lundi, 17 novembre 2008

Les Démocrates chrétiens du Congo

Déclaration politique de la convention des démocrates chrétiens, en rapport avec la situation de guerre prévalant dans le pays.

Nous, membres de la Convention des démocrates Chrétiens, «C.D.C. » en sigle, réunis au siège les 05, 06, Il et 13 novembre 2008, avons fait un tour d’horizon de la situation générale du Pays, spécialement de l’insécurité au Nord, au Nord-Est et à l’Est de la République, publions la déclaration suivante:
1. condamnons fermement le recours et l’usage des armes comme moyen d’accéder au pouvoir et exigeons du CNDP de s’en tenir aux seules voies constitutionnelles et légales en vue d’exposer et de défendre sa cause;
2. fustigeons dans le chef des dirigeants et acteurs politiques congolais le non respect de la parole donnée et du gouvernement de la République, la passivité voire la complicité dans le traitement des dossiers liés à la souveraineté du pays et à l’intégrité du territoire national;
3. condamnons la légèreté avec laquelle le Programme Amani a été géré;
4. dénonçons avec force la destruction délibérée de l’armée nationale notamment par
• la nomination et l’affectation des officiers supérieurs et généraux sans profil requis aux dépens des officiers formés et compétents;
• le détournement des deniers publics destinés à l’équipement, l’entretien et la solde des troupes ainsi que l’enrichissement sans cause et scandaleux de certains officiers supérieurs et généraux;
• l’impunité qui caractérise la gestion de l’armée, au regard des défaites répétées et des abandons d’armements ainsi que de la multiplication des actes d’assassinat, de viol, de pillage et de vandalisme au détriment de la population congolaise;
5. condamnons l’attitude ambiguë de la communauté internationale qui, après avoir facilité et organisé l’arrivée des réfugiés rwandais en 1994 sur le sol congolais, au nom de l’humanisme, laisse à la seule RDC la responsabilité de gérer ce lourd fardeau consécutif au génocide rwandais et affiche, à travers la Monuc, un comportement indigne: pédophilie, commerce des matières précieuses, vente d’armes et munitions, collusion avec les forces négatives et/ou autres groupes armés congolais. De ce qui précède, recommandons:
1. Au Chef de l’État, de :
• respecter son serment constitutionnel de maintenir l’indépendance et l’intégrité du territoire national, de sauvegarder l’unité nationale;
• privilégier, sans exclusive, le dialogue avec toutes les couches de la population et de ne ménager aucun effort pour ramener au bercail tous les Congolais égarés;
• doter le pays d’une vraie armée républicaine, au service de la Nation, conformément aux prescrits des articles 187, 188, 189 et 190 de la Constitution;
2. Au Parlement, de :
• se saisir désormais de toute question mettant en péril la vie et l’avenir de la Nation et de diligenter une commission parlementaire d’enquête chargée de faire l’état des lieux de nos forces armées (effectifs, finances, niveau de formation, gestion de la guerre, etc.) ;
3. Au Gouvernement, de :
• restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national et de réaffirmer que l’intégrité du territoire et la souveraineté du pays ne sont pas négociables;
• mettre en place une diplomatie efficace et préventive afin de redorer le blason terni de la République démocratique du Congo;
• établir une relation de confiance avec le Président de la République pour créer une vraie armée nationale et républicaine;
• diligenter rapidement une enquête afin d’établir les responsabilités sur le détournement généralisé de la solde des militaires et de traduire les coupables devant les juridictions compétentes ainsi que de sanctionner sévèrement les violeurs, pillards et autres fuyards; mettre hors d’état de nuire tous les groupes armés armés étrangers: FDLR, ADF/NALU, LRA;
• renvoyer sans conditions dans leurs pays d’origine les éleveurs nomades Mbororo;
• prévoir des ressources conséquentes pour dédommager les populations victimes de pillage des FARDC et des groupes armés dans le Nord-Kivu et dans la province Orientale;
4. Au CNDP, de :
• respecter la Constitution et les lois de la République démocratique du Congo;
• privilégier les voies de droit pour faire entendre sa voix et défendre sa cause et, dans le cadre de l’égalité de traitement garantie par la Constitution, de savoir que les Tutsi congolais identifiés jouissent d’autant de droits que les autres ethnies congolaises, bénéficient de l’égale protection et sont astreints aux mêmes devoirs et obligations (Art. 12,62 à 66) ;
5. Au peuple congolais, de : demeurer uni, solidaire et vigilant pour défendre à tout prix le principe fondateur de la Charte de l’Union africaine, relatif à l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation;
6. A la communauté internationale, de :
• cesser de faire porter l’opprobre et la responsabilité du génocide rwandais au peuple congolais;
• intervenir efficacement dans l’opération de désarmement et de rapatriement des groupes armés étrangers dans leurs pays respectifs;
• instruire la Monuc à s’en tenir à sa mission et à assurer la protection de la population civile.
Pour la CDC: Florentin Mokonda Bonza
(Agenzia Fides del 17.11.08).

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