dimanche, 08 novembre 2009

Harald Jeger, l'homme qui a ouvert le Mur le 9 novembre 1989

Une brève tempête de neige vient de balayer le Brandebourg. Puis un froid glacial s’est abattu sur la nuit. Harald Jäger attend sans bouger dans un abribus à la sortie d’une forêt, dans le noir, sans la moindre tentative de se réchauffer. Avant de s’engouffrer dans notre voiture. « Vous n’êtes pas congelé ? », s’enquiert-on. «J’ai l’habitude, ça va », marmonne l’ancien officier de la Stasi, la police secrète d’ex-RDA, qui a fait le planton pendant 25 ans et par tous les temps au point de passage de la Bornholmerstrasse entre Berlin Est et l’Ouest. Avant de décider de désobéir aux ordres en devenant le premier à ordonner l’ouverture de la barrière le 9 novembre 1989.

Ce mercredi soir, à cinq jours du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, nous l’accompagnons à une lecture du livre racontant son histoire « Der Mann der die Mauer öffnete » (l’Homme qui a ouvert le mur) écrit par le journaliste allemand, Gerhard Haase-Hindenberg. Nous sommes dans une petite ville d’ex-RDA. Le public, qui a vécu sous le joug de cette dictature pendant quarante ans, est d’autant plus intrigué par cet officier, qui a osé désobéir aux ordres (lire le récit de la soirée dans Le Figaro de ce samedi). « C’était à la fois la pire et la plus belle soirée de ma vie , confie Jäger. Le pire, parce que j’ai compris que c’était la fin du monde tel que je l’avais connu. Le plus beau, parce que les gens ont partagé leur joie avec nous. Ils nous ont embrassé. Ils nous faisaient des cadeaux et nous offraient du sekt » (le mousseux allemand).

Harald Jäger attendra le 16 janvier avant d’aller faire un tour à l’Ouest. L’envie d’y aller ne lui manquait pas. Mais les ordres le lui interdisait. Il avait déjà désobéi le 9 novembre et ça lui suffisait. Le 16 janvier après son service, Jäger retire son uniforme et traverse la Bösebrucke, le pont qui relie le point de passage de la Bornholmerstrasse à Berlin Ouest. « J’ai commencé par aller chercher mes 100 Deutschemarks de pécule de bienvenue offert par la RFA, se souvient-il. Puis je me suis offert une saucisse. Le goût n’était pas tellement différent de celles qu’on avait l’habitude de manger en RDA. Ensuite je suis allé boire une bière dans un bistrot avant de rentrer chez moi ». Sous le choc pendant des mois, alors que son monde continuait de disparaître sous ses yeux, l’officier de la Stasi ne retournera à Berlin Ouest que fin mars. Il découvrira alors le KaDeWe, le temple de la consommation à l’Ouest. Il comprend qu’une vie de frustrations l’attend, son maigre salaire ne lui permettant pas d’accéder à la consommation. Aujourd’hui retraité, il touche une pension de 800 Euros par mois. Et habite un petit cabanon jouxtant le jardinet qui lui avait été attribué par le régime communiste.

Mais il affirme ne pas cultiver le moindre sentiment de nostalgie pour la RDA. «Après la chute du mur, j'ai ressenti un immense vide, dit-il. Et cela pendant des années. J'étais un communiste convaincu. Mais le régime avait mal tourné et je ne regrette rien. Quand on a connu le système de la RDA de l'intérieur aussi bien que moi on souhaite une seule chose lorsqu'il a enfin disparu: ne plus jamais le voir ressurgir. Les champs de mines, les mitrailleuses automatiques installées à la frontière… C’était terrible. Ma femme me fatigue. Elle n’arrête pas de se plaindre, de dire qu’à l’époque communiste on avait des avantages sociaux et que tout le monde avait un emploi. Ça me fiche en rogne. Officiellement, il n’y avait pas de chômage mais en réalité le régime payait un tas de personnes à ne rien faire, ou pour faire un travail inutile comme le mien. Moi et m’a femme nous n’apportions rien à la société. Nous lui coûtions de l’argent ».

Pur produit de la Stasi, élevé dans une famille communiste, Jäger a obéi aveuglément aux ordres pendant près de trente ans. Sans se poser la moindre question. « Nous étions conditionné. Avec du recul, ça paraît incroyable », reconnaît-il. En mai 1989, lorsque les élections municipales sont truquées, il n’y voit que du feu. Et les premières manifestations du lundi à Leipzig le laissent indifférent. Il ne doute toujours pas. « Quand les gens réclamaient la liberté de voyager, je pensais qu’ils voulaient juste passer à l’Ouest pour s’enrichir dans le système capitaliste et je trouvais leur attitude choquante », se rappelle-t-il.

Tout bascule fin septembre. Lorsque les trains ramenant en RFA des Allemands de l’Est ayant tenté de fuir la RDA par l’ambassade ouest-allemande de Prague en traversant le territoire est-allemand, Jäger est hors de lui. « Moi, j’étais chargé de garder la frontière et tout d’un coup le régime avait accepté de laisser ces gens partir, dit-il. J’ai réalisé que nous cherchions à coller toutes sortes de crimes sur le dos des gens qui tentaient de s’évader, pour pouvoir les jeter en prison. Tout cela dans l’unique but de monnayer leur rachat par la RFA. Le régime était corrompu, dans un état de faillite morale et financière avancé. Ceux qui étaient à la Stasi le savaient mieux que tout le monde. Il suffisait d’ouvrir les yeux ».

A partir du mois d’octobre, lorsque des centaines de milliers d’Allemands de l’Est descendent dans les rues pour réclamer la liberté de voyager, Jäger prend conscience qu’ils ont de vrais motivations politiques. « J’ai compris que les gens étaient brimés, qu’ils voulaient la liberté à tout prix. Erich Honecker (patron de la RDA à l’époque) disait qu’il ne verserait pas une seule larme pour tous ces jeunes qui voulaient s’enfuir, parce qu’ils étaient corrompus. Moi, j’étais triste. Je voyais ceux qui devaient assurer l’avenir de notre pays chercher à fuir par tous les moyens. J’avais peur que nous recevions des ordres de tirer sur la foule. Je craignais que tout dégénère, qu’il y ait une guerre civile ».

Le 9 novembre 1989 au soir lorsque les masses se pressent devant le point de passage qu’il commande, Jäger tient jusqu’au dernier moment. Puis se sentant abandonné par sa hiérarchie, il ouvre la barrière de la Bornholmerstrasse. « Je savais que si j’attendais cinq minutes de plus, il y aurait un bain de sang, assure Jäger. Tous les doutes que j’avais refoulés me sont revenus en pleine figure et j’ai tout lâché ». Dans l’assistance, une dame âgée s’avance vers lui à la fin de sa lecture. « Mes trois enfants étaient à la Bornholmerstrasse ce soir là, lui dit elle émue. Je dois vous remercier en dépit de toutes les saloperies que la Stasi nous a fait vivre, parce que vous avez agi humainement ce soir là. Vous êtes un héros ». Jäger s’insurge : « non madame. Les héros ce sont les milliers de gens qui ont eu le courage de se battre pour notre liberté. Ils ne savaient pas si nous allions leur tirer dessus ou les jeter en prison. C’est eux qu’il faut remercier ».

Contrairement à la plupart de ses compatriotes, Harald Jäger n’avait jamais rêvé de voyager à l’Ouest. Eux avaient le droit de voyager librement une fois l’âge de la retraite atteint. Pas lui. En tant qu’ancien de la Stasi, il n’y aurait jamais eu droit. En vingt ans, il a quitté l’Allemagne deux fois : pour aller au Danemark, puis à la pêche en Norvège. Faute de moyens, il ne rêve pas de folles échappées. Ce qui ne l’empêche pas de profiter de chaque instant. « Je voudrais avoir vingt ans de moins, pour avoir la vitalité de tout recommencer, dit-il. Mais je me réjouis pour mes deux filles et mon fils qui habitent à Prenzlauer Berg (le fief du mouvement démocratique à Berlin Est). Le régime communiste avait laissé à l’abandon ce quartier. Tout a été rénové. C’est devenu superbe. La réunification a ressuscité notre pays. Dieu seul sait dans quel abominable état de délabrement nous aurions été plongés si l’ancien système n’avait pas disparu ». Le Figaro

Le jour où Angela Merkel a franchi le Mur

La première chancelière venue de l'Est raconte la dernière journée de la RDA.

Le 9 novembre 1989 au soir, Angela Merkel n'est pas de celles qui forceront l'ouverture des barrières pour gagner la liberté. Comme elle l'a expliqué, jeudi, à un petit groupe de journalistes étrangers, la physicienne prudente, qui deviendra seize ans plus tard la première chancelière issue d'ex-RDA, n'a pas encore l'étoffe des meneurs. Mais elle ne tardera pas à s'engouffrer par la brèche ouverte dans le mur de Berlin avec des milliers d'anonymes, ivres de joie, par le point de passage de la Bornholmerstrasse, le premier à avoir cédé à la liesse populaire.

Il est 16 h 30, lorsque la chercheuse en physique quantique, âgée de 35 ans, rentre de son travail à l'académie des sciences de Berlin-Est. Dès qu'elle arrive dans son appartement de Prenzlauer Berg, l'un des fiefs des artistes et des militants du mouvement démocratique, Angela Merkel allume la télévision. «Nous vivions des journées exaltantes, raconte-t-elle. J'ai assisté en direct à la conférence de presse de Günther Schabowski.» Le porte-parole du comité central du SED, le parti unique de la RDA communiste, annonce l'ouverture des frontières avec «effet immédiat».

La chancelière avoue que sur le moment elle est comme des centaines de milliers de ses concitoyens : «Je ne savais pas trop ce que ça voulait dire.» «J'ai tout de suite téléphoné à ma mère, poursuit Merkel. Nous nous étions toujours promis d'aller prendre un repas au Kempinsky (une célèbre brasserie de Berlin-Ouest) le jour où les frontières s'ouvriraient». Mais Angela Merkel ne renonce pas pour autant à son rituel du jeudi. Elle se rend dans un sauna avec une amie, avant d'aller boire une bière dans un bistrot.

En rentrant à pied chez elle vers 23 h 30, Merkel fait un crochet par le check point de la Bornholmerstrasse. «Je suis tombée dans une gigantesque file, une marée humaine», explique-t-elle, installée dans la salle du Conseil des ministres de la chancellerie, qui offre une vue imprenable sur le Reichstag, la porte de Brandebourg, Berlin réunifié. En quelques minutes, Merkel se retrouve de l'autre côté du Bösebrücke, le pont qui mène vers Berlin-Ouest. «J'avais sympathisé avec une dizaine de personnes. Nous sommes allés à Moabit (un quartier de l'Ouest) où des gens nous ont offert des bières. Puis je suis rentrée en me disant que le Mur serait encore ouvert le lendemain.»

Merkel ne reverra jamais ses acolytes avec lesquels elle est passée à l'Ouest la première fois. Elle y retournera dès le lendemain avec sa sœur, pour découvrir le KaDeWe, le temple de la consommation ouest-allemand, qui faisait tant rêver les Ossies, les Allemands de l'Est. Puis fascinée, elle y retournera tous les jours. «Je n'étais pas une activiste antirégime, concède la chancelière, fille d'un pasteur. Mais depuis l'enfance j'avais une vision très critique du système». Née à Hambourg, en RFA, elle n'ose pas encore croire à la réunification.

 

Un immense bonheur

 

Vingt ans plus tard, de nombreux Ossies sont encore nostalgiques. Et le débat sur la RDA reste d'actualité : faut-il condamner en bloc l'Allemagne communiste en tant que dictature ? «La RDA était un État de non-droit, qui n'avait aucun fondement légal, juge Merkel. Il n'y avait pas de liberté d'opinion, pas d'élections libres. C'était la dictature du prolétariat. Pourtant tout n'était pas noir ou blanc.J'ai été heureuse. Et je ne veux pas jeter ces trente-cinq ans aux oubliettes.»

La chancelière estime que la réunification a été une «très grande chance» et «un immense bonheur», «même si tout n'est pas idéal». «En RDA, nous avons connu le poids du nazisme, puis le communisme, explique Merkel. On ne peut pas faire disparaître ça d'un coup. Pour beaucoup de gens, il n'était pas possible de réapprendre autre chose en une nuit. Une génération entière a sacrifié son avenir. Le monde s'est ouvert et les gens de l'Est ne savaient pas ce qu'était le parmesan, alors qu'en Occident on savait tout de l'Italie. C'était une sensation étrange. Ces gens ne sont pas contre la réunification. Mais ils gardent un sentiment de tristesse».

La chancelière estime que sa jeunesse en RDA a fortement influencé sa façon de gouverner. Son style en est imprégné. «J'ai été choquée, lorsque Otto Schilly (un baron du SPD) s'est moqué en disant que nous venions tous à l'Ouest pour chercher des bananes. On trouve encore cette arrogance à l'Ouest aujourd'hui. Lorsque j'ai essuyé des échecs, j'ai souvent pensé que c'était parce que je venais de l'Est. Mais je n'ai jamais voulu me complaire dans ce sentiment.» L'enfance en RDA serait aussi à l'origine de sa légendaire discrétion : «On recevait des paquets de l'Ouest. Mais en RDA, il n'existait que cinq sortes de gants. Si vous en aviez d'autres, on savait d'où ils venaient. Vous vous faisiez tout de suite remarquer et c'était mauvais.» Le Figaro

A Berlin Rostropovitch a joué pour l'histoire

À l'annonce de la chute du Mur, le célèbre violoncelliste est aussitôt parti pour l'Allemagne, improvisant sur place un concert. Sa fille raconte.

La photo a fait le tour du monde. Pour une fois, elle n'était pas posée, encore moins préparée. Le 9 novembre 1989, Mstislav Rostropovitch, dit Slava, violoncelliste de génie, musicien universel, citoyen du monde, était bien tranquille dans son appartement de l'avenue Georges-Mandel, dans le XVIe arrondissement de Paris. Lorsqu'il entendit à la radio qu'il se passait quelque chose du côté du mur de Berlin, son sang ne fit qu'un tour. Il avait toujours agi ainsi, tant dans sa carrière musicale - il est décédé en 2007 - que dans sa vie personnelle et son parcours politique : en toute spontanéité, impulsif, sans prévoir. Au petit matin du 11, il appelle son vieil ami le capitaine d'industrie Antoine Riboud, président de Danone, qui avait tant soutenu les initiatives du violoncelliste, notamment au Festival d'Évian qu'ils avaient créé : qu'il fasse, lui dit-il, préparer son avion privé. Riboud lui signale qu'il a tout de même besoin de connaître la destination, ne serait-ce que pour demander l'autorisation d'atterrir. Slava lui répond : «Nous partons pour Berlin.» Et voici deux hommes et un violoncelle envolés pour ce qui n'était pas encore redevenu la capitale allemande. Une fois arrivés, ils montent dans un taxi, mais pour aller où ? Le mur de Berlin est très étendu ! Ils optent pour Check Point Charlie, le point de passage symbolique de l'Est à l'Ouest. Rostropovitch et Riboud descendent de voiture, le musicien sort son violoncelle de l'étui et se rend compte qu'il a oublié un détail : il n'a pas de chaise. Riboud ne se laisse pas perturber par si peu : il entre dans une guérite de gardiens et emprunte le siège de l'un d'eux, récalcitrant au début, puis dubitatif, et enfin résigné. Rostro s'assoit devant le Mur et se met à jouer Bach, que cet homme profondément spirituel avait toujours associé à Dieu.

Ce geste fut très mal compris. On parla de coup de pub, d'exploitation de l'actualité à des fins de communication. C'était mal connaître Slava. Selon sa fille Elena, ce jour-là, il ne joua pas pour le monde, mais pour soi : «C'était son testament personnel, c'était comme si c'était sa propre fête : il avait été obligé de vivre constamment tiraillé entre deux patries, l'URSS et le reste du monde, et le Mur symbolisait à lui seul cette séparation entre deux univers. Il n'avait jamais pensé le voir tomber.» Lui-même se plaisait à répéter que c'était comme si le mur de Berlin séparait «les deux parties de son cerveau». Lorsqu'il commença à jouer, il n'y avait presque personne. Puis les voisins et les passants formèrent un attroupement, photographes amateurs et journalistes se joignant à eux, sans toujours savoir qui ils photographiaient.

 

Il fut toujours un rebelle

 

Le musicien, né en 1927, avait été rattrapé par la politique bien des années auparavant. Pur produit de l'éducation musicale soviétique d'excellence, il avait commencé le piano à 4 ans et donné son premier concert public à 8 ; commencé le violoncelle à 10 ans et donné son premier concert à 13. Entré au Conservatoire de Moscou à 17  ans, il passa directement de deuxième en cinquième année. Ami de Prokofiev et Chostakovitch, dont il créa les œuvres qu'ils écrivirent pour lui (il avait 22 ans lorsque Prokofiev lui dédia sa Symphonie concertante), il fut toujours un rebelle. Comme le rapporte Claude Samuel, fondateur du Concours Rostropovitch dont la finale a lieu cet après-midi Salle Pleyel, il ne se coula jamais dans le moule. Ainsi, en 1970, la ministre de la Culture d'URSS réunit les présidents de jury du Concours Tchaïkovski pour leur donner ses instructions : il fallait impérativement qu'un candidat russe l'emporte. «Pourquoi ?», demande Rostropovitch. «Mais parce que c'est le centenaire de Lénine, voyons !», répond la ministre. «Alors pourquoi ne pas décaler le concours d'un an ?», répondit Slava avec un sourire impertinent. Il était coutumier du fait : alors que le Concours Rostropovitch a lieu tous les quatre ans, il demanda à Claude Samuel d'avancer celui de 1998 à 1997 pour qu'il coïncide avec son soixante-dixième anniversaire. Ce qui fut fait. «Comment lui dire non ?», dit Samuel.

