vendredi, 06 novembre 2009
Le palmarès 2009 des préfectures
C'est désormais une tradition, chaque année, Marc le Fur, vice-président de l'Assemblée nationale, publie son classement des préfectures. Combien de temps pour un permis de conduire, un passeport ou une carte grise? La réponse, département par département.
Pour la troisième année consécutive, le député (UMP) Marc Le Fur distribue bons points et bonnets d'âne aux différentes préfectures de France, à travers son Rapport sur l'administration générale et territoriale de l'Etat.
La méthode est simple: à partir des données fournies par le ministère de l'Intérieur, Marc le Fur mesure les temps d'attente moyens en préfecture pour l'obtention de différents titres, carte d'identité, permis de conduire, permis de construire, de certificats d'immatriculation des véhicules...
Les résultats sont... surprenants. Si, par exemple, vous désirez obtenir une nouvelle carte d'identité, il suffit d'un peu moins de deux jours en Corrèze quand il en faudra vingt dans les Bouches-du-Rhône!
Le territoire de Belfort au top, le Gard fait un flop
Le député des Côtes-d'Armor relève que le Territoire de Belfort, la Lozère et la Nièvre composent le podium des départements où les files d'attente sont les moins démoralisantes. A l'autre bout du classement, le Gard, les Bouches du Rhône et la Gironde.
Au premier abord, ce palmarès peut paraître inutile: il est logique que les départements les moins peuplés arrivent en tête. Comme l'admet Marc le Fur, "les petits départements sont toujours plus favorisés, car ils ont moins de demandes à traiter".
Plus pertinentes, en revanches, les inégalités de dotations entre les différentes préfectures de France. "Pourquoi un département comme le Pas-de-Calais compte une faible densité d'agents publics (3,17 pour 10 000 habitants), alors que la Meuse (7,89) ou les Hautes-Alpes (9,42) ont une densité d'agents beaucoup plus élevée?" s'interroge le député.
Son rapport a donc le mérite de soulever la question cruciale des différences d'organisation entre départements. En revanche, il reste muet sur les réponses à y apporter.
"Notre souci est de mettre en exergue ces réalités, aider les préfectures à se situer dans le temps et dans l'espace pour les motiver et de placer l'interrogation au niveau local, se justifie Marc le Fur. Aucune réflexion globale n'a été entamée sur la répartition des effectifs depuis notre précédent rapport, aucune inspection n'a été diligentée". Autrement dit, "les préfectures s'en foutent!"
Une future loi d'intéressement dans les administrations?
Mais le député refuse de s'apitoyer. Si les préfectures, malgré quelques efforts non négligeables, ne remédient pas d'elles-mêmes aux dysfonctionnements constatés, une loi pourra les y pousser.
Comme le révèle Marc le Fur, il réfléchit, avec d'autres élus, "à des intéressements dans les administrations sur des critères tangibles (primes financières), non pérennes (pas d'acquis d'une année sur l'autre) avec des objectifs expliqués et dialogués."
Le dispositif s'applique déjà pour la police ou la gendarmerie, depuis le passage d'un certain Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur: les forces de l'ordre reçoivent une prime si le nombre d'affaires solutionnées excède les objectifs.
Pour le moment, Marc le Fur préfère ne pas donner de date pour une possible loi. Il se veut prudent: "L'administration ne peut fonctionner dans une logique d'entreprise où les primes sont calculées en fonction du résultat. On pourrait plutôt raisonner en terme de délais, comme dans le rapport."
Cette année encore, ce palmarès ne dépassera donc pas le stade de la "saine émulation ENTRE les préfectures" pour atteindre celui de la "saine émulation DANS les préfectures". L'Express
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