueille un G20 divisé sur la relance


Les ministres des Finances et les banquiers centraux du G20 se retrouvaient vendredi et samedi, au South Lodge Hotel, un luxueux établissement du sud de Londres, pour une journée de travail consacrée à la crise économique et financière.
Les États-Unis ont reçu le renfort du Japon, qui a annoncé un troisième plan de relance. L'Europe refuse d'en faire plus de son côté.

Le succès soudain obtenu par le G20 sur les paradis fiscaux, avec une levée partielle du secret bancaire en Europe, n'a pas suffi à éteindre la polémique transatlantique sur les plans de relance. Les États-Unis qui consacrent 5,6 % de leur PIB à la relance accusent l'Europe de ne pas en faire assez. «Les plans de relance sont en deçà de l'objectif du FMI, à 2 % du PIB» a regretté, vendredi, Robert Zoellick, le patron de la Banque mondiale, en arrivant à Londres.

Comme le FMI, la Banque mondiale pronostique une récession mondiale pour 2009. Jeune vedette du G20, Tim Geithner, le nouveau secrétaire au Trésor va plaider pour une relance mondiale à 2 % de PIB. «L'action du gouvernement américain commence à payer» , se félicite Larry Summers, conseiller économique de la Maison-Blanche, citant les derniers chiffres des ventes de détails qui semblent stabilisées.

Les Américains font un «faux procès» aux Européens, pour éluder la question de la régulation financière, rétorque-t-on à Paris, Berlin et Bruxelles. L'Union européenne dans son ensemble consacre 400 milliards d'euros à sa relance, soit 3,3 % de son PIB, si l'on prend en compte les «stabilisateurs automatiques» , notamment les indemnités chômage plus généreuses en Europe qu'aux États-Unis.

Craignant que les tensions sur les comptes publics mettent en danger la zone euro, l'Europe refuse de dépenser plus. «Nous ne pensons rien de bon de l'idée d'un nouveau paquet de mesures» , a répété vendredi Angela Merkel.

Sans le dire, les Européens endossent le costume de «passagers clandestins» de la relance mondiale. Riche en réserves de change, l'Asie promet de nouvelles dépenses publiques pour contrer les effets de la crise. Tokyo a annoncé vendredi un troisième plan de relance de 160 à 240 milliards d'euros. «Nous sommes tous d'accord sur la nécessité d'une meilleure régulation du secteur financier», a déclaré le ministre des Finances japonais, «mais ces actions sont-elles nécessaires en période de crise ?» s'interroge Kaoro Yosano, dans le Financial Times .«Ce que nous voulons à ce stade, c'est sauver la vie de l'économie mondiale, et non discuter de l'état de sa barbe !»

En Chine, le premier ministre, Wen Jiabao, n'a pas exclu vendredi de voler à nouveau au secours de son économie, en doublant, s'il le faut, son plan de relance de 455 milliards d'euros pour tenir son objectif de 8 % de croissance. Premier créancier des États-Unis, la Chine s'inquiète, en revanche, de l'impact possible du dérapage des finances publiques américaines sur ses avoirs en dollars. «Nous serons des gestionnaires avisés de l'argent que nous investissons», a assuré vendredi Larry Summers.

Hôte de la réunion du G20, le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, s'efforce de calmer le jeu entre Européens et Américains. «Il n'y a pas de clivage sur la manière de combattre la crise financière mondiale», assure le chancelier de l'Échiquier.


Actifs «toxiques»

Officiellement Alistair Darling soutient la position américaine d'aides massives en faveur de la relance de l'économie. Mais avec un déficit public à 10 % du PIB, aucune nouvelle mesure fiscale n'est à attendre de son prochain budget. Pour tenter de concilier les deux rives de l'Atlantique, Londres met l'accent sur la nécessité de relancer le crédit, en nettoyant le bilan des banques de leurs actifs «toxiques» pour redonner de l'air à l'économie. Les Britanniques sont pionniers dans le sauvetage des banques. Ils ont nationalisé et garanti plus de 500 milliards de livres d'actifs à risques. Une solution saluée par le G20, même si certains pays, comme la France, s'inquiètent de possibles distorsions de concurrence.

Les chances pour Gordon Brown d'arracher un succès au sommet du 2 avril ont été douchées par une déclaration de Washington. Barack Obama n'a pas l'intention de «négocier des engagements spécifiques » au G20, a fait savoir son porte-parole. (Le Figaro)

Relations entre Chine et France

Wen Jiabao ouvre la porte aux retrouvailles avec la France

Le premier ministre chinois a toutefois mis en garde Paris vendredi contre toute nouvelle rencontre au sommet avec le dalaï-lama.