Les choses se gâtèrent au début des années 1970, lorsque Rostropovitch prit publiquement la défense de Soljenitsyne. Passé à l'Ouest pour des «vacances» (il refusera toujours de parler d'exil), il apprit par la télévision qu'il était déchu de la nationalité soviétique en 1978. Pratiquant, outre le violoncelle et le piano, la direction d'orchestre depuis des années, il prit alors la direction de l'Orchestre symphonique national de Washington. Et c'est avec son orchestre américain qu'il retourna à Moscou en 1990, année de sa réhabilitation par Gorbatchev. Demeuré apatride, il refusa la nationalité russe que l'on proposait de lui restituer, puis prit parti pour Poutine, s'impliquant à nouveau dans la vie musicale russe. Il était bien retourné une fois en Union soviétique après sa déchéance. Grâce à un visa obtenu par le sénateur Ted Kennedy auprès de Leonid Brejnev, mais il avait alors été hébergé à l'ambassade des États-Unis, autre pied de nez savoureux de cet homme épris de symboles. Un homme d'une énergie vitale ravageuse. Sa fille Elena, qui l'accompagna souvent en tournée, concède volontiers qu'au bout de quinze jours, c'est elle qui était épuisée tant il enchaînait concerts, voyages et fêtes bien arrosées sans dormir. Un idéaliste aux idées politiques parfois simplistes, mais à la conscience aiguë du caractère sacré de l'art : ces «Suites pour violoncelle de Bach» qu'il joua devant le Mur, il attendit d'avoir 65 ans pour les enregistrer, comme s'il était intimidé par ce monument où la musique tutoie le divin. Il demanda à Claude Samuel, alors directeur de la musique de Radio France, de lui fournir des ingénieurs du son «maison» pour réaliser un enregistrement privé à la basilique de Vézelay : il tenait à les rémunérer lui-même, afin d'être seul dépositaire des bandes et de pouvoir les détruire s'il n'en était pas satisfait. Le Figaro

Sur Facebook Sarkozy raconte son 9 novembre 1989

Le chef de l'Etat a utilisé dimanche le site de socialisation pour partager ses souvenirs de la chute du Mur. Ce jour-là, celui qui était alors secrétaire général adjoint du RPR se trouvait à Berlin aux côtés d'Alain Juppé et François Fillon.

A la veille du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, Nicolas Sarkozy s'est offert dimanche une nouvelle sortie sur le site de socialisation Facebook. Après y avoir dit dernièrement sa «fierté» à l'égard de son fils Jean, invité les internautes à «découvrir le nouveau site Internet de Carla» ou partagé ses lectures - «Pierre et Jean» de Maupassant et «Le Lièvre de Patagonie» de Lanzmann -, le chef de l'Etat raconte cette fois comment, le 9 novembre 1989, il s'est retrouvé à Berlin, y allant lui aussi de ses «coups de pioche», photo à l'appui.

«Le 9 novembre au matin, nous nous intéressons aux informations qui arrivent de Berlin, et semblent annoncer du changement dans la capitale divisée de l'Allemagne. Nous décidons de quitter Paris avec Alain Juppé pour participer à l'événement qui se profile», se souvient celui qui, à 34 ans, était alors secrétaire général adjoint du RPR.

«Arrivés à Berlin ouest, nous filons vers la porte de Brandebourg où une foule enthousiaste s'est déjà amassée à l'annonce de l'ouverture probable du mur», poursuit-il. «Là, par le plus grand des hasards, nous croisons un jeune élu français que nous connaissions, à l'époque spécialiste des questions de défense : François Fillon», raconte le chef de l'Etat à propos de celui qui deviendra 18 ans plus tard son premier ministre.

 

«Le début d'une période de grande liberté en Europe»

 

«Nous filons ensuite vers Checkpoint Charlie pour passer du côté est de la ville, et enfin confronter ce mur dans lequel nous avons pu donner quelques coups de pioche, se souvient Nicolas Sarkozy. Autour de nous, des familles se rassemblaient pour abattre le béton. Certaines venaient nous parler pour nous expliquer leurs sentiments, leurs ambitions nouvelles, et partager leurs émotions après des décennies de séparation. La nuit s'est poursuivie dans l'enthousiasme général.»

«Les retrouvailles du peuple allemand sonnaient la fin de la guerre froide et le début d'une période de grande liberté en Europe», affirme-t-il encore, avant de conclure : «C'est cette liberté que nous défendons toujours avec l'Europe, et que nous fêtons 20 ans après». Le Figaro

Pd, l'assemblea incorona Bersani

Pierluigi Bersani riceve l’incoronazione dall’Assemblea costituente a segretario del Pd, e definisce ruoli e linee del suo partito. La frattura con la "cosa" rutelliana si consuma, con una perdita di "pezzi" indefinita, considerata dolorosa, ma non traumatica dai vertici democratici, che hanno visto anche la fuoriuscita di Massimo Calearo, l’imprenditore veneto veltroniano doc, che avrebbe dovuto ricucire il distacco con il nord produttivo. Francesco Rutelli aspetta, annuncia che non sarà il leader del soggetto nascente, e conta le adesioni, per ora in arrivo soprattutto dall’Italia dei valori. L’ex segretario dl sa che tanto malumore si annida tra gli ex popolari del Pd.

Ma Bersani mostra a tutti il suo «bambino nuovo», il «partito davvero alternativo», come lo ha definito durante l'assemblea, che si rifiuta di «condannarsi ad essere piccolo», apre alle altre forze d'opposizione, che rimane critico con il governo per le misure adottate contro la crisi («che non è alle nostre spalle» e si pone come priorità l'attenzione al lavoro.

Quel partito che oggi vede la luce nell’assemblea costituente, sempre alla Nuova fiera di Roma, e la cui forma segnerà una discontinuità con il passato. Non un partito fluido, ma piuttosto ben strutturato. Con un suo presidente, Rosy Bindi (che non lascerà la vicepresidenza della Camera), un vice segretario, Enrico Letta (ma guai a definirlo ticket, parola che a Bersani fa venire l’orticaria), un nuovo tesoriere, Antonio Misiani (al posto del veltroniano Mauro Agostini), e con i rappresentanti delle due mozioni sconfitte bene in vista. Quasi certa l’elezione di Dario Franceschini capogruppo, sebbene in un secondo momento. Nessun ruolo, invece, per Ignazio Marino, che siederà nella Direzione, ma che ha rifiutato nuovi incarichi. Ieri sia Franceschini che Marino hanno messo a punto le rispettive truppe da piazzare nell’organismo dirigente di 120 rappresentanti.

L’intenzione del segretario è di raggiungere una pace interna, per evitare la riedizione dei conflitti dell’era-Veltroni. E ieri Bersani ha anticipato a Massimo D’Alema le linee del mandato, assicurando all’ex premier ds l’impegno del partito per la nomina a ministro degli esteri dell’Ue. D’Alema darà una mano per le inevitabili mediazioni interne. Specie con quegli ex popolari, in cerca di spazi (Beppe Fioroni in cerca di un ruolo chiave), per non sentirsi schiacciati dagli ex ds, ma anche incuriositi dai progetti rutelliani. Prova a frenarli Franco Marini: «Bersani ha un passo da montanaro, io che sono un alpino lo apprezzo moltissimo».

Oggi, insomma, vengono al pettine gli umori e la voglia di andare avanti, con il segretario che ha vinto le primarie tra gli iscritti e tra gli elettori, deciso a non lasciarsi scoraggiare dalle perdite delle ultime ore. Per un Calearo in partenza, un Colaninno pronto a collaborare. Chi invece non si volta indietro è il presidente del Copasir: «Francesco Rutelli vuole dare un contributo a un nuovo partito, che dia un nuovo senso alle parole centro, governo, istituzione e bene comune, oltre le secche del bipolarismo», conferma Lorenzo Dellai.
Avvenire

Adultero lapidato, la sua amante lo sarà dopo il parto

Secondo i gruppi Al Shabab, che controllano tutto
il meridione del Paese, l'uomo avrebbe confessato
davanti a un tribunale islamico

ROMA - Un uomo di 33 anni, colpevole di adulterio, è stato giustiziato tramite lapidazione davanti a una folla di trecento persone nella città di Merka, in Somalia. La sua amante, incinta, subirà la stessa sorte, ma solo dopo aver dato alla luce il bambino. Un rappresentante del gruppo islamico Al Shabab, che ha il controllo di gran parte del meridione del Paese, ha spiegato che l’uomo ha confessato la sua colpa davanti a una corte islamica.

L'ANNO SCORSO LAPIDATA UNA TREDICENNE - «Gridava e il sangue schizzava fuori dalla testa durante il lancio delle pietre; dopo sette minuti ha smesso di muoversi», ha testimoniato uno dei presenti alla Bbc. Nel mese scorso altri due uomini sono stati uccisi a colpi di pietre nella stessa città dopo essere risultati colpevoli di spionaggio. Nella città meridionale di Kismayo lo scorso anno un ragazzina di 13 anni è stata massacrata a colpi di pietre per adulterio. Secondo i gruppi di difesa dei diritti umani la ragazzina venne violentata. Corriere 

 

Magistrato tra farsa e tragedia

Il magistrato Alberto Marcheselli imparò da un’impiegata della cancelleria, «un donnino proveniente da una zona imprecisata dell’Italia centrale», come funziona la giustizia nel nostro Paese. Quel giorno, nel concedere a un detenuto un permesso particolarmente delicato, Marcheselli aveva confidato alla signora M.: «Il pubblico ministero è molto severo, secondo me impugnerà il provvedimento». Lei lo squadrò con occhi scintillanti di malizia: «Vuole che impedisca al Pm d’impugnare?». Trasse dal cassetto della scrivania una spanna di fogli e la schiaffò dentro il fascicolo. «Così non impugna di sicuro», concluse ammiccante, ben conoscendo la repulsione delle toghe per tutto ciò che costa fatica, a cominciare dalla lettura. Il magistrato, sbalordito, fece togliere quei 500 fogli che non c’entravano nulla, vecchie pratiche, certificati penali irrilevanti, persino volantini sindacali. Il fascicolo tornò smilzo. E il Pm, ovviamente, impugnò.
Sul fronte della cellulosa, il dottor Marcheselli era reduce da un battesimo del fuoco, avvenuto nel suo primo giorno da uditore. Mario Canepa, presidente del tribunale di sorveglianza di Genova, un maestro di vita che riuniva Alec Guinness, Achille Campanile e Omero in un’unica persona, gli aveva sillabato con solennità: «Alberto, attenzione, perché sto per impartirti la prima lezione fondamentale del nostro percorso». E mentre Marcheselli, lesto come uno studentello afferrava penna e foglietto infilati nel codice penale per prendere appunti, Canepa tirò fuori un rotolino bianco dalla tasca dei pantaloni: «Porta sempre con te della carta igienica, perché negli uffici giudiziari non c’è mai!».
Per quasi 13 anni Alberto Marcheselli è stato un cittadino esemplare di quello che definisce «un mondo di carta». Nell’ottobre 2008 ha deciso di scappare ed è tornato nel mondo di carne. Adesso insegna diritto tributario all’Università di Torino. Ma basta leggere Magistrati dietro le sbarre, il libro che ha scritto per Melampo Editore, uscito tre giorni fa con un sottotitolo esplicativo ed insieme critico, Farsa e tragedia nella giustizia penale italiana, per capire che del mondo di carta è rimasto in qualche modo prigioniero. Sindrome di Stoccolma, si direbbe. «Sindrome del fratello maggiore», corregge lui. «Fin dai tempi di scuola, ho sempre esercitato l’innata propensione a occuparmi degli altri. Tutti venivano a chiedermi consigli, ero bravissimo a mettere pace. Forse avrei dovuto diventare medico. O prete. Non mi sono mai riconosciuto nel profilo di giudice che mi uscì in un test psicologico fatto da ragazzo: “Hai una cattiva opinione degli altri”».
Che sarebbe finito male glielo predisse un insigne giurista, il professor Giovanni Marongiu, socio di Victor Uckmar: «Lei ha la mentalità del giudice. È troppo curioso, mette il naso ovunque». Il giovanotto, appena ventisettenne, era stato assunto nello studio legale Uckmar di Milano come avvocato tributarista. «Guadagnavo soldi a barcate, però mi rendevo conto che non avrei mai avuto il tempo per spenderli». Fu Marongiu a consigliargli il concorso in magistratura: «Male che vada, qui la riprendiamo subito». Marcheselli, 44 anni, genovese, marito di un’avvocata civilista e padre di due figli, ha vissuto dietro le sbarre non metaforicamente. Non volendo finire pretore a Olbia, optò per l’unico posto disponibile al Nord: magistrato di sorveglianza, prima a Torino e poi ad Alessandria. «Un collega di Como mi aveva avvisato: “È un gorgo. Ci finisci dentro e non ne esci più”. Il carcere diventa la tua seconda casa. Un’esperienza di una ricchezza e di un dolore terrificanti. Tutti i giudici dovrebbero fare i magistrati di sorveglianza per un paio d’anni. Capirebbero un sacco di cose della giustizia e di se stessi, diventerebbero persone completamente diverse».
Perché?
«Ti hanno insegnato il diritto come una struttura logica, perfetta. Scrivi le tue belle sentenze tirando le conclusioni con geometria cristallina. Vivi in un mondo di carta, appunto. E all’improvviso scopri che in un solo giorno devi prendere 60 decisioni che cambieranno per sempre le vite di altrettante persone».
Quali decisioni?
«Finire in galera o uscirne. Incontrare le persone care. Rivedere sul luogo del delitto chi ha ucciso tuo figlio. Morire tra le braccia dei tuoi genitori o dietro le sbarre. Avere o non avere uno sconto di pena di mesi o di anni. Andare in ospedale per sottoporsi alla chemioterapia. Il magistrato può avere la scorza più dura del mondo, ma ognuna di queste decisioni si deposita sul fondo del suo stomaco e non c’è verso di digerirla».
I magistrati di sorveglianza non sono quelli che scarcerano gli stupratori albanesi?
«Anche. Sono quelli da picchiare, 150 invisibili che saltano fuori solo quando un detenuto semilibero combina qualcosa di grave. Il giudice penale condanna. Il magistrato di sorveglianza stabilisce se sconterai la pena dentro o fuori: agli arresti domiciliari, oppure ai servizi sociali, oppure in un posto di lavoro con obbligo di tornare in cella la notte. Molti cittadini non sanno che tutte le condanne fino a 3 anni, fino a 6 per i tossicomani, sono sospese per legge, comprese quelle passate in giudicato, e che la decisione finale spetta al tribunale di sorveglianza».
Spesso una decisione presa a capocchia.
«È una decisione pericolosissima. Nelle prigioni non c’è più posto, per cui lo Stato fa il gioco del cerino: prima mette in mano il fiammifero al Pm che indaga, poi al giudice penale che condanna, infine al magistrato di sorveglianza, che lo passa alla società. Consideri che ci sono in circolazione 30.000 condannati definitivi. Venendo da me, lei ne ha incontrati per strada senza saperlo almeno tre. Se dentro la stazione centrale di Milano io urlassi “la carta precettiva”, quella che i beneficiari della semilibertà hanno l’obbligo di esibire in qualsiasi momento, si alzerebbero una trentina di braccia».
Non fu lei a liberare il brigatista rosso Cristoforo Piancone, tre condanne all’ergastolo per sei omicidi, mai pentito né dissociato, che una volta fuori tentò di uccidere due poliziotti?
«Sì, fui io. Era stato recluso per 26 anni. A giudizio unanime di criminologi, educatori e personale del carcere, aveva tenuto costantemente una buona condotta. Quattro anni c’impiegai a concedergli la semilibertà. E altri quattro ne passarono prima del fattaccio. Ma la mia scelta era ineccepibile, è scritto negli atti parlamentari». Come mai ha smesso di fare il magistrato di sorveglianza?
«Mi sono sentito come uno che sta sulla spiaggia e spera di svuotare il mare col secchiello».
Poteva restare in magistratura.
«A far che? Il giudice penale che scrive sull’acqua? O il giudice civile che si occupa di futili litigi? Impossibile, dopo che hai visto la gente morire».
Ma, scusi, non era uno dei responsabili della sua formazione a ripeterle di continuo che fare il giudice serve soprattutto a guadagnarsi da vivere?
«Era un Gip. Lo diceva in senso buono. Non ci voleva invasati. Tentava di farci capire che il giudice non è un santo, non può cambiare il mondo».
Prudenza, diligenza e perizia sono le tre norme di comportamento richieste a qualsiasi medico nell’esercizio della professione. Se non le rispetta, egli è perseguibile penalmente, perché ha nelle sue mani la vita delle persone. Perché i giudici, da cui dipendono molte vite, non sono chiamati a rispettare queste tre regole?
«Non è possibile giudicare senza serenità d’animo. E non c’è serenità d’animo senza una certa dose di irresponsabilità. Di questo paradosso s’era già accorto Giovenale: “Quis custodiet custodes?”, chi controllerà i controllori? È un passaggio inevitabile in ogni gruppo sociale: di qualcuno occorre fidarsi. Un medico che ha paura diventa scrupolosissimo, ti ordina un sacco di analisi. Un giudice che ha paura potrebbe non condannare mai».
Le è capitato di vedere un giudice in galera?
«Sì, uno. Per corruzione. Un giudice fallimentare che aveva accettato una bicicletta e uno stereo».
E suoi colleghi che pagano per aver sbagliato?
«Mi pare che il Consiglio superiore della magistratura abbia rimosso dall’ordine giudiziario l’ex procuratore di Tortona, Aldo Cuva, per le irregolarità nell’inchiesta sui sassi lanciati dal cavalcavia. Però sono d’accordo con lo spirito della domanda: succede raramente. E invece le sanzioni contro i giudici che sbagliano vanno applicate con rigore».
Com’è possibile che i magistrati abbiano impedito di varare la riforma della giustizia a tutti i ministri succedutisi fino a oggi?
«Va’ a saperlo. Fossi il ministro, riformerei avvocatura, magistratura, codici, uffici, tutto. Così eviterei le opposizioni preventive a questo o quel provvedimento. Che poi, a ben vedere, il problema della giustizia penale non è di leggi: è di cultura. Lei ha mai letto una sentenza? I giudici non parlano alle vittime e ai colpevoli. No, i loro tecnicismi sono rivolti ad avvocati, Pm, Corti d’appello. Uno scandalo. Hanno deriso il ministro Roberto Castelli perché fece scrivere nelle aule di tribunale che “la giustizia è amministrata in nome del popolo”. Invece si trattava di un principio sacrosanto. Se il popolo non capisce le sentenze, che giustizia è?».
I magistrati non dovrebbero limitarsi ad applicare le leggi approvate dal Parlamento su mandato degli elettori, anziché discuterle?
«Certo. E se non sono convinti, mandarle alla Corte costituzionale. La legge si applica. Non si polemizza con la legge».
Dalla sua esperienza, quanti magistrati orientati a sinistra, al centro e a destra ha conosciuto?
«Il magistrato è per sua natura un conservatore. So di stupirla, ma ne ho conosciuti più di destra che di sinistra. Ciò nonostante non ho mai visto nessuno fare scelte influenzato dalle proprie simpatie politiche». Il giudice che dovrà processarla entra in aula con La Repubblica, o Il Giornale, o L’Unità sotto braccio. Lei si fida?
«Sì. Però capisco che il cittadino abbia dei dubbi. Appartengo alla scuola di pensiero secondo cui non basta che il giudice sia imparziale: deve anche apparire tale».
Come s’è creato l’arretrato spaventoso degli uffici giudiziari?
«Troppi avvocati. Le liti nascono per ragioni di bottega. E per essere remunerative devono anche durare anni. Io stabilirei che l’entità dell’onorario sia inversamente proporzionale alla durata del processo. Non è possibile che nella sola città di Roma vi siano più avvocati che in tutta la Francia».
Il personale giudiziario non ha colpe?
«Certo che ne ha. Si va dall’autista che durante un’agitazione mi disse: “Dottore, scioperare io? Ma io allo Stato ci faccio più danno se lavoro che se sciopero!”, fino al cancelliere che afferra un foglio e gira di stanza in stanza come se dovesse consegnarlo, fermandosi a chiacchierare con tutti i colleghi. Ma sono incappato anche in carabinieri che, sulla scena del delitto, avevano misurato la distanza di un cadavere dalla porta di casa al cortile con un rilevatore satellitare quando avrebbero potuto usare il metro da sarta. Il sogno di un’ospitata a Porta a porta spesso uccide il buon senso».
Che cosa pensa degli inquirenti che vanno in televisione?
«Non dovrebbero andarci mai. La giustizia seria è invisibile».
Allora perché andò a Porta a porta?
«Me lo ordinò il presidente del tribunale di sorveglianza. Un detenuto in semilibertà aveva sparato a un poliziotto. Mi limitai a dare risposte tecniche. A parte quella alla prima domanda: “Ma i magistrati di sorveglianza sono tutti matti?”. Replicai: potrebbe sembrare, eppure non è così. Quanto a follie, comunque, la Tv non è da meno».
Cioè?
«Sbarcato a Fiumicino, trovai ad attendermi una Bmw di rappresentanza con un conducente che pareva un istruttore di body building. Si stupì che fossi solo. E mi rivelò che, siccome la Rai non dava il gettone di presenza però metteva a disposizione dell’ospite un autista per l’intera giornata, la prassi era presentarsi o con tutto il nucleo familiare o con un’amichetta. Mi resi conto d’averlo profondamente deluso. Sfruttando il pass della Rai e nonostante le mie deboli proteste, l’autista, aiutato dai vigili urbani, costrinse i turisti a sfollare perché potessi vedere la Fontana di Trevi da dietro i vetri fumé. Me ne vergogno ancor oggi».
Che cos’ha imparato nei 13 anni passati a fare il magistrato di sorveglianza?
«Che sei pagato anche per prenderti gli sputi. Sono sempre rimasto zitto, persino quando un recluso si suicidò il giorno stesso in cui gli avevo parlato per la prima volta in cella e la moglie mi accusò d’averglielo ucciso. Poi seppi dal direttore del carcere che quella sera la donna aveva telefonato al marito per annunciargli che lo piantava. Si chiamava Matteo Gualano. I nomi dei detenuti me li ricordo tutti, purtroppo. Aveva portato via a una ragazza i soldi appena prelevati dal bancomat, dicendole: “Scusami, ma ne ho più bisogno di te”. Prima che s’impiccasse, lo videro lanciare un pacchetto di sigarette verso i compagni della cella accanto: “Queste dividetele fra tutti”. L’ultima cosa che fece fu pensare agli altri».
stefano.lorenzetto@ilgiornale.it

