jeudi, 05 novembre 2009

Rama Yade dans l'oeil du cyclone

L'Élysée et ses collègues du gouvernement lui reprochent de manquer d'esprit collectif.

L'Élysée est las. Et le président bat froid son ancienne protégée. «Il n'a pas eu Rama Yade au téléphone», souligne un de ses proches conseillers à propos de la secrétaire d'État qui confiait mardi dans Le Monde n'avoir «jamais autant vu» Nicolas Sarkozy «ces derniers jours». Mercredi, en Conseil des ministres, le chef de l'État a rappelé aux membres du gouvernement la nécessité d'«être solidaire». Un avertissement général qui visait surtout Rama Yade, pourtant absente de la table du conseil.

Rama Yade n'a jamais été aussi isolée. Elle essuie aussi depuis plusieurs jours les critiques répétées et acrimonieuses de ses collègues. Après avoir fait entendre sa voix - discordante - sur la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l'Epad, après avoir refusé - momentanément peut-être - de conduire la liste départementale du Val-d'Oise pour les régionales de 2010, ses positions sur la suppression des avantages fiscaux aux sportifs de haut niveau ont été la goutte d'eau.

Et, cette fois, les critiques n'émanent plus seulement la secrétaire d'État à la Famille, Nadine Morano. Les ministres, plus discrets et peu connus pour être des adeptes des petites phrases, se lâchent à leur tour. Ils sont lassés de voir une jeune ministre, encartée à l'UMP en 2005, nommée au gouvernement en 2007, manquer à la solidarité gouvernementale. Pour le ministre du Budget, Éric Woerth, elle «va toujours dans le sens de l'opinion publique et de sa clientèle» et «n'est pas courageuse». La ministre de l'Économie, Christine Lagarde, d'ordinaire si discrète, s'est permis une remarque : «Il faut apprendre les règles du jeu», a-t-elle dit mercredi.

Loin des micros, les critiques sont encore plus virulentes. «Si elle-même était ministre, elle n'accepterait pas que son secrétaire d'État s'affranchisse de sa tutelle comme elle le fait avec Bachelot. Autrement dit, Rama ne supporterait pas Rama.» Un autre ministre : «Ce qui ressort de tout cela, c'est une impression d'amateurisme.» Pour l'heure, il n'y a que la candidate UMP en Ile-de-France pour les régionales de 2010 Valérie Pécresse qui, vaille que vaille, défende sa porte-parole de campagne. «C'est à se demander si elle n'est pas devenue la porte-parole de Rama Yade», s'amuse un conseiller. Pour combien de temps ? «Rama est un bloc de sérénité», affirme l'entourage de la secrétaire d'État. Le Figaro

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