Pour réchauffer les relations entre la Chine et la France, la balle est toujours dans le camp français, mais Pékin est ouvert aux retrouvailles. C'est en substance le message qu'a fait passer vendredi le premier ministre chinois. Wen Jiabao a appelé Paris à «adopter une attitude claire sur la question du Tibet, afin de restaurer le plus vite possible les relations entre la Chine et la France» , lors d'une conférence de presse à l'issue de la session annuelle du Parlement. Il n'a cependant pas précisé quel geste concret il attendait du gouvernement français. En ajoutant que la Chine avait été blessée par un rendez-vous «à haut profil » entre le dalaï-lama et Nicolas Sarkozy, il a sous-entendu que le fait que ce rendez-vous ait eu lieu alors que le chef de l'État était président en exercice de l'UE avait été un facteur aggravant. Le Quai d'Orsay a réafirmé vendredi, que la France n'est «pas favorable à une indépendance du Tibet». Les dirigeants français et chinois se croiseront à l'occasion du G20 à Londres début avril.

Interrogé sur les demandes faites à la Chine par le Congrès américain, l'Administration Obama ou le Parlement européen de renouer le dialogue avec le dalaï-lama, le premier ministre a dit que «la porte (était) ouverte» à ses émissaires, sous réserve qu'il renonce à ses menées «séparatistes». La confiance, cependant, est loin de régner. Il a rappelé que le dalaï-lama ne devait pas être vu comme un «simple religieux », mais qu'il était aussi une «personnalité politique en exil». Alors que le Tibet vit aujourd'hui le premier anniversaire des émeutes du printemps dernier, Wen Jiabao a affirmé que la situation y était «calme et stable».

Sur le volet économique, Wen Jiabao n'a pas caché ses inquiétudes, reconnaissant qu'atteindre l'objectif de 8 % de croissance était encore «possible », mais serait «difficile» et que le problème du chômage était préoccupant. Confiant sur l'efficacité du plan de 450 milliards d'euros, il n'a pas exclu de nouvelles mesures de relance, si nécessaire, ayant des «munitions en poche». Au passage, le premier ministre chinois a confié être «soucieux» de tout l'argent prêté à Washington et appelé les États-Unis à sécuriser ces actifs.


Main tendue américaine

Cette relation économique et financière si étroitement imbriquée entre Chine et États-Unis a été au cœur des entretiens que le chef de la diplomatie chinoise Yang Jiechi a eu à Washington ces jours derniers. En le recevant, Barack Obama a exprimé le souhait de «renforcer la coopération» entre les deux pays en ces temps de crise mondiale. Mais la Maison-Blanche a précisé qu'avaient aussi été évoqués des sujets plus sensibles, comme les droits de l'homme et le Tibet. Et, bien sûr, l'incident naval de mer de Chine, dont le président américain a déclaré vouloir éviter toute répétition à l'avenir. Dans le même temps, les Américains n'ont pas baissé le pavillon, en faisant savoir que leur navire de surveillance serait désormais escorté par des destroyers lourdement armés en ces eaux chaudes. Pékin a protesté vendredi contre cette «réponse inappropriée». (Le Figaro)

Le secret bancaire de Suisse, Autriche et Luxembourg

La Suisse, l'Autriche et le Luxembourg cèdent aussi
sur le secret bancaire


Après la Belgique, le Liechtenstein et l'Andorre, les trois pays ont annoncé vendredi qu'ils prendront des mesures visant à assouplir leur secret bancaire. Nicolas Sarkozy s'est félicité de ces annonces.

Les derniers bastions du secret bancaire rendent les armes les uns après les autres. Après l'Andorre, le Liechtenstein et la Belgique jeudi, la Suisse, l'Autriche et le Luxembourg ont décidé de se ranger derrière les normes de l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) en matière de lutte contre l'évasion fiscale. Ainsi, après avoir résisté aux attaques contre sa législation, la Confédération helvétique s'est engagée vendredi à renforcer l'échange d'informations avec d'autres pays, au «cas par cas» et sur «demande concrète et justifiée». Le ministre des Finances, Hans-Rudolf Merz a cependant apporté une petite nuance puisque le gouvernement «ne veut pas toucher au secret bancaire». De son côté, l'Autriche, également dans le collimateur de l'OCDE, a accepté de «fournir des informations bancaires si des soupçons justifiés et argumentés lui sont présentés, y compris en l'absence de procédure pénale», a déclaré le ministre autrichien des Finances, Josef Pröll. Tout comme la Suisse, l'Autriche ne modifiera pas sa législation relative au secret bancaire.