L'occasione di 20 anni fa

Perché abbia senso e valore, la celebrazione di un anniversario deve essere anche occasione di un esame di coscienza e di un giudizio distaccato dell’evento

Perché abbia senso e valore, la celebrazione di un anniversario deve essere anche occasione di un esame di coscienza e di un giudizio distaccato dell’evento. Il 1989 ci ricorda la fine di un’utopia tradotta in oppressione, l’uscita da una lunga paura, il miracolo di saggezza che Gorbaciov seppe compiere rinunciando all’uso delle armi; ma ricorda anche come l’Europa vi sia giunta impreparata e come abbia mancato di coglierne tutto il significato e le possibilità che schiudeva.

Nell’ottobre 1989 l’euro era un progetto dal futuro incerto; la riunificazione tedesca sembrava non avere alcun futuro. Nei dodici mesi che seguirono si giocarono — con diverso successo — i destini di due unioni monetarie e politiche: in Germania e in Europa.
Proprio il confronto tra le due unificazioni mostra che cosa avrebbe potuto essere la caduta del Muro se l’Europa fosse giunta a quell’appuntamento avendo già completato il cammino che i padri fondatori avevano tracciato quarant’anni prima. La Germania fu riunificata entro sei mesi dalla notte famosa; invece, pur avendone posto le premesse, l’Europa mise ancora dieci anni per giungere all’euro e altri cinque perché i suoi Länder orientali (Polonia, Ungheria, Cekia, Slovenia e via dicendo) vi entrassero così come quelli della Germania erano entrati nella Repubblica federale col semplice andare a votare per il Bundestag: senza negoziati, senza lunga anticamera, senza trattato, senza le estenuanti e umilianti attese che hanno lentamente eroso l’entusiasmo della ritrovata libertà.
Nei vent’anni dalla drammatica e incruenta vittoria dell’Occidente nella guerra fredda, l’Europa ha pagato più volte il prezzo dell’occasione perduta: nei Balcani e in Medio Oriente, nelle crisi economiche e in quelle dei rapporti atlantici. I nodi non sciolti sono venuti al pettine e il rischio di disgregazione si aggrava, perché l’Europa è oggi un «semilavorato», che difficilmente la crisi lascerà indenne.

Il 1989 fu un’occasione mancata perché a Maastricht non fu fatta, insieme con quella monetaria, l’unione politica: difesa, sicurezza, politica estera, fornitura degli essenziali beni pubblici europei, risorse economiche e bilancio comune di dimensioni adeguate, abbandono del veto e, correlativamente, pienezza di poteri al Parlamento europeo. L’unione politica avrebbe permesso all’Europa di realizzare l’allargamento negli stessi modi e negli stessi tempi con cui si realizzò quello tedesco e di essere protagonista nella costruzione di un nuovo ordine mondiale.
A mio giudizio, ci fu una fondamentale mancanza di comprensione, soprattutto da parte francese, del significato storico della caduta del Muro e della fine dell’impero sovietico. Non si capì che l’Unione Europea del dopo-guerra fredda — con la sua inevitabile o auspicabile estensione a 20, 25, 27, 30 Paesi — non avrebbe mai più potuto essere quella del federalismo «goccia a goccia», governato dal veto francese. Né si capì che, non realizzando l’unione politica, si favoriva un’occupazione Usa-Nato di uno spazio che per vocazione sarebbe dovuto essere europeo. Tra la Francia di Clemenceau, che alla Germania sconfitta impose punizioni insostenibili nel 1918, e la Francia di Robert Schumann, che alla stessa Germania tese la mano nel 1950, prevalse la prima. Questa miopia consegnò l’Europa a un ventennio di declino.

Tommaso Padoa-Schioppa. Corriere

Canone, la Rai attacca: ecco come difendersi

È partita l’offensiva della Rai, più veloce della luce, contro i «disobbedienti» che hanno chiesto la disdetta del canone della tv pubblica. I lettori del Giornale che hanno aderito alla nostra campagna sono stati «prontamente» (e quasi minacciosamente) messi sull’avviso. «Diteci dove abitate e quanti televisori avete e dateci un recapito per fissare un appuntamento e suggellare le vostre tv. Avete solo 15 giorni», recita sostanzialmente la missiva dell’Agenzia delle Entrate arrivata a casa delle migliaia di telespettatori stanchi della sinistra deriva della Rai e intenzionati a chiudere i conti, quelli veri, con Viale Mazzini. Stavolta il carrozzone della tv pubblica si è mosso con una rapidità da ghepardo, perché ha paura di perderci un bel po’ di quattrini. E adesso?
Niente paura. Nessuno può varcare la soglia di casa vostra a suggellare la tv senza il vostro consenso o un mandato del giudice. È vero che la lettera fissa un termine di 15 giorni entro i quali rispondere, ma è anche vero che la lettera è stata inviata per posta ordinaria, non per raccomandata. Questo significa che è sostanzialmente impossibile per il mittente stabilire la data esatta e persino l’eventuale ricezione della missiva. È una «scelta» sulla quale è opportuno un ragionamento che faremo più avanti. L’altro elemento sul quale ragionare è l’espresso riferimento alla «richiesta di suggellamento» e non già della richiesta di rescissione del canone Rai. È pur vero che all’inizio l’Agenzia delle Entrate scrive «per rendere efficace la denuncia di cessazione...» rispondete con i vostri dati, eccetera, ma è altrettanto vero che un passaggio successivo recita: «La mancata restituzione della dichiarazione (...) renderà definitivamente inefficace la richiesta di suggellamento da Lei inoltrata». Ecco il punto.
La disdetta del canone, come peraltro conferma Alessandro Drei, legale di una delle associazioni dei consumatori, è un aspetto: il suggellamento della tv è un’altro. Dunque, stando a quanto recita la lettera, la richiesta di rescissione del canone vive di vita propria e non è necessariamente subordinata all’effettivo suggellamento della tv: quest’operazione è un elemento, potremmo dire, «accessorio» alla disdetta. La cui validità non può essere scalfita da una lettera ordinaria.
Peraltro, come tutti sanno, l’Agenzia delle Entrate è già a conoscenza di tutte le informazioni che richiede tramite la lettera: residenza anagrafica, composizione della famiglia, eccetera. Perché dunque chiedere all’utente elementi di cui si è già a conoscenza? Questa domanda andrebbe rivolta all’Erario, ma proviamo ad azzardare una risposta. Il fisco ha sempre fame di notizie e di riscontri, da incrociare con una serie di altre informazioni in suo possesso ma non immediatamente verificabili senza «avvertire» l’utente che è nel mirino. Tra il 2002 e il 2005 alcuni solerti impiegati Rai andarono in giro per l’Italia a far firmare ai cittadini documenti in cui, senza far alcun riferimento al canone, si doveva rispondere all’innocente domanda: «Lei possiede una tv?». Nel 2006, durante il tragicomico biennio Prodi-Visco, le risposte vennero messe in un magico frullatore, e l’esito fu mefitico (almeno secondo i giornali di allora): l’elenco con nome e cognome di qualche decina di migliaia di «evasori» venne girato alla Guardia di Finanza con la consegna di far pagare loro, tra arretrati e more, circa 400 euro a testa. In molti sembrano dunque intenzionati a non dare alcun seguito a questa missiva. Altri, invece, hanno già risposto. E ora aspettano che qualcuno in divisa, nella data concordata dall’utente «decanonizzato» (altrimenti, va chiarito, serve un mandato della magistratura) venga a casa loro a infilare la tv in un sacco di juta, metterci due sigilli di piombo con la cera lacca e amen. Succederà davvero? È presto per dirlo. Ma secondo le associazioni di consumatori, sarà molto difficile che avvenga. Gli ultimi suggellamenti di cui si ha notizia risalgono a una trentina d’anni fa. E quelle tv «insaccate» allora sono autentici pezzi d’antiquariato. Che su eBay, pare, valgono un sacco di soldi.
felice.manti@ilgiornale.it

samedi, 07 novembre 2009

IdV lacerata da liti, addii e ritorni

Cristiano, figlio di Di Pietro, riprende la tessera.
L'arrivo di Grillini. E il 4 dicembre a Modena
nuova assemblea dei «delusi» dall'ex pm

ROMA — «Ci sono problemi politici e problemi personali: sui primi possiamo lavorare, degli altri per ovvi motivi non ci occupiamo», va ripetendo da giorni Antonio Di Pietro a chi gli chiede conto della tempesta che sta infradiciando l'Idv. Il problema è che le questioni politiche e quelle personali nell'Idv si intrecciano ed è difficile districarle.

IL FIGLIO DI DI PIETRO - Come l'annuncio di ieri che Cristiano Di Pietro, consigliere provinciale a Campobasso che si era sospeso un anno fa perché coinvolto in un'inchiesta sugli appalti a Napoli (con tanto di intercettazioni telefoniche pubblicate), e ora, come annunciano nell'Idv regionale, «uscito pulito dalla vicenda», ha ripreso la tessera del partito di papà, portandosi dietro altri quattro amministratori locali tra cui Mimì De Angelis, candidato alla segreteria regionale del Pd sconfitto solo due settimane fa.

ASTORRE - Nella stessa regione, il Molise, si susseguono gli incontri dell'ex uomo forte del partito, il senatore Bruno Astorre, dimessosi un anno fa da coordinatore regionale e ora in procinto di seguire le orme di Pino Pisicchio che è transitato al gruppo misto in attesa di confluire al centro: «De Magistris è troppo a sinistra per me, devo capire se i miei sostenitori vogliono seguirmi o pensano che io debba continuare a lottare nel partito. Io voglio un partito riformista non oltranzista: ho portato l'Idv in Molise quasi al 30 per cento», conclude Astorre prendendosi anche meriti forse non suoi, visto che a Campobasso e Isernia l'uomo forte del partito si chiama comunque Antonio Di Pietro.

DE MAGISTRIS - Già, De Magistris. Perché se è vero che i cosiddetti autoconvocati - che si sono riuniti a Bologna domenica scorsa, si rivedranno oggi a Matera e si sono dati appuntamento a Modena il 4 dicembre sotto l'etichetta «Parole civili» - sono per ora una categoria indistinta di contestatori e di delusi, se troveranno in Luigi De Magistris l'uomo che esprime il loro dissenso potranno avere ancora qualche fortuna anche nel partito e non solo in piazza. «Non siamo traditori, ma vogliamo il dialogo tra la base e il vertice del partito», spiega uno dei leader Domenico Morace, ex coordinatore di Bologna, commissariato da Silvana Mura quattro mesi fa.

LA MANIFESTAZIONE - Alla manifestazione del 4 dicembre ha invitato sia Di Pietro, che fanno sapere i suoi non pensa proprio di partecipare, sia De Magistris, che per ora non si pronuncia. Ma basta dare uno sguardo alla pagina internet di dialogo con i suoi sostenitori per capire la pressione dei militanti e dei simpatizzanti, imbufaliti ormai non più solo contro Berlusconi. Ieri i due ex magistrati, insieme a Napoli, hanno ripetuto il giochetto dei fratelli siamesi: «Se Luigi fosse il presidente del partito, sarei d'accordo con lui», ha detto retoricamente Di Pietro ricevendo in cambio le lodi per la sua linea dal neo-europarlamentare idv. Ma sembra sempre più evidente che De Magistris abbia cominciato a lavorare al rinnovamento del partito proprio al Sud, finendo per farne il banco di prova del suo peso nell'Idv e del suo successo di consensi nel vasto modo ex-girotondino. Non è un caso che ieri sia stato lui a organizzare, insieme all'europarlamentare Sonia Alfano, proprio a Napoli il convegno su «questione morale e istituzioni», invitando Salvatore Borsellino e il leader di Rifondazione Paolo Ferrero. In Calabria ha lanciato la candidatura dell'imprenditore Filippo Callipo come alternativa a quella del governatore Agazio Loiero, sfidando gli altri partiti del centrosinistra a cambiare cavallo. Di Pietro ha risposto con l'ex pm Clementina Forleo in Puglia per dare un segnale di «discontinuità» rispetto alla giunta Vendola, finita nella rete della giustizia per lo scandalo Tarantini.

I DIPARTIMENTI - Il fronte interno non è l'unico che Di Pietro deve contenere e monitorare. Anche ieri ha ripetuto che bisogna «fare pulizia» dentro e fuori dal partito, soprattutto in Campania. Per trasformare l'Idv da un marchio ad un vero e proprio soggetto politico ha annunciato l'introduzione dei dipartimenti, che si occuperanno dei diversi temi politici. E poi c'è il fronte esterno. Ha un bel dire che «la lista annunciata da Beppe Grillo non è di disturbo ma di stimolo», c'è da dubitare che gli auguri di «buon successo» siano sinceri, visto che si tratta di un altro concorrente per le prossime amministrative in Campania. Di Pietro sente il peso della sfida. Dopo l'incidente dell'ultimo comizio a Napoli quando era apparso lo striscione «Fuori i collusi dal partito», ha confidato i suoi sospetti: «Improvvisamente sono arrivati in due con lo striscione seguiti dalla telecamera di Mediaset e dall'inviato del Giornale, sono rimasti pochi minuti, hanno riavvolto tutto e sono spariti». Difficile dire se è vero, verosimile o soltanto un'illusione dell'ex pm.

GLI ARRIVI - Come è difficile pensare che Di Pietro si possa consolare con i nuovi arrivi. Dall'area ex ds, via partito socialista, arriva il presidente onorario dell'Arcigay Franco Grillini: «Inseguo uno spazio politico per i diritti civili, da un pezzo riflettevo sull'Idv, perché non potevo stare nel partito in cui c'è la Binetti». Più d'uno sospetta che l'ex deputato dei ds voglia trovare una casa per ricandidarsi alle prossime politiche: «Da deputato ho fatto bene, ma non chiedo niente», si difende lui per ora.

Gianna Fregonara. Corriere 

E i cattolici del Pd?

L'uscita di Rutelli dal Partito democratico ha provocato una serie di opinioni sulle conseguenze che si possono avere. Non tanto all'interno del partito dove le risposte a Rutelli, anche da parte di chi gli era più vicino, sono state fin troppo sobrie e prevalentemente contrarie, quanto nelle analisi uscite sulla stampa e provenienti da posizioni diverse. Ancora una volta è stato il progetto del partito democratico ad essere variamente giudicato. Si è parlato del fallimento della auspicata fusione fra culture politiche diverse e, però, di un «partito mai nato»; di un partito che si modella, anche per la vittoria di Bersani, come l'ennesima riposizione dei DS: chi non viene da quella esperienza, che risale, in definitiva, al P.C.I., è solo un «indipendente», un indipendente di sinistra. Ancora, con Bersani si torna al centrosinistra con il famoso trattino; non c'è un partito nuovo ma una sorta di confederazione fra una «sinistra» (il vecchio DS) e un «centro» (la vecchia Margherita). Francesco Rutelli - si continua - ha inteso e interpretato tutto questo e, con la uscita dal Partito, si accinge, secondo alcuni, a far da ponte fra il PD e l'UDC (ma perché uscire da un partito con la prospettiva di una alleanza con il partito che si è lasciato?); secondo altri e, secondo lo stesso Rutelli, Egli si adopererebbe per la formazione di un quadro politico - culturale nuovo, a sostegno di una politica moderna e innovativa che rovesci i tavoli esistenti.

Tutte queste analisi e previsioni sono centrate sulla tenuta, nel PD, dei popolari e dei cattolici democratici, stretti, da un lato, dal «grande centro» e dalle sue suggestioni e, dall'altro, da una leadership che finirà per essere «fatalmente» socialdemocratica. Il «disagio» di cui parla Rutelli potrebbe allora allargarsi ponendo fine, irrimediabilmente, al partito democratico. A me non paiono corrette né queste analisi, né queste previsioni. Non voglio qui ricordare le buone ragioni della straordinaria ambizione dell'Ulivo e del PD e, cioè, che forze diverse del riformismo italiano, a fronte delle nuove sfide democratiche, potessero confluire in un partito nuovo, efficace strumento per la conservazione e l'avanzamento della democrazia nel mondo che cambia.

Qui e ora c'è, però, un fatto che spazza via tutti gli argomenti e le analisi che si sono ricordate: oltre tre milioni di cittadini, senza il clamore incalzante della competizione elettorale nazionale, che spinge al voto, anche in maniera ossessiva, hanno liberamente espresso la preferenza per il Segretario di un partito che ritengono importante e affidabile. Una cosa straordinaria, accompagnata, per di più, dal fatto che, nelle primarie, il voto sui tre candidati non è stato il voto «diessino» (Bersani) o il voto dei cattolici democratici e dei popolari (Franceschini) o il voto della c.d. «società civile» (Marino). È stato un voto democratico, per così dire laico. I tre candidati hanno avuto tutti il voto indifferenziato della platea elettorale. Ciò dimostra che gli elettori vivono, senza incertezze, l'esperienza di un partito nuovo, non di una coalizione o confederazione di vecchie formazioni politiche. Bersani, nelle sue prime dichiarazioni, ha giustamente esaltato questa realtà che esprime l'incontestata conferma del PD come partito nuovo nello scenario politico italiano, secondo il disegno e la intuizione dei suoi fondatori. E si accinge - il nuovo Segretario - a dare forma, organizzazione e contenuto a questa realtà, secondo la volontà popolare degli elettori.

In questa impresa Egli è aiutato dall'esemplare comportamento dei suoi rivali, i quali, riconoscendo pienamente la logica e lo spirito delle primarie, hanno assicurato la loro collaborazione. Se questo, oggi, è il partito: un veicolo nuovo di produzione politica, ancorato a una indiscutibile realtà popolare, dove le cose da inventare sono molto di più di quelle da gestire, sorprende e amareggia l'uscita di Rutelli. Amareggia e sorprende soprattutto perché Egli, come si è visto, dice di volersi adoperare per la formazione di un nuovo scenario culturale e civile sul quale far nascere una adeguata proposta politica al Paese. Perché non esprimere questa iniziativa all'interno del PD che pure lui ha contribuito a fondare con grande determinazione e coraggio? Si direbbe, per la stessa tempistica della sua decisione (la vittoria di Bersani) che Egli voglia escludere dal suo progetto la storia e le novità del riformismo di sinistra.

È lecita la conseguenza che Rutelli - per la verità non da ora - ritenga giusto e conveniente puntare sul «grande centro», piuttosto che sul PD. Può essere, e forse è così; ma qui mi sembra più conveniente osservare che sono i cattolici democratici e i popolari nel PD ad essere interpellati. Vivono essi lo stesso «disagio» che ha portato Rutelli ad uscire dal partito? Sentono questo partito come il «loro» partito? e, se è vero che il partito è anche offerta di memoria, di speranza, di valutazione del nostro «vivere insieme», necessariamente plurale, è il «loro partito» il partito democratico? Io ritengo di sì; e voglio aggiungere qualche cosa a quanto ho già detto. Non ho mai pensato che alla base del PD vi sia una sorta di meticciato o contaminazione, come è stato detto, di culture diverse. Ho sempre pensato che ogni componente politica sia confluita nel PD con la propria cultura, la propria storia, naturalmente vissuta, ricordata e collocata nella successione degli eventi e nel progressivo quadro di una maturazione democratica.

La storia dei cattolici democratici è proprio legata, con i suoi valori, a questa progressiva maturazione, alla comprensione della laicità della politica, al gioco della libertà e al dovere della giustizia. È una storia che sa bene che la democrazia, nel corso degli anni, si è posta sempre come problema; a maggior ragione, oggi, quando le sfide della scienza e della tecnica chiedono al mondo globalizzato un di più e, insieme, un ripensamento della democrazia. Questa coscienza i cattolici democratici l'hanno portata e l'hanno trovata nel PD dove, insieme ad altri, sanno bene che popolarismo, regole del costituzionalismo moderno, principio di inclusione, diritti civili sono ancora parole che si possono dire. Viginio Rognoni. Corriere


 

Yoani Sanchez maltrattata a Cuba

La donna si stava recando a una manifestazione contro la violenza nel mondo nel quartiere Vedado

L'AVANA (CUBA) - La blogger cubana Yoani Sanchez ha denunciato oggi di essere stata vittima di un «sequestro» con «molta violenza fisica e verbale» da parte di agenti della Sicurezza dello Stato. Secondo quanto ha detto la Sanchez all'agenzia Ansa, due persone in borghese hanno impedito a lei e ad Orlando Luis Pardo, anche lui blogger, di partecipare ad una manifestazione contro la violenza costringendoli a salire su una macchina privata. Mezz'ora dopo sono stati «lanciati» dall'auto per strada, lontano da dove sarebbero stati arrestati.

 

MALTRATTAMENTI - «Pensavo che non ne sarei uscita viva. Mi hanno tolto i vestiti, mi hanno messo le gambe verso l'alto e la testa in giù per caricarmi in macchina», ha raccontato. «Con un ginocchio mi facevano forza contro il petto e io gli stringevo i testicoli. Poi mi hanno picchiato in testa». Tutto questo sarebbe successo dentro la vettura, nella quale una persona guidava e altre due picchiavano, secondo la Sanchez, autrice del blog Generacion Y. «È stato un sequestro nel peggior stile della camorra. Mi hanno detto: Fino a qui sei arrivata. Non farai più niente». Nello stesso momento un'altra blogger, Claudia Cadelo, e una sua amica sono state arrestate e costrette ad entrare in un'auto della polizia e sono state liberate successivamente. «Con una mossa di judo mi hanno costretta a salire in macchina, mentre portavano via Yoani con un'altra auto», ha detto Cadelo.
La Sanchez , 34 anni, titolare del «blog desdecuba.com/Generaciòn Y» è stata premiata in Spagna e negli Usa per il suo lavoro di reporter digitale, ma non ha potuto ritirare i riconoscimenti perché non le è stato permesso di uscire dal suo Paese. Corriere

Yoani Sanchez
Yoani Sanchez

Le G20 divisé sur le climat et la régulation financière

Les ministres des Finances du G20, réunis samedi en Ecosse, ne sont pas parvenus à un accord sur la délicate question du financement de la lutte contre le changement climatique, et sur la mise en œuvre d'une taxe sur la finance.

La Grande-Bretagne, hôte de la réunion des grands argentiers du G20, avait solennellement plaidé pour une attaque frontale du problème du changement climatique et pour une approche novatrice de la régulation financière. Le premier ministre britannique Gordon Brown est même venu en personne à Saint Andrews (Ecosse) pour appeler le G20 à envisager une taxe sur les transactions financières, une mesure parmi d'autres destinées à ramener la stabilité dans la planète finances. En vain. Samedi, le G20-Finances s'est montré divisé sur ces questions.

Les participants n'ont guère partagé l'enthousiasme de Brown. Le sujet ne figure pas dans la déclaration finale du G20. Pire, il n'a, selon le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, même pas été abordé lors de la réunion. Le secrétaire américain au Trésor, Tim Geithner, interrogé sur la question par la télévision britannique SkyNews, l'a tout simplement écarté, soulignant que cette taxe n'était nullement à l'ordre du jour.

 

Climat : pas d'engagement chiffré

 

Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) qui doit réfléchir sur de telles mesures d'ici au mois d'avril, a souligné avec insistance que la mesure envisagée, qu'il appelle pour l'instant «taxe FMI», ne porterait pas sur les transactions financières. Il s'agirait plus d'une sorte d'assurance, à laquelle les banques qui prennent le plus de risques contribueraient davantage. La ministre des Finances française Christine Lagarde a considéré pour sa part que le projet à l'étude était «une très bonne chose», observant toutefois que «certaines idées doivent faire leur chemin».

Le gouvernement britannique a également dû en rabattre sur ses ambitions concernant le climat. Les ministres se sont contentés d'évoquer la nécessité d'un accord «ambitieux» lors du sommet de Copenhague en décembre, ainsi que de moyens financiers substantiels pour y parvenir. Mais en dépit des pressions britanniques, aucun engagement chiffré n'a été tranché. Le Figaro

Tabac: hausse des prix effective lundi

Il risque d'y avoir du monde ce week-end dans les bureaux de tabac. L'arrêté ministériel fixant les nouveaux tarifs du tabac, qui augmenteront comme prévu de 6% lundi, a été publié aujourd'hui au Journal Officiel.

Cette hausse de prix, qui représente environ 30 centimes par paquet, avait été votée le 30 octobre par l'Assemblée Nationale. Les cigarettes les plus vendues (Marlboro) coûteront 5,60 euros par paquet.

Elle avait été contestée jusqu'au sein de la majorité UMP, tandis que les associations de lutte contre le tabagisme, ainsi que la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, souhaitaient plutôt 10%. Le président Nicolas Sarkozy avait défendu début novembre l'ampleur de cette augmentation, estimant qu'"en période d'inflation nulle, c'est une forte progression". Le Figaro

Les familles des victimes du vol AF 447 réunies à Rio

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies samedi lors d'une cérémonie organisée en mémoire des 228 victimes du vol Rio-Paris du 1er juin. Certaines familles brésiliennes portaient des brassards pour dénoncer un «manque de transparence» de l'enquête française.

Cinq mois après le terrible crash inexpliqué du vol AF 447 au-dessus de l'Atlantique, les familles cherchent à faire leur deuil. Samedi, plusieurs centaines de proches des 228 victimes du Rio-Paris du 1er juin ont assisté à une cérémonie du souvenir sobre et émouvante. Cet hommage, auquel ont aussi participé des responsables français et brésiliens et les dirigeants d'Air France, s'est voulu discret, à l'écart de la presse, à la demande des familles. Mais il a aussi été l'occasion pour des familles brésiliennes de manifester leur mécontentement face au «manque de transparence», d'après elles, de l'enquête française.

«Cela a été une cérémonie imposante de dignité et de ferveur pour permettre aux familles de faire leur deuil», a déclaré à la presse le secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet, à l'issue de l'hommage. «Les familles ont été heureuses d'avoir pu mettre en commun cette douleur terrible», a-t-il ajouté, annonçant «qu'un mémorial érigé en France serait inauguré à la date anniversaire de l'accident», le 1er juin prochain.

La cérémonie s'est déroulée au belvédère Mirante do Leblon qui domine la mer, dans un quartier résidentiel du sud de Rio, en présence de quelque 500 proches des disparus et de plus d'une centaine de membres du personnel d'Air France. Une stèle a été dévoilée, constituée d'un panneau en cristal de plusieurs mètres, sur lequel ont été gravées 228 hirondelles - symbolisant les 228 victimes - qui paraissent s'envoler au-dessus de l'océan. La cérémonie a été simple : un acte œcuménique, une lecture de textes sacrés, des hommages lus par cinq familles, des musiques, une chanson écrite par l'épouse d'une victime. Et un moment très émouvant, selon un participant, quand les noms des 228 victimes ont été égrenés. Dans l'après-midi, les familles devaient embarquer à bord de bateaux et jeter des fleurs dans la baie de Rio.

 

Une nouvelle campagne de recherches en février

 

Un porte-parole de l'association brésilienne des victimes, Maarten Van Sluys, a rapporté qu'une soixantaine de proches de Brésiliens portaient un brassard noir «pour manifester silencieusement contre le manque de transparence de l'enquête des autorités françaises». Cette association, qui dit représenter trente-huit des cinquante-huit familles des victimes brésiliennes, a publié une lettre ouverte pour réclamer plus d'informations sur l'enquête, ainsi que le versement d'indemnités supérieures aux 17.000 euros déjà versés par les assurances. A la fin de la cérémonie, Maarten Van Sluys a remis cette lettre au ministre français. «Tout le monde veut la vérité, le gouvernement français veut la vérité, le gouvernement brésilien et les familles aussi qui veulent continuer à faire leur deuil», lui a répondu Alain Joyandet, ajoutant qu'une nouvelle campagne de recherches aurait lieu en février. Le Figaro

Intervista a Luciano Monari, vescovo di Brescia

Un omaggio al Concilio e a Paolo VI, il Papa del Concilio. Questo il motivo centrale della visita di Benedetto XVI a Brescia. Il vescovo della diocesi lombarda, Luciano Monari, vicepresidente della Cei, lo ha ripetuto più volte nel cammino di preparazione all’evento di domani, che nasce dall’invito a Ratzinger nel 30° della morte di Montini (6 agosto 1978).