Autre place financière appliquant le secret bancaire, le Luxembourg est également prêt à assouplir sa position en acceptant notamment d'échanger des informations avec d'autres pays en cas de soupçons de fraude fiscale, selon une déclaration du ministre du Trésor et du Budget, Luc Frieden.


«De réels progrès sont en train de s'accomplir»

Hors Europe, Singapour, Hong Kong ou encore les îles Caïmans ont exprimé leur intention de participer à des échanges d'informations fiscales. Ces gestes conciliants interviennent alors que se profile le sommet du G20 à Londres. La lutte contre les paradis fiscaux sera au cœur des débats. Les pays pointés du doigt espèrent, en lâchant du lest, éviter d'être mis au ban de la communauté internationale.

L'OCDE a favorablement accueilli ces différentes initiatives. Pour son secrétaire général, Angel Gurria, ces annonces «ont donné une impulsion bienvenue aux efforts entrepris pour promouvoir la transparence et l'échange de renseignements fiscaux. De réels progrès sont en train de s'accomplir.»

Le président français Nicolas Sarkozy s'est réjoui vendredi des décisions de la Suisse, du Luxembourg et l'Autriche, les attribuant à la «fermeté» et au «volontarisme» de la France et de l'Allemagne sur le sujet. Cette démarche «va vraiment dans le bon sens», a jugé le président de la République. (Le Figaro)

Les humanitaires pas encore libérés

Darfour: humanitaires encore pas libérés

Les membres de l'organisation humanitaire Médecins sans Frontières (MSF) pris en otages au Darfour, dans l'ouest du Soudan, "n'ont pas encore été libérés" mais le seront "bientôt", a déclaré ce matin un haut responsable soudanais sous le couvert de l'anonymat.
"Ils sont en bonne santé", a précisé le responsable.
Quatre membres de MSF, un Français, un Italien, une Canadienne et un Soudanais, ont été enlevés mercredi dans le secteur de Kabkabiya, à la lisière du Darfour-Nord et du Darfour-Sud.

Le ministère italien des Affaires étrangères avait annoncé vendredi soir leur libération sains et saufs citant des sources gouvernementales soudanaises, mais avait indiqué plus tard dans la nuit dans un communiqué "qu'en l'absence de contacts entre MSF et ses membres", il cherchait à vérifier ses informations.
Le Canada et la France ont également indiqué hier soir avoir été "informés" par Khartoum de la libération des otages, mais ne pas être en mesure de confirmer l'information.
Des responsables de MSF à Bruxelles et Nairobi avaient également indiqué avoir été informés par les autorités soudanaises de la libération de leurs collègues, mais ne pouvaient confirmer leur libération puisqu'ils n'avaient pas eu de contacts directs avec eux.
Selon des sources italiennes de MSF citées par l'agence de presse italienne Ansa, les trois Occidentaux et leur collègue soudanais ont été relâchés vendredi sans qu'aucune rançon ne soit payée. "Il y a eu une pression énorme pour leur libération", a commenté l'une des sources de MSF.
Le gouverneur du Darfour-Nord, Osmane Mohammed Yousif Kibir, avaient indiqué plus tôt que les ravisseurs, qui n'ont pas été identifiés, avaient demandé une rançon.
Un des principaux groupes rebelles du Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), a cependant accusé un chef de milice arabe traditionnellement allié du gouvernement de Khartoum d'être responsable du rapt.
L'enlèvement est survenu alors que les relations sont tendues entre Khartoum et l'Occident après l'expulsion de 13 des plus importantes ONG actives au Darfour, où la guerre civile a fait 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés depuis 2003 selon l'ONU. Khartoum chiffre le nombre des morts à 10.000.
Ces expulsions sont la réponse de Khartoum au mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président Omar el-Béchir pour crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour.
L'ONU estime déjà à plus d'un million le nombre de personnes affectées par l'expulsion des ONG. Khartoum conteste ce chiffre et assure être en mesure de "combler le vide" laissé par le départ des ONG qui mettaient en oeuvre des programmes de l'ONU, comme la distribution des denrées alimentaires. (Le Figaro)

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