Quale dono costituisce e quale responsabilità comporta essere la diocesi di Paolo VI?
Nella sua biografia c’è un elemento dominante – risponde Monari –: l’amore delicato, profondo per la Chiesa. Montini ha consacrato la vita al servizio della Chiesa nella convinzione che fosse il modo più concreto per essere discepoli di Gesù. Brescia vive con gioia e fierezza l’aver dato alla Chiesa un pontefice che l’ha guidata nella stagione decisiva del Vaticano II. E sente la responsabilità di essere fedele alla sua visione piena, positiva della Chiesa: una Chiesa missionaria, che manifesta il mistero della presenza di Cristo nel mondo. Se penso alle congregazioni religiose nate a Brescia e attive nella missione, nell’educazione, nella sanità, se penso ai nostri fidei donum e alla ricchezza del nostro volontariato missionario, posso dire: sì, Brescia resta nel solco di Paolo VI.

Quali ombre e luci, quali sofferenze e speranze recherà con sé Brescia all’incontro col Papa?
Brescia custodisce una grande tradizione di impegno sia sul piano dell’economia e del lavoro, sia su quello della partecipazione politica e democratica. Una vitalità che si vede anche nella Chiesa: le famiglie religiose, certo; il nostro clero secolare – nonostante il calo di vocazioni abbiamo ancora più di 800 preti e alcune decine di fidei donum. Ci misuriamo con le difficoltà di tutte le Chiese dell’Occidente: la secolarizzazione, innanzitutto. Fin dall’800 il laicato cattolico bresciano ha saputo affrontare la sfida di dare forma evangelica al vissuto della modernità, una sfida che ora chiama a dare risposte nuove. Anche il problema spinoso delle vocazioni sacerdotali chiede risposte nuove – penso alla straordinaria rete degli oratori, tipica della realtà bresciana, che comporta una presenza notevole di preti... Di fronte alle difficoltà il Signore ci chiama a una speranza più grande e ad una radicalità più profonda.

Ci sono parole e gesti che, in particolare, attendete dal Papa?
Dall’incontro col vescovo di Roma, centro della comunione della Chiesa, attendiamo un approfondimento della nostra identità di Chiesa diocesana e del senso di comunità. Gli chiediamo di aiutarci a essere testimoni del Vangelo nel mondo d’oggi. Ratzinger ci insegna la necessità di vivere tutte le dimensioni della vita tenendo aperte le porte a Dio e alla trascendenza. È la sua personale testimonianza che attendiamo: la coerenza del suo itinerario di fede e di pensiero è illuminante in un mondo – come diceva Paolo VI – che accetta i maestri se sono testimoni.

Alla vigilia della visita, quali sintonie fra Montini e Ratzinger vale la pena di sottolineare?
Una somiglianza forte sta nella loro volontà di farsi carico del confronto fra il cristianesimo, la sua tradizione e il mondo contemporaneo. Questo fu il grande cruccio del Montini pontefice, ma anche del Montini arcivescovo di Milano – si pensi alla grande missione alla città, tentativo di far incontrare tutti i «vissuti contemporanei» con il Vangelo e i suoi testimoni. In Ratzinger vediamo il tentativo di leggere il cammino della modernità alla luce della fedeltà al Vangelo: di fronte a una cultura che si allontana dal riferimento alla verità per scegliere il primato della prassi, si rilancia la testimonianza di una fede cristiana che unisce verità e carità. Se Paolo VI ha voluto Ratzinger arcivescovo di Monaco, è perché ha visto in lui il teologo che avrebbe potuto offrire un magistero attento alle sfide culturali che la modernità pone alla Chiesa.

La prima tappa della visita del Papa sarà a Botticino, davanti alle spoglie di sant’Arcangelo Tadini, prete diocesano, parroco, fondatore delle Suore Operaie. Quale è il significato ecclesiale di questo gesto?
Uno dei crucci di Ratzinger è questo: il fatto che la sottolineatura del sacerdozio comune dei battezzati possa offuscare l’identità propria del ministero ordinato. Con l’omaggio a Tadini – nel corso dell’Anno Sacerdotale – il Papa ci ricorda che essere prete cattolico significa essere in una relazione sacramentale col mistero del Signore Risorto, che ti pone nella Chiesa e fra gli uomini come segno vivo della presenza di Cristo. Nasce da questa relazione d’amore con Gesù l’amore verso gli uomini che suscita risposte creative, come quelle date da Tadini al mondo del lavoro nell’età dell’industrializzazione.

Ultima tappa della giornata sarà Concesio, con l’inaugurazione della nuova sede dell’Istituto Paolo VI e la visita al fonte dove Montini venne battezzato...
Questi luoghi dialogano fra loro. L’Istituto Paolo VI è il luogo della memoria storica e della rigorosa ricerca scientifica, indispensabile per una piena, profonda conoscenza della figura e del pensiero di Montini, così a lungo e ancor oggi gravata da pregiudizi e letture ideologiche. La visita al fonte ci ricorda che l’amore di Dio è il fondamento di ogni vita: la nostra come quella di un grande Papa come Montini.

Al centro della giornata c’è la Messa in piazza Paolo VI, nel cuore di Brescia. Che cosa significa celebrare la Messa col Papa?
Significa sperimentare visibilmente quello che viviamo in ogni Messa: la comunione con il Papa, per il quale preghiamo ogni volta. Il Papa è il garante di quella comunione che unisce tutta la Chiesa e che l’Eucaristia crea e fonda. La Messa non è mai un fatto privato o di gruppo: è un evento che ci inserisce nella comunione della Chiesa universale. Avere il Papa fra noi sarà una gioia grande.

Domani sull’altare papale ci sarà un simbolo eminente della storia cristiana di Brescia: l’antica Croce dell’Orifiamma. Quella Croce alla quale, talvolta, l’Europa sembra voler negare cittadinanza nello spazio pubblico. Come poter essere testimoni credibili del mistero e del messaggio della Croce nella società laica e plurale del nostro tempo?
Credo che per un cristiano la Croce – o meglio: il Crocifisso – sia il riferimento essenziale per due motivi. Il primo: perché è la rivelazione più incredibile dell’amore di Dio per noi. Quell’amore vissuto nella verità – come ci ricorda l’ultima enciclica di Ratzinger, la Caritas in veritate – è il fondamento dell’autentico sviluppo umano. E qui giungiamo al secondo motivo: quel Crocifisso ci dice anche la vera identità dell’uomo. Che non è un essere compiuto, perfetto, ma un essere limitato, che soffre, che può anche far soffrire. Ma soprattutto un essere che ama. E che è capace di pagare l’amore col sacrificio di sé. Il Crocifisso ci introduce in quel dinamismo di amore che ci chiama a prenderci cura gli uni degli altri.
Lorenzo Rosoli. Avvenire

La notte in cui vidi cadere il Muro

Se non fosse per i pannelli che ricordano uno dei primi tragici tentativi di fuga dalla Germania comunista, farei fatica a ritrovare l’ex passaggio di confine ad Invalidenstrasse, a poche centinaia di metri dal Reichstag che oggi ospita il parlamento tedesco sotto una grande cupola di cristallo. Fu qui che in mezzo ad una folla festante varcò il Muro, sulle spalle del padre. Rivedo ancora gli occhioni azzurri di quel bimbo. Oltrepassato il posto di guardia alzò lo sguardo verso il cielo come se all’Ovest avesse un colore diverso da quello plumbeo e grigio dell’Est. Una scena degna di un film di Fassbinder, un’immagine che più di ogni altra mi si è fissata nella memoria il giorno che crollò la Bastiglia rossa e ne uscirono i prigionieri di un regime dispotico e assurdo. Era il 1989, l’anno in cui il vento della libertà soffiava impetuoso. Ma nessuno s’immaginava che avrebbe buttato giù il muro della vergogna.

Ore venti di giovedì 9 novembre. Squilla il telefono, dall’altra parte del filo Giuliano Ragno, il nostro compianto vice-direttore che all’epoca era responsabile degli esteri. «Hanno appena annunciato che la Ddr apre le frontiere – grida con voce concitata –. È come se fosse caduto il Muro!». I dispacci d’agenzia non erano molto chiari, parlavano di nuove disposizioni in materia di viaggi all’estero e di liberalizzazione dei visti d’uscita per i cittadini della Germania comunista. Ma Giuliano era uno che la notizia l’afferrava al volo: «Il Muro non c’è più, corri subito a Berlino!». Il mattino dopo ero lì, taccuino in mano e cuore gonfio d’emozione. I mattoni e le lastre di cemento non erano spariti, così come il filo spinato, i cavalli di Frisia e le mine anti-uomo che da ventotto anni costituivano l’oscena barriera di separazione tra le due Germanie. Ma nel volgere di una notte erano diventati lugubri residui del passato, una sorta d’illusione ottica, inutile fondale per un teatro dell’orrore che non si recita più. Va in scena un altro spettacolo, incredibile e pazzesco, «Wahnsinn», come dicono i tedeschi.

Mi ritrovo circondato da una marea umana impressionante che si riversa oltre il Muro e inonda Berlino Ovest. Già nelle settimane precedenti 200mila tedeschi orientali erano fuggiti in Occidente attraverso l’Ungheria, un Paese formalmente socialista che aveva deciso d’aprire le sue frontiere con l’Austria. Contro il rigido comunismo prussiano si poteva solo «votare coi piedi», cioè scappare. Il 18 ottobre Erich Honecker, già capomastro del Muro e quindi dittatore incontrastato della Ddr, aveva dato le dimissioni. Gli era succeduto lo sfortunato Egon Krenz che affrontava col suo sorriso equino l’onda montante della protesta, mentre la grande fuga non accennava a diminuire. E nel tentativo di frenare il malcontento popolare il regime si decide a varare disposizioni meno restrittive per i viaggi all’estero. La sera del 9 novembre, dopo che si è diffusa la notizia della nuove modalità d’espatrio «senza motivi particolari», molti cittadini della Ddr si recano ai pochi punti di valico sotto gli sguardi increduli e stupefatti dei Vopos, le terribili guardie di frontiera educate allo Schiessbefehl, l’ordine di sparare a vista su chiunque tenti di saltare il Muro. Adesso però non sanno come comportarsi, chiedono istruzioni ma ricevono solo ordini confusi e contraddittori.

Cresce il nervosismo e così c’è chi decide d’alzare la sbarra permettendo alla gente di passare. Gli storici stanno ancora litigando su quale fu il primo posto di controllo dove venne aperta la frontiera più blindata d’Europa. Alla Bornholmer Strasse, poco prima di mezzanotte, si è sempre pensato (e sarà qui infatti che avranno luogo le celebrazioni del ventennale). No, il Muro cadde già alle otto e mezzo, alla Waltersdorfer Chaussée, all’estrema periferia sud-orientale della città, sostengono altri. Il dibattito conferma che l’evento più importante della storia del dopoguerra avvenne in modo del tutto imprevisto e casuale. Dalle finestre della sua residenza in Unter den Linden, il viale centrale di Berlino est, l’ambasciatore sovietico assiste, impotente e frastornato, al passaggio di migliaia di persone che si dirigono verso la Porta di Brandeburgo. Negli stessi minuti a Bonn, nell’ufficio della Cancelleria, il consigliere Eduard Ackermann chiama al telefono Helmut Kohl che si trova a Varsavia per una visita di Stato. «Continuava a chiedermi se fosse proprio vero quello che gli riferivo», ricorda Ackermann. C’è davvero di che stropicciarsi gli occhi davanti a quello che sta accadendo.

Venerdì 10 novembre Berlino si risveglia sotto un tiepido sole autunnale scoprendosi pacificamente invasa da una folla ubriaca di felicità. Famiglie intere, giovani a coppie o in gruppo, scolaresche al completo, in autobus, in macchina o in bicicletta, qualcuno perfino a piedi, tutti vogliono assaggiare il frutto finora proibito della libertà. C’è chi piange per la commozione e chi alza le dita in segno di vittoria mentre oltrepassa il Muro, finalmente visto da vicino e dalla parte migliore. Ai valichi vengono salutati con applausi scroscianti dai berlinesi occidentali che in segno di benvenuto offrono fiori alle donne e boccali di birra schiumante agli uomini. La fredda e opulenta Berlino sprizza di gioia sincera mentre abbraccia calorosamente i cugini poveri dell’Est. Impossibile muoversi in città bloccata da ingorghi paurosi, con le rumorose e puzzolenti Trabant (l’auto col motore a due tempi simbolo della Ddr) che s’infilano tra Mercedes e Bmw.«È il caos più meraviglioso che avremmo potuto sognare – titola la Bild Zeitung –. Ringraziamo Dio». Sulla Ku-damm, la via elegante del centro, ho visto una Trabant tamponare una grossa Mercedes. Ne scende un signore distinto e cosa fa? Abbraccia il malcapitato che gli è andato addosso: «Non è niente», dice ridendo. Si sentono un po’ come dei marziani i cittadini dell’Est, approdati su un altro pianeta. «Ma qui è tutto colorato!» mi dice un ragazzo con gli occhi spiritati. Molti si fermano col naso schiacciato contro le vetrine, tutti fanno la fila davanti alle banche dove ricevono cento marchi a testa, la somma di benvenuto che la Bundesrepublik regala ai tedeschi della Ddr.

C’è chi si precipita alla KaDeWe, mitico centro commerciale d’inizio Novecento, per comprarsi l’agognato paio di jeans. E c’è chi entra alla Gedachtniskirche, la chiesa ricostruita sulle rovine della seconda guerra mondiale, per ammirare le vetrate e dire una preghiera. Ma il culmine della festa è alla Porta di Brandeburgo, lungo il Muro preso d’assalto da migliaia di persone. Con picconi, scalpelli, persino a mani nude, cercano di portarsi via un souvenir di quello che ormai è un innocuo monumento alla guerra fredda. Balli, canti, brindisi e abbracci. È ormai notte fonda, vorrei andare a riposare ma ci rinuncio: l’hotel è lontano, il traffico è in tilt, le stazioni del metrò sono più affollate di uno stadio e di taxi neanche l’ombra. La festa durerà fino a domenica, un magico week end che non potrò mai dimenticare. Per tre giorni e tre notti Berlino, «callo sul piede americano da pestare a piacere», secondo la sprezzante definizione di Krusciov, è diventata l’ombelico di un mondo nuovo. Dopo le prime titubanze Kohl marcia deciso verso la riunificazione delle due Germanie. La Storia si è messa a correre e nessuno riuscirà più a fermarla.
dal nostro inviato a Berlino Luigi Geninazzi. Avvenire

Per El Baradei nulla di preoccupante a Qom

Per El Baradei nulla di preoccupante
nel sito nucleare iraniano di Qom

 

 

Teheran, 6. Gli ispettori dell'Onu non hanno trovato "nulla di cui preoccuparsi" nell'impianto sotterraneo iraniano di arricchimento dell'uranio situato presso la città di Qom, di cui fino a poco tempo fa si ignorava l'esistenza. Lo ha dichiarato il direttore dell'Agenzia internazionale per l'energia atomica (Aiea) Mohamed ElBaradei, in un'intervista al "New York Times". Secondo El Baradei, gli ispettori inviati a Qom il 25 ottobre scorso hanno parlato del sito come di "un bunker sotto la montagna per proteggere delle cose" e sostanzialmente si tratta solo di "un buco in una montagna".
Il sito nucleare di Qom, la cui esistenza è stata rivelata dall'Iran all'Aiea nel settembre scorso, a tre anni dopo le prime segnalazioni dei servizi occidentali, ha alimentato i timori sugli sforzi di Teheran per sviluppare l'arma atomica. L'Iran ha però sempre ribattuto di arricchire l'uranio solo per usi civili.
L'Aiea avrebbe però chiesto chiarimenti all'Iran anche a proposito di una serie di test condotti dai suoi ricercatori su testate nucleari di nuova generazione, basate su una tecnologia ufficialmente supersegreta utilizzata sia negli Stati Uniti sia in Gran Bretagna. Lo scrive il quotidiano britannico "The Guardian" nella sua edizione di oggi, citando "documenti mai pubblicati" che fanno parte di un dossier dell'Aiea. In tale dossier si afferma che gli specialisti iraniani avrebbero condotto esperimenti su testate del tipo "a implosione" molto più piccole di quelle tradizionali che possono essere montate più agevolmente su un vettore. Parte del dossier dell'Aiea era stato pubblicato lo scorso settembre dopo alcune rivelazioni allarmistiche venute dall'agenzia di stampa americana Associated Press. In quell'occasione l'Aiea aveva affermato che in Iran non risultavano in atto programmi segreti per la produzione di ordigni nucleari. Secondo l'agenzia di stampa britannica Reuters, né l'Aiea né le autorità iraniane hanno voluto fare commenti su quanto pubblicato da "The Guardian".
Per quanto riguarda il negoziato sul nucleare iraniano, nell'intervista al "New York Times" El Baradei ha spiegato anche di star esaminando la possibilità di compromessi per sbloccare lo stallo della trattativa tra Teheran e il gruppo cosiddetto 5+1 (i Paesi membri del consiglio di sicurezza dell'Onu più la Germania). Come noto, il negoziato si è bloccato per le obiezioni iraniane alla bozza di accordo presentata dall'Aiea. In merito, il segretario di Stato americano, Hillary Clinton, ha chiesto nuovamente all'Iran di accettare le proposte dell'Aiea e del Gruppo 5+1 ribadendo che non ci saranno altre offerte. "Come ho già detto, questo è un momento cruciale per l'Iran e a Teheran chiediamo di accettare queste proposte così come sono", ha detto la Clinton in una conferenza stampa congiunta con il ministro degli Esteri tedesco Guido Westerwelle, in visita a Washington. "Non ci saranno cambiamenti, il fulcro dell'accordo non può essere modificato", ha aggiunto Clinton, con la quale si è detto d'accordo il ministro tedesco.
Secondo le proposte dell'Aiea, l'Iran dovrebbe inviare il 75 per cento del proprio uranio leggermente arricchito (fino al 5 per cento) alla Russia e alla Francia, che lo arricchiranno ulteriormente fino al 19 per cento, il livello necessario per utilizzarlo per fini civili, ma che esclude gli impieghi militari. L'Osservatore Romano 

 

Les Français se marient à plus de 30 ans

En 2008, le nombre d'unions a encore diminué, selon les chiffres publiés vendredi par l'Insee.

Les jeunes ne se marient plus ! À 20 ans, ceux qui s'aiment vivent parfois ensemble. Mais d'alliance officielle, point. Désormais, il faut avoir passé 30 ans pour songer au mariage. L'âge du premier mariage ne cesse de s'élever : il a gagné un an depuis 2004 ! Les hommes célèbrent en moyenne cette union à 32 ans et 6 mois et les femmes à 30 ans et 5 mois.

Si l'on tient compte des remariages, cet âge moyen augmente pour atteindre 36 ans et 1 mois pour les hommes et 33 ans et 3 mois pour les femmes, selon l'Insee, qui publiait vendredi le bilan nuptial de l'année 2008. Une union sur cinq est aujourd'hui une deuxième tentative. Les hommes divorcés s'unissent à nouveau à 48 ans et 3 mois en moyenne et les femmes à 44 ans et 8 mois.

 

Concurrence du Pacs

 

Après le XIXe siècle, où l'on se mariait tard, une fois établi dans la vie, le XXe avait vu s'imposer les noces de jeunes, sésame de la vie en couple. «C'est au début des années 1970 que l'on s'est marié le plus jeune», rappelle France Prioux, directrice de recherches à l'Ined. Depuis, la tendance s'est inversée. «Toute la mise en union est retardée : le premier couple, comme la vie commune. Enfin, le mariage vient confirmer une union établie », détaille Xavier Niel, chef de la démographie à l'Insee. Encore n'est-il qu'une «forme possible du couple. Plus la voie majoritaire», insiste le démographe.

Si certains finissent par convoler lorsque les enfants sont là, d'autres se pacsent, à peu près au même âge. Enfin, beaucoup restent en concubinage. En 2008, le nombre de mariages a encore baissé. Quelque 265 400 unions ont été enregistrées en 2008, soit une baisse de 3 % par rapport à l'année dernière. Un reflux proche du plancher de 1995, année où les maires avaient célébré 261 813 mariages. «Même les divorcés se remarient moins», note France Prioux. La moitié convolait à nouveau dans les années 1980. Seuls 40 % le font maintenant. Enfin, le nombre de couples mixtes, où l'un des époux est de nationalité étrangère, baisse drastiquement. Il ne représente plus que 12,7 % des nouvelles unions enregistrées contre 16,8 % en 2003.

Se marier devient rare. Un acte d'amour, entouré de multiples précautions… qui n'empêchent pas les divorces ! «Autrefois, les notaires disaient : l'idéal est de vivre en concubinage et de mourir mariés. Maintenant l'optique a changé : on se marie après réflexion, on se quitte dès que l'amour cesse», résume France Prioux. En revanche, les pacs ont bondi pour atteindre 140 000 en 2008. Le phénomène de substitution gagne. Si l'on additionne les chiffres du mariage et du pacs, les officialisations augmentent. Le Figaro

Finanza che non cambia

L’India scambia dollari contro oro ceduto dal Fondo moneta­rio internazionale e il prez­zo del metallo giallo vola al massimo storico. In 6 anni, la Cina ha raddoppiato in si­lenzio le riserve auree, altri emergenti fanno incetta di lingotti. Numeri piccoli, cer­to: l'India compra 200 ton­nellate per 6,7 miliardi di dollari, la merce è rara. Non torneremo al vecchio gold standard , ma la nuova feb­bre dell'oro segnala la ten­denza diffusa all’investimen­to delle riserve non più in valute occidentali ma in ma­terie prime: quasi che i beni reali stiano diventando la moneta di ultima istanza di fronte alla carta di cui Fede­ral Reserve e Bce hanno inondato il mondo sulla ba­se di un patto fiduciario or­mai traballante. Dice il mini­stro delle finanze indiano, Pranab Mukherjee: «Le eco­nomie americana ed euro­pea sono collassate». Le eco­nomie dove la finanza da serva si è fatta padrona per consentire a pochi di guada­gnare tantissimo indebitan­do i più.

Molti banchieri occiden­tali sono invece ottimisti. Le Borse si sono un po’ riprese e l ’investment banking ma­cina di nuovo profitti e bo­nus. Non importa quanto a lungo l’economia reale deb­ba faticare per tornare ai li­velli, anche occupazionali, del 2007. E nemmeno se il debito degli Stati e delle fa­miglie sia ancora tutto lì, nella sua immane grandez­za. Nouriel Roubini parla di una nuova bolla? E’ la solita Cassandra. Come l’oste del proverbio, i banchieri torna­no a dirci che il loro vino è buono. La grande dimensio­ne è segno di modernità: al massimo, è sbagliata quella del vicino. La banca univer­sale resta il modello: presta­re al cliente, costruirci deri­vati come prima, assumere partecipazioni, metterselo in casa come socio amico, organizzarne le obbligazio­ni, speculare con i denari dei depositanti, tutto «crea valore per l’azionista». Sì, ci sono conflitti d’interesse, ma basta la corporate gover­nance .

I governi, le banche centrali e le authority sembrano impotenti. Avevano promesso di voltare pagina, ma si sono infilati in nego­ziati inconcludenti su quan­to capitale in più serva al­l’esercizio del credito e su come si debbano pesare i ri­schi. E i banchieri inglesi, nonostante i fallimenti, resi­stono perfino alle blande idee della Financial Servi­ces Authority . La rinascita degli anni Trenta, dice Gui­do Rossi nell’intervista di ie­ri a Daniele Manca, fu se­gnata dal Glass Steagall Act , che separava il credito commerciale dalla finanza, e dalla costituzione della Sec, l’Autorità di controllo di Wall Street. Il giurista in­voca — e a ragione — il ri­torno del diritto nel deserto creato dalla deregulation , il primato della politica alta in luogo delle alchimie tra regolati potenti e regolatori timidi se non complici. Ma le regole rooseveltiane eb­bero un senso in tanto e in quanto si accompagnarono a una politica economica che determinò una gigante­sca redistribuzione del red­dito dai ricchissimi alla clas­se media: il fondamento di una nuova cittadinanza. Al­la vigilia della crisi, l’Occi­dente era tornato a concen­trare la ricchezza nelle ma­ni degli happy few , pochi eletti, come negli anni Ven­ti del Novecento. Pensare al­le banche senza invertire il pendolo della distribuzione come strada maestra del ri­torno all’economia reale, ri­schia di essere una batta­glia persa.

Massimo Mucchetti. Corriere 

L'Udc correrà da sola

Il leader centrista vede Berlusconi:
manca condizione per larga alleanza
ROMA
Su un’ora e mezza di colloquio appena cinque minuti dedicati al tema delle regionali e di possibili alleanze fra Pdl e Udc. Il faccia a faccia fra Silvio Berlusconi e Pier Ferdinando Casini, del resto, difficilmente poteva andare diversamente: dopo un anno e mezzo senza vedersi, serve tempo per rompere il ghiaccio. Incontro positivo, ma interlocutorio lo definiscono non a caso dallo staff del Cavaliere. E gli stessi centristi ribadiscono che l’intenzione è ancora quella di correre soli alle elezioni di marzo.

Il presidente del Consiglio tiene la bocca chiusa. Le sue impressioni trapelano dall’entourage. E raccontano di un colloquio in cui i due si sono «annusati», cercando di capire cosa può ottenere l’uno dall’altro.

A prendersi il palcoscenico ci pensa Casini. Definisce l’incontro «cordiale e utile» e nega problemi personali con il Cavaliere. Ma per bocca di Lorenzo Cesa ribadisce anche che la linea dell’Udc non cambia: alle regioanli, dice infatti il segretario, «andremo avanti da soli». Certo, aggiunge, ci potranno essere «eccezioni» da valutare con i dirigenti locali, ma è un tema su cui «ci aggiorneremo», precisa facendo intendere che ci saranno altri incontri.

Del resto, aggiunge Casini con un pizzico di malizia, di regionali si è discusso «non più di cinque minuti». Come dire: la partita non è che all’inizio. L’ex presidente della Camera intende sfruttare appieno la sua posizione di ago della bilancia in almeno 7 regioni su 13 chiamate al voto: a fargli la corte, infatti, non c’è solo il centrodestra ma anche il Pd. Ed è da questa posizione di forza che Casini vola alto, provando a dettare alcune condizioni: «Abbiamo sollecitato un forte impegno del governo per la candidatura di Massimo D’Alema» a mister Pesc e «abbiamo chiesto risorse più adeguate per le Forze dell’ordine».

Quanto al tema caldo della riforma della giustizia, Casini ribadisce di non voler fare da salvagente a Berlusconi: «Abbiamo espresso la necessità di una riforma complessiva della giustizia», dice. Al tavolo, aggiunge, l’Udc si siede per fare riforme «nell’interesse di tutti» non per «evitare processi al premier».

Se Casini parla, Berlusconi tace. E anche i deputati del Pdl, tranne rare eccezioni, non commentano le parole dei centristi. Segno che il premier non vuole in alcun modo mettere in pericolo il dialogo con reazioni che potrebbero spezzare quel filo faticosamente riannodato. È presto però per dire se tutto ciò porterà a risultati concreti. Il Cavaliere ha dato via libera ad alleanze a geometria variabile con i centristi, consentendo di fatto all’Udc di correre anche con il Pd. L’obiettivo è evitare che brutte sorprese nel voto di marzo minino la maggioranza.

Sono in pochi però a credere che il Cavaliere intenda andare oltre, trasformando una possibile alleanza sulle regionali in un rapporto più stabile. Qualcuno nel Pdl, prendendo spunto dalle parole del coordinatore Denis Verdini, pensa addirittura ad un allargamento della maggioranza con il conseguente ingresso dei centristi nel governo. Scenari che più di qualcuno nel Pdl liquida tuttavia come «fantapolitica». La trattativa con l’Udc si fermerà alle regionali, spiega un ministro, convinto che il rapporto fra il Cavaliere e Umberto Bossi sia troppo solido per essere incrinato da un riavvicinamento con Casini.

Sensazioni che sembrano confermate dal leghista Roberto Maroni, secondo il quale il faccia a faccia odierno non crea «nessun problema» al Carroccio. Più netto Luca Zaia, che definisce «inutile» parlare con l’Udc e rammenta che Bossi «vuole Veneto e Piemonte». Del resto, taglia corto un altro esponente della maggioranza, «Berlusconi non si è mai fidato di Casini, perchè dovrebbe farlo ora?». La Stampa

Sì a Ponte e Expo, no a banda larga

Il Cipe vara infrastrutture per 8,7 miliardi, il web resta fuori. Confindustria: un danno per il Paese

ROMA — Gli 800 milioni di euro previsti per la banda lar­ga restano nel cassetto del go­verno. Il comitato intermini­steriale per la programmazio­ne economica (Cipe) ieri ha dato il via libera a progetti in­frastrutturali per 8,7 miliardi di euro, tra i quali il Ponte sul­lo Stretto e l’Expo 2015, ma nessuna risorsa è stata desti­nata al cosiddetto 'Piano Ro­mani' per portare la velocità di Internet a 20 megabit al 96% della popolazione. «Un fatto molto grave e un danno per la competitività del Pae­se », ha commentato il presi­dente di Telecom Italia e dele­gato da Confindustria per le comunicazioni Gabriele Gala­teri. «Come Confindustria — ha ricordato — abbiamo illu­strato in tutte le sedi l’essen­zialità di questo investimento per eliminare il digital divide nel Paese». Ma per adesso, no­nostante le assicurazioni fatte dal sottosegretario Gianni Let­ta appena mercoledì scorso e il richiamo ad agire del presi­dente dell’Authority Corrado Calabrò, non c’è niente da fa­re e bisogna attendere tempi migliori.

BERLUSCONI SODDISFATTO -
Il presidente del Consiglio Silvio Berlusconi si è comun­que mostrato molto soddisfat­to ricordando che «è doveroso comunicare che con questo provvedimento i fondi stanzia­ti dal Cipe per infrastrutture salgono a 23 miliardi». Molto critico, invece, sulle lungaggi­ni per aprire i cantieri. «In Ita­lia ci vogliono otto anni per far partire le opere — ha detto du­rante la conferenza stampa a Palazzo Chigi — non si può continuare così». Assente il mi­nistro dell’Economia Giulio Tremonti per un impegno in­ternazionale (il G20 in Sco­zia) è stato il collega allo Svilup­po Claudio Scajola a spezzare una lancia in favore della ban­da larga «che avrebbe un forte impatto come volano anti-cri­si ».

I PROVVEDIMENTI - Gli altri provvedimenti ri­guardano 1,3 miliardi per il Ponte (si passa così alla fase di progettazione), circa 6 mi­liardi alla Lombardia tra Pede­montana (4,1) nuove linee di metro a Milano (1,7 miliardi), altri 200 milioni per l’Abruzzo, primo lotto da 500 milioni per il terzo valico (Genova-Rotter­dam), 1 miliardo per mettere in sicurezza molte aree della Si­cilia e altri 500 milioni per pic­cole opere tra cui la torre di controllo (58,3 milioni) per l’aeroporto di Palermo. Il sin­daco di Milano Letizia Moratti ha ricordato la ricaduta sulla città di questi stanziamenti che consentiranno entro il 2015 (la data dell’Expo) di am­pliare la rete della metropolita­na che passerà dagli attuali 76 chilometri e 88 fermate a 140 chilometri con 110 stazioni. I lavori riguardano la M4 (da Lo­renteggio a Sforza Policlinico sino a Linate) e la M5 (da Bi­gnami a Garibaldi sino a San Siro). Il boccone più grosso ri­guarda l’ok definitivo all’auto­strada Pedemontana che, en­tro il 2015, collegherà Varese con Bergamo: 67 chilometri di autostrada più 70 chilometri per connessioni locali. In mattinata il presidente di Confindustria Emma Marcega­glia si era augurata che l’an­nunciato taglio dell’Irap «sia solo un inizio insieme al taglio delle tasse per i lavoratori». Stesso auspicio sull’altro an­nuncio (fatto dal ministro del­l’Istruzione Mariastella Gelmi­ni) di potenziare le risorse de­stinate al credito di imposta per la ricerca e l’innovazione. Daniela Bracco, vicepresiden­te di Confindustria, ha voluto rammentare che «l’ultimo ban­do nazionale per la ricerca risa­le al 2005».

Roberto Bagnoli. Corriere 

L'Islam radical en France

Dossier coordonné par Cyril Drouhet - Reportage Nadjet Cherigui (texte) et Axelle de Russé/Le Figaro Magazine (photos)

La vision de ces silhouettes fantomatiques dans les rues dérange, surprend et effraie parfois. En France, le voile intégral est objet de polémiques. Pourtant, ces femmes ne sont que la partie la plus visible et la plus frappante de l'iceberg d'une mouvance appelée salafiste. Nous avons rencontré ces «puristes» de l'islam, pour qui les règles du quotidien ne peuvent se calquer que sur celles du prophète Mahomet. Quitte à faire fi des lois de la République...

Ce reportage est un document. Un témoignage exceptionnel. Pour la première fois, en plein débat sur l'identité française, au moment même où le port du voile divise l'ensemble de la communauté musulmane, des femmes salafistes ont accepté de s'expliquer. De se livrer comme jamais et d'ouvrir leurs portes à des journalistes. Pour aller aussi loin, pour plonger ainsi au cœur de l'islam radical de France et gagner la confiance de ces femmes qui ne sortent que très rarement de chez elles, Nadjet Cherigui et Axelle de Russé ont négocié des semaines. Pas à pas. Puis, elles se sont immergées en profondeur, enquêtant comme personne n'avait réussi à le faire avant elles, en se plongeant dans un monde, semble-t-il, irrationnel, mais totalement codifié. Si certains salafistes ont accepté de jouer le jeu de la transparence, les accueillant chez eux, d'autres, notamment à proximité des mosquées les plus dures, les ont reçues avec des injures et parfois des menaces, leur interdisant même de prendre des photos dans des rues où la liberté de mouvement se restreint lentement. Pour approfondir ce voyage en terre inconnue, Le Figaro Magazine s'est aussi adressé au journaliste et écrivain Mohamed Sifaoui, spécialiste des mouvements intégristes. L'occasion de comprendre la nature réelle du salafisme, ce mouvement en plein essor qui attire à lui chaque année toujours plus de «convertis».

 

En présence d'hommes étrangers à la famille, ou face à un appareil photo, Fatima porte le voile, même chez elle. Mais ce sont les mêmes gestes du quotidien, ceux d'une mère douce et attentive avec ses enfants.
En présence d'hommes étrangers à la famille, ou face à un appareil photo, Fatima porte le voile, même chez elle. Mais ce sont les mêmes gestes du quotidien, ceux d'une mère douce et attentive avec ses enfants.

 Tout commence simplement par un rendez- vous à quelques kilomètres de Paris, dans une petite ville de banlieue de l'Essonne. La cité, certes, est populaire, mais proprette. Aucun pitbull ni rottweiller à l'horizon. Ceux qui «tiennent» les halls sont de gentils retraités discutant pétanque bien au chaud. Fatima * nous reçoit chez elle. La jeune femme a fait le choix du minhaj (le chemin) salafi. Elle porte le jilbab (voir encadré p. 53), mais se voile intégralement lorsqu'elle est maquillée ou pour ne pas laisser apparaître son visage en photo. Derrière la porte, point de voile ni d'austérité, mais un accueil chaleureux et le sourire d'une beauté d'ébène au corps de liane. Elégante et féminine, la jeune femme a pris le soin d'accorder la couleur de ses boucles d'oreilles au bleu de son piercing au nez. Fatima, 23 ans, mère d'un bébé de six mois, nous invite gentiment à nous déchausser avant d'entrer. L'intérieur est impeccablement tenu, la décoration, ultraminimaliste. Pas de photo ni de tableau, aucune référence à l'islam si ce n'est quelques livres religieux reliés de dorures et soigneusement rangés dans un meuble du salon. Un épais rideau beige sépare la pièce principale du reste de l'appartement. « Cela nous permet de diviser l'espace lorsque je reçois mes amies. La mixité nous est interdite. Quand mes copines viennent prendre le thé ici, je baisse les rideaux et mon mari s'éclipse toujours dans une autre pièce.»

 

A 29 ans à peine, déjà mère de quatre enfants, (Sephora, 11 ans, Shaïma 10 ans, Thaouban, 9 ans, Ajar, 7 ans), Kenza a de l'énergie à revendre sous son niqab.
A 29 ans à peine, déjà mère de quatre enfants, (Sephora, 11 ans, Shaïma 10 ans, Thaouban, 9 ans, Ajar, 7 ans), Kenza a de l'énergie à revendre sous son niqab.

 «L'école publique est incompatible avec mes principes religieux»

Fatima, d'origine malienne, est née et a grandi en France dans une famille musulmane de huit enfants. Son cheminement vers plus de religion s'est fait naturellement, explique-t-elle. «Je suis la seule de la famille à avoir fait le choix du voile. J'ai lu le Coran, étudié la vie du Prophète et de ses femmes, qui sont pour moi des modèles à suivre. C'est ainsi qu'elles se couvraient, je fais de même. J'ai trouvé en l'islam les réponses à mes questions, le din (la religion) est simple et les interdictions sont claires. Il n'y a qu'à suivre ce que disent les textes.» Pour le reste, Fatima raconte une vie de jeune femme comme les autres. Elle surfe sur le net, apprécie le shopping et les sorties au resto avec les copines. « Mes amies sont de toutes origines et confessions. On parle de tout et n'importe quoi, même de sexe ! Tant que cela se passe entre filles, il n'y a pas de tabou », précise-t-elle. Convaincue de son choix, Fatima n'émet aucun doute. Sa voie est certaine, c'est celle des salafis et de la sunna (la tradition du Prophète). Elle n'osera exprimer qu'un regret : l'exclusion du monde du travail. Mais aussi une douleur : les regards pesants, les sarcasmes cruels et les insultes blessantes. « Je ne comprends pas un tel déferlement de haine, je ne suis en aucun cas en dehors des lois de la République, se persuadet- elle. Chaque fois que je suis sortie en sitar (voir encadré), j'ai accepté de me dévoiler pour les contrôles. La seule chose qui ne me convienne pas, c'est le modèle de l'école publique. C'est incompatible avec nombre de mes principes religieux. Pour ma fille, j'ai déjà commencé l'école à la maison quelques heures par jour et l'apprentissage des quelques sourates de base. Plus tard, elle ira dans une école privée musulmane. » Dans la République, point de salut !

La règle est claire : on baisse les yeux quand on s'adresse à son mari

 

 Un bruit de serrure. Sur le pas de la porte, Yvon (son époux), accompagné de Bertrand, son frère jumeau, rentrent du travail. Aujourd'hui, Yvon a consenti une entorse à l'interdiction de la mixité afin d'échanger avec nous. Son épouse accepte également, mais rappelle que si la parole est libre, les règles, elles, sont claires : on doit baisser les yeux lorsque l'on s'adresse à son mari.

Rapidement, Yvon, en tenue de boulanger (c'est son métier), se retire pour réapparaître en kamis. Ce grand gaillard athlétique porte le cheveu court, la barbe longue et fournie comme il est de rigueur chez les « salafs ». Les deux frères «Français de souche, avec quelques origines juives», tiennent- ils à préciser se sont tous deux convertis à l'islam il y a huit ans. Une enfance difficile, le chômage, l'alcoolisme des parents, et puis très vite la délinquance. Vulnérables économiquement autant que socialement et psychologiquement, les jumeaux ont trouvé refuge dans les écrits salafs. Si eux s'en défendent, nombre de nouveaux convertis peuvent être la proie de ceux qui cherchent à attirer les plus égarés. «Nous étions des cas sociaux, l'islam nous a sauvés. Aujourd'hui, je ne me dégoûte plus. Si Dieu accueille le repenti et pardonne, je peux aussi me pardonner à moi-même.»

Yvon et Fatima sont mariés depuis quatre ans, après une seule et unique rencontre bien codifiée et surveillée. La moukabala, «un genre de speed dating à la musulmane », confie Fatima en souriant. Dans le milieu, pas question de se fréquenter hors mariage. Ceux qui sont désireux de convoler en justes noces le font savoir à l'entourage. Le réseau s'active et les propositions arrivent. «Il s'agit d'être précis quant aux critères physiques, d'âge, de couleur de peau, etc., explique Fatima. Ensuite on se rencontre, toujours en présence d'un tuteur pour la femme (un père, un oncle, un frère...).»

 

Visite chez le médecin.
Visite chez le médecin.

 Loin d'être un rendez-vous galant romantique, la moukabala est un moment important. Pas de place au coup de foudre ! La priorité : partager les mêmes valeurs. On parle donc éducation des futurs enfants, vie de couple, pratique de la religion. Chacun prend alors «librement» nous dit-on la décision de poursuivre ou non et peut renouveler l'expérience tant que l'âme soeur n'est pas trouvée. Beaucoup plus au sud, à quelques centaines de kilomètres, dans les rues d'un quartier populaire d'Avignon, Kenza, 29 ans, s'avance entièrement couverte de noir. Son niqab ne laisse apparaître que des yeux que l'on devine rieurs. Babouches aux pieds, la jeune femme marche d'un pas énergique. Drapée de noir, elle surprend par son enthousiasme et sa spontanéité. «Je n'ai aucun problème avec mon niqab dans la rue, s'exclame- t-elle. Moi, j'ai le voile dans la peau !» Kenza presse le pas, elle est attendue chez sa meilleure amie, Marie-France, pour une leçon culinaire autour du couscous. Marie- France est une quinqua coquette, dynamique et enjouée, mais aussi une très fervente catholique. «C'est notre amour de Dieu qui nous a réunies. La seule différence, c'est que je mange du porc contrairement à Kenza. Pour le reste nous avons les mêmes valeurs et la même façon de pratiquer : ils ont le ramadan, nous avons le carême... Quarante jours, en plus ! J'ai un bon coup de fourchette et je peux vous dire que j'en souffre !» s'exclame-t-elle avec l'accent parfumé de la Provence. Dans le salon, Sainte- Thérèse, la Vierge Marie, Jésus, les flacons d'eau bénite et autres crucifix partagent très naturellement l'espace avec le poster d'une bimbo à moitié nue. «Cela ne vous choque pas tout de même... ? se moque Marie-France. Je la trouve belle tout simplement...»

La polémique autour du voile intégral, elle la refuse et défend son amie. «Toutes nos bonnes soeurs portent le voile ! Et n'oublions pas que, jusque dans les années 60, on ne mettait pas un pied dans une église sans se couvrir !» Etrange alliance de ces deux religions que bien des points opposent.

Le temps passe. Kenza doit aller chercher ses enfants à la sortie de l'école. Puis c'est la prière en famille avec Allal, le père, sur le tapis du salon. Sereinement, Allal et Kenza racontent leur choix de vie. « Je n'ai jamais forcé ma femme à porter le voile. C'est en lisant les textes qu'elle a pris seule sa décision.» La jeune femme acquiesce : «D'ailleurs, quand on s'est connus je ne portais rien... ; ah si, une culotte ! lâche-t-elle dans un éclat de rire. En tant que musulmans, nous sommes tous salafs. Notre devoir est de suivre les pratiques du Prophète à la lettre et c'est ce que je fais.» L'heure tourne et les enfants se pressent autour de leur mère pour le jeu du soir. Près d'une heure de questions-réponses autour de l'islam, du Coran et du prophète Mahomet. « Il n'y a pas pire péché que d'obéir par obligation, explique Allal. Il est essentiel pour nous d'éduquer nos enfants à la religion et cela peut être aussi ludique, la preuve !»

 

 Quelques semaines plus tard en banlieue parisienne, à Gennevilliers. Le ton change. C'est jour de fête pour la communauté musulmane. La sublime mosquée tant attendue est enfin inaugurée. Dans la foule, Nadia, 40 ans. Cette mère de quatre enfants ne cache pas son émotion. « Cela fait près de dix ans que l'on attendait une mosquée plutôt que ces salles de prière aussi obscures que douteuses qui sont devenus des nids à salafs. Mes enfants viendront y suivre les cours de Coran donnés par l'association El Nour (La Lumière). Les éduquer, c'est le seul moyen de les protéger de toute manipulation idéologique.» Derrière l'inquiétude de cette mère de famille, il y a la colère d'une femme blessée. Mariée pendant près de quinze ans, Nadia a vu l'homme qu'elle aimait se transformer au point de ne plus le reconnaître. «Mon mari aimait la vie et sa famille jusqu'à ce qu'il commence à fréquenter des groupes de prière suspects et des forums de discussions salafistes. Très vite, il m'a reproché de travailler et d'être en contact avec d'autres hommes à l'extérieur. J'étais devenue sheitan (le diable). Il m'a quittée pour épouser le salafisme.»

Sur ses conseils, nous nous rendons dans l'une de ces mosquées qu'elle qualifie d'obscures. Au rez-de-chaussée, l'accueil des hommes est tout juste poli. L'étage réservé aux femmes est un espace exigu. L'atmosphère âpre, presque irrespirable, n'a rien à envier à l'ambiance. Au fond de la pièce, une femme voilée de noir fait les cent pas, récitant frénétiquement des versets du Coran. Trois jeunes filles, respectivement en niqab, sitar et jilbab (voir encadré) étudient à voix haute des passages du livre saint. Elles expriment des doutes quant à notre identité : «Vous pourriez être envoyées par les renseignements généraux», explique très sérieusement Salima du haut de ses 20 ans. Avec le même sérieux et un sourire glacial, elle dit ses certitudes quant à notre destinée de mécréants ou de catholiques (peu importe). L'issue sera forcément cruelle, douloureuse et inéluctable. «Vous brûlerez en enfer... à moins de vous convertir.» La jeune fille se ferme. L'échange s'arrête net. En sortant, quelques jeunes de la cité voisine nous interpellent, nous provoquent mais se ravisent très vite lorsque l'un d'entre eux lâche : «Laisse-les tranquilles, elles sortent de la mosquée !»

 

Porter le voile ne signifie pas forcément l'exclusion. Beaucoup de femmes savent composer avec la modernité. Même le McDo est permis tant que l'on n'y consomme pas les viandes (non halal). Derrière cette apparente normalité, la plus grosse difficulté à gérer est de manger ses frites et profiter de son soda avec un niqab devant le visage.
Porter le voile ne signifie pas forcément l'exclusion. Beaucoup de femmes savent composer avec la modernité. Même le McDo est permis tant que l'on n'y consomme pas les viandes (non halal). Derrière cette apparente normalité, la plus grosse difficulté à gérer est de manger ses frites et profiter de son soda avec un niqab devant le visage.

 Un petit peu plus loin, aux abords de cette même mosquée, un très jeune couple s'avance. Lui est français et converti. Quant à son épouse, nous ne verrons d'elle que des mains délicates et soigneusement manucurées. Les échanges sont vifs, il n'est pas question «d'avoir à se justifier», «nous ne sommes pas des animaux», «laissez-nous vivre en paix». Bien plus virulente que son mari, la jeune femme n'a de cesse de répéter «excuse-moi, chéri», chaque fois qu'elle hausse le ton (les femmes n'ont pas le droit d'élever la voix). L'homme insiste sur un point : «Je ne tiens à vous dire qu'une chose. Nous sommes dirigés dans ce pays par des gens qui travaillent pour Satan.» Là encore, impossible de poursuivre, ils se sont déjà éloignés. Quand la doctrine est extrême, le dialogue devient impossible. Dans une librairie accolée à la mosquée, Thomas, derrière son comptoir, ne lève les yeux de son Coran que pour répondre à une cliente en quête d'un jilbab à sa taille. «J'ai un gros arrivage en provenance d'Arabie saoudite prévu la semaine prochaine, il y aura plus de choix.» Tenues islamiques et onguents au parfum d'Orient côtoient nombre de livres. Beaucoup de Coran de toutes les couleurs et de toutes les tailles. Pour le reste, l'essentiel des ouvrages proposés sont signés par les références de la pensée salafiste. Dans les rayons, des jeunes hommes barbus s'installent, plus pour lire qu'acheter. Thomas, le gérant, 26 ans, est né et a grandi dans un presbytère. Elevé dans une famille aux valeurs très catholiques (son frère a fait le séminaire), il a lu la Bible, la Torah, puis le Coran. Aucun doute pour lui : la vérité ne se trouve que dans ce dernier. Un choix et une conversion qu'il a payés le prix fort. Sa famille n'accepte pas et a rompu tout lien avec lui. «Je ne suis pas en colère, mon coeur ne leur sera jamais fermé s'ils veulent m'accepter comme je suis. Mais jamais je ne renoncerai à ma foi.» Thomas s'arrête, fait évacuer le magasin et baisse les rideaux pour quelques minutes. C'est l'heure de la prière.

Après la banlieue, retour à Paris dans une mosquée du XVIIIe arrondissement. Le lieu est un fief ostensiblement salafiste. Notre seule présence et nos questions provoquent une réaction en chaîne. D'abord quelques protestations, des invectives, et très vite viennent les menaces. L'argument ? La rue appartient aux fidèles et la loi, c'est eux. Francine n'est pas musulmane. Habitante du quartier, elle ne cache pas son exaspération et son inquiétude. «Depuis trois ans, tout a basculé ici. L'atmosphère devient très pesante pour les riverains et les passants. Tous les vendredis, la rue est fermée pour permettre aux fidèles de prier jusque sur le trottoir à cause du manque de place à l'intérieur. Je n'ai rien contre l'islam et les croyants, mais là, il s'agit d'autre chose, les comportements sont excessifs. Certains vont même jusqu'à empêcher les femmes de circuler dans la rue parce qu'il y a une mosquée et que l'espace doit être réservé à la seule gent masculine.» Dehors, l'ambiance est électrique. Sortant de la salle de prière, un homme nous interpelle. Complètement exalté, il confirme. «Nous sommes de plus en plus nombreux et bientôt nous vous laverons le cerveau !»

 

 

vendredi, 06 novembre 2009

Altra sparatoria a Orlando: 1 morto e 5 feriti

Arrestato il presunto killer: Jason Rodriguez, 40 anni, si era rifugiato a casa della madre. È un ex dipendente

ORLANDO - Un morto e cinque feriti: è il bilancio di una sparatoria nel Gateway Center, un palazzo di 16 piani che ospita uffici a Orlando, in Florida. Il presunto sparatore, Jason Rodriguez, di 40 anni, è stato arrestato dalle forze speciali dopo una caccia all'uomo durata alcune ore. Si era rifugiato a casa della madre dopo la fuga su Suv grigio. In passato era stato dipendente di uno degli uffici del complesso. Non si conoscono i motivi del suo gesto.

 

PANICO - La sparatoria è avvenuta tra l'ottavo e il dodicesimo piano del Gateway Center, intorno alle 11.30 ora locale. I presenti, presi dal panico, si sono chiusi nei propri uffici e hanno telefonato ai parenti per tranquillizzarli. Immediatamente ambulanze e mezzi dei vigili del fuoco sono arrivati nella zona, che è stata transennata dagli agenti. La sparatoria di Orlando avviene il giorno dopo quella della base militare di Fort Hood, in Texas, dove ci sono state numerose vittime. Corriere

 

 

 

Le palmarès 2009 des préfectures

C'est désormais une tradition, chaque année, Marc le Fur, vice-président de l'Assemblée nationale, publie son classement des préfectures. Combien de temps pour un permis de conduire, un passeport ou une carte grise? La réponse, département par département.

Pour la troisième année consécutive, le député (UMP) Marc Le Fur distribue bons points et bonnets d'âne aux différentes préfectures de France, à travers son Rapport sur l'administration générale et territoriale de l'Etat.

La méthode est simple: à partir des données fournies par le ministère de l'Intérieur, Marc le Fur mesure les temps d'attente moyens en préfecture pour l'obtention de différents titres, carte d'identité, permis de conduire, permis de construire, de certificats d'immatriculation des véhicules...

Retrouvez tous les chiffres de votre département ici, avec les temps d'attente:
- Pour obtenir une carte d'identité
- Pour obtenir un permis de conduire
-Pour obtenir un passeport électronique

Les résultats sont... surprenants. Si, par exemple, vous désirez obtenir une nouvelle carte d'identité, il suffit d'un peu moins de deux jours en Corrèze quand il en faudra vingt dans les Bouches-du-Rhône! 

Le territoire de Belfort au top, le Gard fait un flop

Le député des Côtes-d'Armor relève que le Territoire de Belfort, la Lozère et la Nièvre composent le podium des départements où les files d'attente sont les moins démoralisantes. A l'autre bout du classement, le Gard, les Bouches du Rhône et la Gironde.

Au premier abord, ce palmarès peut paraître inutile: il est logique que les départements les moins peuplés arrivent en tête. Comme l'admet Marc le Fur, "les petits départements sont toujours plus favorisés, car ils ont moins de demandes à traiter".

Plus pertinentes, en revanches, les inégalités de dotations entre les différentes préfectures de France. "Pourquoi un département comme le Pas-de-Calais compte une faible densité d'agents publics (3,17 pour 10 000 habitants), alors que la Meuse (7,89) ou les Hautes-Alpes (9,42) ont une densité d'agents beaucoup plus élevée?" s'interroge le député.

Son rapport a donc le mérite de soulever la question cruciale des différences d'organisation entre départements. En revanche, il reste muet sur les réponses à y apporter.

"Notre souci est de mettre en exergue ces réalités, aider les préfectures à se situer dans le temps et dans l'espace pour les motiver et de placer l'interrogation au niveau local, se justifie Marc le Fur. Aucune réflexion globale n'a été entamée sur la répartition des effectifs depuis notre précédent rapport, aucune inspection n'a été diligentée". Autrement dit, "les préfectures s'en foutent!"

Une future loi d'intéressement dans les administrations?

Mais le député refuse de s'apitoyer. Si les préfectures, malgré quelques efforts non négligeables, ne remédient pas d'elles-mêmes aux dysfonctionnements constatés, une loi pourra les y pousser.

Comme le révèle Marc le Fur, il réfléchit, avec d'autres élus, "à des intéressements dans les administrations sur des critères tangibles (primes financières), non pérennes (pas d'acquis d'une année sur l'autre) avec des objectifs expliqués et dialogués."

Le dispositif s'applique déjà pour la police ou la gendarmerie, depuis le passage d'un certain Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur: les forces de l'ordre reçoivent une prime si le nombre d'affaires solutionnées excède les objectifs.

Pour le moment, Marc le Fur préfère ne pas donner de date pour une possible loi. Il se veut prudent: "L'administration ne peut fonctionner dans une logique d'entreprise où les primes sont calculées en fonction du résultat. On pourrait plutôt raisonner en terme de délais, comme dans le rapport."

Cette année encore, ce palmarès ne dépassera donc pas le stade de la "saine émulation ENTRE les préfectures" pour atteindre celui de la "saine émulation DANS les préfectures". L'Express

La France ouvre ses archives diplomatiques de 1989

Des proches de François Mitterrand redoutent une mise en cause de l'ancien président au regard de l'histoire.

C'est une première : à quelques jours de l'anniversaire de la chute du mur de Berlin, la France va anticiper l'ouverture de ses archives diplomatiques concernant cet événement clé de l'histoire contemporaine. Dès lundi prochain, une quinzaine de kilomètres linéaires de documents conservés à La Courneuve et à Nantes seront accessibles aux chercheurs, grâce à une dérogation ministérielle rendue possible par la loi du 15 juillet 2008. Les archives de la chute du Mur n'auraient normalement pu être consultables qu'en 2014.

L'initiative en revient à Pierre Lellouche, qui, le 22 septembre dernier à Verdun, avait plaidé pour un «nouvel agenda franco-allemand». Parlant de la chute du Mur, celui qui était alors conseiller diplomatique de Jacques Chirac à la Mairie de Paris, avait déploré un «rendez-vous manqué» entre la France et l'Allemagne. Allant plus loin et évoquant le rôle de François Mitterrand, il avait également regretté que l'ex-chef de l'État n'ait alors pas «su accueillir l'Allemagne au moment où elle se libérait du joug soviétique».

Pour certains observateurs, il ne fait guère de doute que le secrétaire d'État aux Affaires européennes a cherché à appuyer là où cela fait mal - mettre en lumière l'attitude notoirement réticente vis-à-vis de la réunification allemande de François Mitterrand - en rendant possible de façon anticipée l'exploitation des archives de la période. D'autant plus qu'en septembre dernier, la publication par les Britanniques d'une sélection de leurs archives avait mis au jour des propos pour le moins salés de l'ex-président socialiste. L'Allemagne risque «de gagner davantage de terrain que Hitler», avait déclaré François Mitterrand à Margaret Thatcher.

Parmi les proches de François Mitterrand, notamment Hubert Védrine et Jacques Attali, on soupçonne fortement une manœuvre pour inculper François Mitterrand au regard de l'histoire. «Oui à l'ouverture des archives, mais une ouverture complète, incluant les archives présidentielles conservées à la Bibliothèque nationale, afin d'avoir une vision d'ensemble qui montrera que, dans l'ensemble, toute cette affaire a été bien gérée», réagit Hubert Védrine.

Selon Pierre Lellouche, «en 1989, 70 % des Français étaient en faveur de la réunification allemande; ils étaient en avance sur leurs dirigeants». «C'était une période dominée par les peurs, ces peurs appartiennent au passé», a-t-il déclaré jeudi, en se félicitant de l'ouverture des archives. Des milliers de télégrammes diplomatiques et de documents vont être mis à la disposition des historiens et permettront de préciser la ligne diplomatique de la France durant ces mois où basculèrent les certitudes.

Le 14 novembre 1989, moins d'une semaine après la chute du Mur, le secrétaire général du Quai d'Orsay François Scheer recevait l'ambassadeur de RDA pour lui exprimer la position française. «Le président a déclaré que la réunification ne lui faisait pas peur», disait-il alors. «Cela ne signifie pas que nous voulons que la réunification se fasse maintenant et n'importe comment. Mais la France ne sera pas un obstacle», ajoutait le diplomate, sur la ligne prônée par de Gaulle depuis 1959 : «La réunification est le destin du peuple allemand.»

Ceci n'excluait pas les préjugés hérités du passé et les craintes d'une remise en cause des frontières orientales de l'Allemagne. «Kohl est capable de tout, il se voit le maître», soulignait Margaret Thatcher, évoquant même le spectre d'un «nouvel Anschluss», lors d'un dîner à l'ambassade de France, au printemps 1990, dont le compte rendu figure dans les archives du Quai d'Orsay. Le Figaro

Vers des augmentations de salaires en 2010

En France, la hausse serait de l'ordre de 2,7% contre une moyenne de 1% cette année, selon une enquête réalisée par le cabinet ECA International.

Une bonne nouvelle pour les salariés. En 2010, les salaires devraient être revus à la hausse, après des stagnations ou de petites augmentations cette année, selon l'enquête «Tendances des salaires 2009/2010», réalisée par le cabinet ECA International, grâce à des données collectées auprès de 297 multinationales dans plus de cinquante pays. Concrètement, en France, les salariés peuvent ainsi espérer une progression de leur rémunération de 2,7%, contre 1% en 2009. «Les moyennes annoncées pour 2010 ne sont certes pas revenus au niveau des augmentations accordés en 2008. Toutefois ces prévisions sont plutôt optimistes», explique Frédéric Franchi de ECA International. Cependant, en tenant compte de l'inflation, les salariés français devraient bénéficier d'une hausse de salaire réel de l'ordre de 1,6% en 2010, soit le double de cette année. En outre, alors que 41% des entreprises ont gelé les salaires en 2009, pour 2010, seules 7% des entreprises interrogées envisagent de le faire.

 

Augmentation de 3,5% en Europe

 

D'une manière générale, en Europe, l'enquête prévoit une augmentation de 3,5% en 2010, contre 2,2% cette année. Dans le détail, les hausses atteindraient 3% au Royaume-Uni et en Italie, 2,5% (contre 1,5%) en Allemagne et en Espagne (contre respectivement 1,3% et 1,9% en 2009). La Russie est le pays européen où les rémunérations vont le plus progresser (+10%), suivi de la Bulgarie (+7%) et la Roumanie (+6%). Les salariés finlandais et portugais sont les plus mal lotis avec 2% d'augmentation de salaires prévues pour l'année prochaine. Des prévisions toutefois en progression de 1,5% et 1,6%.

Au niveau international, les salaires devraient grimper de 4,8%, contre 3,1% cette année. Les salariés vénézuéliens seraient les plus chanceux avec des prévisions de l'ordre de 28% (en nette hausse par rapport aux 18% en moyenne cette année). Mais si l'on compare la hausse de salaire au niveau de l'inflation, la progression réelle pour ces salariés sera en fait la plus basse du classement, à -1,7%. Aux Etats-Unis, les entreprises tablent sur des hausses de salaires de l'ordre de 3%, soit le double des augmentations accordées en 2009. Le Figaro

La justice suspend un système de dénonciation au travail

Le logiciel informatique utilisé par l'entreprise Benoist Girard permettait à ses salariés de dénoncer des actes illégaux, mais aussi des faits relevant de la vie privée.

Retour à la sérénité dans les couloirs de l'entreprise Benoist Girard. C'est avec soulagement que les salariés du fabricant de prothèse d'Hérouville-Saint-Clair (Calvados) ont accueilli la nouvelle : le tribunal de grande instance de Caen, conformément à leur demande, a décidé de suspendre vendredi l'utilisation du logiciel de dénonciation entre collègues qu'avait mis en place leur hiérarchie depuis dix mois.

Ce «système d'alerte professionnelle» crée un «trouble manifestement illicite», a estimé le juge des référés. La société, une filiale de l'entreprise américaine Stryker, a un mois pour faire cesser cette pratique ou devra s'acquitter d'une amende de 300 euros par salarié et par jour si le système n'est pas suspendu après cette date. Selon nos informations, l'entreprise devrait faire appel de cette décision.

Les dispositifs d'«alerte professionnelle» via Internet sont apparus en France peu après avoir été rendu obligatoire aux Etats-Unis, par la loi Sarbanes-Oxely de 2002. Suite au scandale de la faillite d'Enron - dont les opérations spéculatives avaient été masquées en bénéfices via des manipulations comptables - le gouvernement avait décidé que toute société cotée en bourse devait mettre en place un système de dénonciation des actes illégaux.

1.300 entreprises en France ont un logiciel de dénonciation

En France, cette pratique n'est pas inscrite dans la loi mais est apparue à travers une circulaire, dans le cadre de la loi informatique et liberté. Une société qui souhaite faire appel à ce système n'a qu'à faire une déclaration à la Commission nationale informatique et libertés (Cnil). A l'heure actuelle, 1.300 entreprises ont fait la démarche.

Selon la circulaire française et la loi américaine, le champ de délation doit se limiter aux domaines «financier, comptable, bancaire et lutte contre la corruption». Or le site ethicspoint.com mis à la disposition des 280 salariés de Benoist-Girard permettait également de renseigner sur d'autres sujets, tels que la maladie d'un collègue ou encore la consommation de stupéfiants.

«Imaginez un peu l'ambiance au sein de l'entreprise», explique au figaro.fr l'avocate du CE de Benoist Girard, Elise Brand. «Les salariés avaient le sentiment d'être épiés en permanence, le climat n'était plus du tout serein». Ils ne sont pas opposés à la pratique, mais trouvent impensable «que cela puisse également concerner leur vie privée et le secret médical». Le Figaro

La Poste: la gauche contrarie le gouvernement

Majoritaires dans l'hémicycle vendredi, les sénateurs de l'opposition ont fait passer une série d'amendements visant à conforter le caractère public de l'entreprise. Au grand dam de la majorité.

Après Hadopi, La Poste. La gauche avait déjà profité de son surnombre à l'Assemblée pour voter au printemps contre le projet de loi Création et Internet présenté par le gouvernement, à la surprise générale. Cette fois, c'est le Sénat qui est venu contrarier les desseins gouvernementaux.

Les sénateurs de l'opposition, majoritaires en nombre dans l'hémicycle vendredi , lors de la discussion du projet de loi de réforme du statut de la Poste, ont ainsi fait passer une série d'amendements contre l'avis du gouvernement et de la droite. Ces amendements concernent l'article 2 du texte et visent à conforter le caractère public de l'entreprise. Cet article stipule que «La Poste et ses filiales constituent un groupe public qui remplit des missions de service public et exerce d'autres activités dans les conditions définies par la présente loi et par les textes qui régissent chacun de ses domaines d'activité». Les cinq amendements présentés par le PS et les Verts et qui ont été adoptés précisent notamment que La Poste et ses filiales constituent «un groupe unique entièrement public». L'un d'entre eux souligne que les «missions de service public s'exercent du lundi au samedi, dans le respect des intérêts des usagers». Un autre insère un alinéa indiquant que «les réseaux postaux ont une dimension territoriale et sociale importante qui permet l'accès universel à des services locaux essentiel». Selon le sénateur Martial Bourquin (PS), cette précision «garantit le financement par l'Etat de services locaux».

La gauche sénatoriale, toujours très mobilisée, continue de harceler la majorité en multipliant les prises de parole sur chaque amendement. Plus de 450 amendements restaient en discussion vendredi à la mi-journée. Le débat a été prolongé à samedi et dimanche si nécessaire. L'opposition joue la montre. Si le texte n'est pas voté cette semaine, il sera difficile pour le gouvernement, étant donné l'ordre du jour surchargé par les projets de budgets 2010 et la réforme des collectivités, de le boucler avant la fin de l'année. Or, le projet de loi prévoit la transformation de La Poste en société anonyme à capitaux publics au 1er janvier 2010. Le Figaro

Marseille: la plus grande mosquée de France en 2011

Le permis de construire délivré, reste à boucler le financement du plus grand édifice musulman de France.

Le projet de la grande mosquée de Marseille fait aujourd'hui un pas symbolique. Le sénateur-maire UMP, Jean-Claude Gaudin, a remis à la communauté musulmane le permis de construire de ce lieu de culte qui sera édifié dans les quartiers nord. L'élu, d'abord opposé au projet, a estimé, en 2001, qu'il ne pouvait priver d'un lieu de culte décent les 200 000 Marseillais musulmans, soit le quart de la population. Le sujet est sensible et l'extrême droite, en perte de vitesse, a fait de son opposition totale à «la mosquée cathédrale» son principal cheval de bataille.

Mais Jean-Claude Gaudin tient bon. «Il a été le premier à dire, je veux une mosquée pour les musulmans de Marseille», souligne le président de l'association La mosquée de Marseille, Nourredine Cheikh, un ancien chef d'entreprise halal.

Gaudin a favorisé le rassemblement d'une communauté diverse et divisée dans une association qui désormais gère le dossier. La ville lui a consenti un bail emphytéotique et lui délivre aujourd'hui un permis de construire.

«C'est un grand jour. C'est l'acte de naissance de notre mosquée. A nous désormais de l'élever», commente satisfait Nourredine Cheikh.

Les fidèles, qui disposent aujourd'hui de 63 lieux de cultes dans la ville, souvent bricolés dans des rez-de-chaussée d'HLM ou dans des petites salles de quartier, pourront être fiers d'un lieu vaste et beau. Les 8 600 m² du terrain des anciens abattoirs de Saint-Louis donnent la possibilité de construire une grande salle de prière mais également une école théologique, une bibliothèque, un restaurant, une librairie et un amphithéâtre.

Minaret de 25 mètres

L'édifice sera revêtu de verre cristallisé et de pierre blanche de Croatie ayant servi pour la Maison-Blanche ou le pont des Soupirs à Venise. La salle de prière, l'une des plus grandes d'Europe, aura une superficie de 3 500 m² permettant d'accueillir un maximum de 7 000 personnes. «Ce sera un phare avec un minaret de 25 mètres diffusant un jet de lumière pour appeler à la prière avec une valeur symbolique forte de reconnaissance», commente Maxime Repaux, l'architecte. L'appel sonore à la prière se fera uniquement à l'intérieur de l'édifice.

De nombreuses étapes restent à franchir. Il faut réunir les 22 millions nécessaires à la construction. Nourredine Cheikh est serein : «Une quinzaine de pays riches nous ont assurés de leur aide, indique-t-il. Maintenant qu'on a le permis de construire on va pouvoir avancer.» Une souscription publique a également été lancée. La pose de la première pierre est annoncée pour le 21 avril 2010 et l'inauguration pour la fête de l'Aïd en novembre 2011.

Toutefois, les adversaires de la mosquée ne désarment pas. Le MNR et le Front national, qui ont attaqué le bail et ont été déboutés, ont fait appel. En outre, la Ligue du Sud, conduite par le maire d'Orange Jacques Bompard (MPF) pour les régionales, a annoncé un nouveau recours. «Le loyer, trop bas, s'assimile à une aide à la construction, ce qui est contraire à la loi sur la laïcité. Il n'y a donc pas lieu de donner un bail. Donc si le bail est nul, le permis de construire l'est aussi», assure Ronald Perdomo, l'avocat de la Ligue du Sud. Le Figaro